#Français de l’actualité

Labyrinthe

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L’enquête sur la mort de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ? Un labyrinthe. Cette déclaration est navrante, mais j’ai pu l’entendre hier sur l’antenne de RFI. Et elle donne bien l’image de cette complexité de l’enquête : on ne s’y retrouve pas, on n’a pas de piste principale, la coopération avec la justice malienne et surtout algérienne pourrait être plus étroite. En gros on n’a pas beaucoup avancé en quatre ans. On pourrait presque dire qu’on tourne en rond. C’est donc une constatation très sombre que de dire que cette enquête est labyrinthique (puisque cet adjectif, même s’il est peu utilisé, existe !). Comme si on ne devait jamais trouver la sortie de cet espace où l’on est renfermé.

C’est bien là le sens premier de ce mot : un enclos, un lieu limité, organisé selon des chemins tortueux qui donnent les uns dans les autres, aboutissent parfois à des culs-de-sac, reviennent sur leurs pas : on ne peut trouver la sortie. Ou en tout cas c’est très difficile.

L’image du labyrinthe bien sûr se prête à des images et des interprétations multiples. Labyrinthe du cerveau dont les cheminements neuronaux sont d’une infinie complication. Labyrinthe de la mémoire, de l’inconscient. Et cette représentation hante aussi les légendes mythologiques. Le labyrinthe est ce lacis de boyaux souterrains où se tapit le Minotaure. Un monstre qui fait descendre ses victimes dans son fief souterrain, les perd, les tue, les mange. Et on sait que Thésée a réussi à le vaincre, grâce à l’amour et à la finesse d’Ariane, qui à la sortie de cet enchevêtrement se tenait avec sa pelote de fil. L’autre extrémité était tenue par Thésée qui après avoir vaincu le monstre a pu remonter et faire à l’envers le chemin compliqué qu’il avait parcouru. Le fil d’Ariane est donc devenu un symbole important, comme le Labyrinthe.

Ce mot de labyrinthe a un synonyme, dédale. Un nom commun qui dérive d’un nom propre, puisque d’après le conte ancien, Dédale serait le nom de l’architecte qui avait conçu de palais pervers où les invités ne s’orientaient plus. Minos, le monarque qui avait fait la commande enferma l’architecte dans sa création pour tout salaire. Voilà donc Dédale prisonnier du labyrinthe qu’il a construit. Pas seul : son fils Icare est con compagnon d’infortune. Mais Dédale, ce génial inventeur, imagine un stratagème pour échapper au labyrinthe. Il se fabrique des ailes qu’il assujettit à ses épaules avec de la cire. Icare et lui s’enfuient donc par la voie des airs. Mais si Dédale s’en sort, Icare se laisse enivrer par la joie de pouvoir voler. Il ne suit pas les conseils de son père, s’approche trop près du soleil dont la chaleur fait fondre la cire qui tient les ailes. Il chute donc dans la mer à laquelle depuis, on a donné son nom : la mer Icarienne.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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