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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Un petit écart avec la discipline a été fatal à la dernière réunion du bureau politique du parti Les Républicains : on voulait exclure les Constructifs, les députés qui avaient apporté leur soutien à Emmanuel Macron, lors de l’élection présidentielle, et parfois un peu après, comme le Premier ministre. La majorité des présents était bien décidée à voter cette exclusion. Mais voilà, cette majorité ne suffisait pas : le quorum n’était pas atteint ! On n’avait pas dans les lieux une proportion suffisante de membres de ce bureau politique pour que leur vote ait force de loi. Les décisions ne pouvaient donc pas être prises, ne pouvaient pas être validées.

On comprend bien que ce mot quorum est technique et qu’il appartient au vocabulaire politique. Son origine latine saute aux yeux, et aux oreilles, avec cette finale qui ne se prononce pas comme elle s’écrit (« quorome ») et qui fait référence au latin d’antan, au latin classique, très présent dans notre langue française classique. Et pourtant son parcours en français ne le fait pas remonter au latin, mais à l’anglais. Et son premier sens, hérité de l’anglais, est tout à fait inattendu c’était un juge dont la présence au tribunal était nécessaire au bon déroulement d’un procès. Mais cet usage est oublié, et le mot est en fait plus proche de son usage d’origine.

Un peu de grammaire : le pronom relatif latin ressemble, en tout cas à l’écrit, à ce qu’il est en français : qui. Mais le latin a des cas. C’est-à-dire des formes différentes selon la fonction du mot dans la phrase. Et lorsque le mot a une valeur de complément de nom, de complément de détermination comme on dit aussi, et qu’il est au pluriel, on dit quorum. Cela correspond un peu à notre « dont » français. On peut donc imaginer la phrase : le bureau politique de tel parti se compose de trente membres, dont vingt sont nécessaires pour donner force de loi à un vote : trente membres, parmi lesquels vingt sont requis. Le mot nous oriente donc vers une réalité arithmétique : le nombre de gens indispensables. Et aussi vers une idée de proportion, une idée de pourcentage. Et c’est souvent le cas avec des mots de même
origine : les quotas par exemple, qui ne sont que des proportions. Le mot a le même sens que quote-part, mot composé plus compliqué, qui est en fait la traduction française de quota pars en latin. Et on a aussi la quotité, à ne pas confondre avec la quantité : il s’agit de la proportion minimum imposée.

Et on a aussi le quotient, dont les valeurs sont assez différentes. Le mot vient d’un adverbe latin qui signifie « combien de fois ». Et on se souvient des formules anciennes qui servaient à enseigner les divisions : en 50 combien de fois 7 ? Il y va 7 fois : 7 fois 7 49, et il reste un. Le quotient est le résultat de la division, donc le nombre qui permet de savoir « combien de fois il y va… » Mais le mot est encore employé dans des expressions différentes, notamment quand elles sont le résultat de calculs savants : le quotient familial par exemple, qui permet d’adapter l’impôt qu’on doit payer à sa situation : un célibataire ne paye pas la même chose que quelqu’un qui est marié et qui a cinq enfants !  

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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