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Opération Séduction

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Opération séduction « Saison 2 » ! C’est comme ça que nous est présentée la visite du Premier ministre chinois Li Qekiang, arrivé hier en Europe, deux semaines après le président Xi Jinping. Et voilà pour la saison 2, même si ces saisons sont bien courtes. Mais pourquoi « Opération Séduction » ?

Cette formule est un peu particulière, et d’ailleurs elle se décline selon de nombreux modèles possibles. Il semble que ce soit le nom qu’on donne à une manifestation militaire : ça a un côté un peu martial. Et ça évoque parfois un nom de code : une opération dont on ne veut pas donner les détails, et qu’on nomme d’un nom mystérieux : seuls comprendront ceux qui sont dans la confidence ! Et c’est bien utile pour échanger des informations avant que l’opération en question soit déclenchée. C’est bien d’ailleurs ce qui explique l’apparence particulière de la formule : non pas opération de séduction, mais opération séduction.

Et d’autres sont restées célèbres : opération Manta, opération épervier, opération Serval, par lesquelles l’armée française devait prêter main-forte aux troupes maliennes et stopper l’avancée des islamistes vers le sud du pays : on a souvent des noms d’animaux. Mais ça peut être aussi bien Neptune ou Némésis. Ou Opération Tonnerre ! C’est le titre d’un roman d’espionnage, qui évoque bien sûr une organisation minutieuse et un enjeu considérable. Et dans tous ces exemples, on a bien l’impression qu’il s’agit d’un dispositif, très élaboré, qu’on va déclencher à un moment précis, et qui va se mettre en route comme un mouvement d’horlogerie.

Alors cette opération séduction est plus éloignée d’un esprit militaire. Il ferait plutôt penser à l’opération jupons dont le cinéma se souvient : un film un peu burlesque dans lequel six infirmières viennent troubler la virile camaraderie de l’équipage d’un sous-marin. Pas trop scabreux, mais on joue quand même sur cette intrusion féminine dans un milieu traditionnellement masculin. C’était en 1959. Oserait-on encore aujourd’hui ? Oui, mais un peu différemment.

Toutefois dans cette expression opération séduction, on n’est pas vraiment en face d’un nom de code. On balance davantage entre le but de l’opération : séduire, et la manière de s’y prendre, séduire également. Et cette formule, on peut la retrouver déclinée de diverses manières : opération charme, opération œillade, etc. Et toutes ces locutions vont dans le même sens : elles lient une action qu’on considère d’abord comme stratégique, ayant un but bien déterminé à une forme qui prend le contrepied de la rudesse militaire. Et ces façons de dire, on peut les retrouver alors qu’aucune féminité n’est impliquée : on peut dire d’un candidat qui va parler à ses électeurs sur un marché, pour essayer de leur plaire, de les séduire, qu’il se livre à une opération séduction.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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