#Français de l’actualité

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Coup politique étonnant de la part de Donald Trump : il s’allie avec ses adversaires démocrates du Congrès pour faire rehausser le plafond de la dette, alors que les Républicains ne s’accordaient pas sur le texte. Mais c’est cette image si fréquente qui est intéressante : le plafond de la dette. C’est-à-dire, on l’aura compris, son seuil maximum, le plus haut niveau autorisé. La comparaison est aisée à comprendre : le plafond est au-dessus de nos têtes. Il nous protège mais en même temps nous interdit d’aller plus haut : c’est une limite, et c’est avec cette signification qu’il est très souvent employé au sens figuré. Et on a même formé le verbe plafonner : on a plafonné les retraites. C’est-à-dire qu’on a établi une limite supérieure : les retraites ne pourront excéder telle somme, ou tel pourcentage par rapport au salaire précédent. Mais le verbe a également un autre sens, il évoque le seuil qu’on ne peut pas dépasser, et qu’on n’arrive pas à dépasser. Cet élève plafonne à 10 ! C’est-à-dire que malgré tous ses efforts, il n’arrive pas à se hausser au-dessus de cette note. Et le sens à ce moment est plutôt négatif : il plafonne c’est-à-dire qu’il stagne, il s’immobilise à ce niveau sans jamais faire mieux. Et de même on peut dire qu’un sportif qui court le 100 mètres en 11 secondes plafonne à ce résultat : il n’arrive pas à l’améliorer – et ce n’est déjà pas si mal ! Une autre expression fréquente, c’est le plafond de verre, qui évoque un plafond invisible. Et on l’utilise surtout à propos d’une catégorie sociologique qui n’accède jamais à des postes de responsabilités importants. On parle de cela fréquemment à propos des femmes. Aussi compétentes, aussi diplômées que les hommes, elles prennent des postes d’autorité, grimpent les échelons, et bien souvent, s’arrêtent, ou sont arrêtées. On ne le leur propose rien au-delà, rien au-dessus. Une loi implicite, non dite, une règle muette fait qu’elles ne vont jamais plus haut qu’un certain seuil, comme si l’habitude, l’idéologie, le préjugé interdisait leur promotion : il y a un plafond, personne ne le voit, il n’est pas officiel, mais dans les faits, il est là : un plafond de verre où l’on se cogne.

Quant au plancher, c’est un peu l’image inverse bien sûr : le seuil inférieur. Et on emploie souvent le mot pour des réalités économiques, des sommes d’argent : salaire plancher, c’est-à-dire salaire minimum. Mais aussi dans des cas différents, notamment dans la législation pénitentiaire : on peut parler de peines plancher pour évoquer des peines minimums, au-delà desquelles on ne descendra pas : si l’accusé est reconnu coupable, il sera condamné au moins à une telle amende ou durée d’emprisonnement !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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