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Journal en français facile 25/09/2017 20h00 GMT

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RFI
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Florent Guignard : Radio France Internationale, il est 20 heures en temps universel, 22 heures ici à Paris. Bonsoir, bienvenue dans le Journal en français facile, que je vous présente avec Zéphirin Kouadio, bonsoir Zéphirin.

Zéphirin Kouadio : Bonsoir Florent, bonsoir à tous.

FG : Au sommaire de ce journal, Zéphirin, le référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien :

ZK : 76% de participation pour cette consultation historique. Le oui devrait largement l'emporter.

FG : En Allemagne, après sa victoire relative aux élections législatives, Angela Merkel engage des discussions pour former une nouvelle coalition et une nouvelle majorité.

ZK : Donald Trump ajoute trois nouveaux pays à la liste des ressortissants interdits d'entrée aux États-Unis : le Tchad, la Corée du Nord, et le Venezuela.

FG : Enfin en France, une nouvelle loi contre le terrorisme, pour mettre fin à l'État d'urgence. Elle provoque l'opposition des défenseurs des droits humains.

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ZK : Le Kurdistan a donc vécu une journée historique, avec l'organisation d'un référendum sur son indépendance.

FG : Le Kurdistan, c'est aujourd'hui une région autonome au sein de l'Irak, mais ses dirigeants veulent aller plus loin, obtenir l'indépendance, malgré l'opposition de Bagdad, des Nations Unies et de nombreux pays. Ce référendum, c'est d'abord un moyen pour les Kurdes d’Irak d'établir un rapport de force pour engager des discussions avec Bagdad. On ne connaît pas encore les résultats, la victoire du oui ne fait aucun doute, et le Kurdistan, pour autant, ne déclarera pas tout de suite son indépendance. Alors comment s'est passée cette journée de vote historique ? À Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, la correspondance d'Oriane Verdier.

À Erbil, la journée a été calme, ni explosion de joie, ni démonstration de violence. Chacun est allé voter calmement. Les résultats ne sont toujours pas connus. La commission électorale a affirmé qu’il y avait eu 76% de participation. Un chiffre à analyser avec précaution puisque beaucoup l’ont affirmé : pour voter, il suffisait d’être présent. En effet, nous avons discuté avec notamment un kurde de Syrie qui a pu voter dans la région du Kurdistan d’Irak alors qu’il ne dispose même pas d’une carte d’identité kurde irakienne. Les conditions de votes n’étaient donc pas claires. Au-delà du simple processus d’accès aux bureaux de vote, d’autres indices indiquent que ce référendum pourrait ne pas être entièrement représentatif. Certains habitants du Kurdistan irakien affirmaient notamment vouloir voter « non », mais ne pas s’être rendu aux urnes par peur de représailles de forces progouvernementales. Oriane Verdier, Erbil, RFI.

ZK : En Allemagne, au lendemain des élections législatives, Angela Merkel engage des tractations, des négociations, pour mettre en place une nouvelle coalition.

FG : Une coalition Zéphirin, c'est l'alliance de plusieurs partis politiques, pour former une majorité au parlement. La CDU, le parti conservateur d'Angela Merkel, est arrivée en tête ; Angela Merkel dirigera donc le prochain gouvernement. Mais elle n'a pas la majorité à elle seule, elle doit donc s'appuyer sur d'autres partis politiques. Alors, ces dernières années, Angela Merkel était soutenue par la coalition formée par la CDU et le SPD, les sociaux-démocrates. Mais après sa défaite historique hier, le SPD a décidé d'entrer dans l'opposition, il ne veut plus participer au gouvernement. Angela Merkel a donc besoin d'autres alliés, les libéraux du FDP et les Verts, si bien qu'on parle d'une « coalition Jamaïque », noir, jaune vert, comme le drapeau de la Jamaïque et comme les couleurs des trois partis CDU, FDP et Verts. Lors d'une conférence de presse donnée aujourd’hui à Berlin, la chancelière allemande est aussi revenue sur le score important de l'AFD, l'extrême droite allemande. À Berlin, Pascal Thibault.

Angela Merkel a entendu le message clair des sociaux-démocrates : plus de grande coalition avec les conservateurs. Mais la chancelière ne veut pas seulement discuter avec les libéraux et les Verts, mais aussi avec le SPD. Elle a insisté sur la nécessité d'un gouvernement stable à l’avenir pour l'Allemagne. Sur le succès de l'extrême-droite, Angela Merkel a reconnu qu'un million d'électeurs chrétiens-démocrates avaient cette fois voté pour l'Alternative pour l'Allemagne, qui a obtenu dimanche près de 13% des voix et 94 sièges. Angela Merkel a rejeté les critiques selon lesquelles des erreurs auraient été faites par les conservateurs, expliquant ce résultat de l’extrême droite. Elle a rappelé à nouveau que sa décision d'accueillir de nombreux réfugiés en 2015 était la bonne, mais qu'une telle migration aussi importante ne devait pas se reproduire. Pour autant, Angela Merkel veut regagner ces électeurs qui se sont détournés de la CDU et dont la décision explique pour partie le recul sensible des conservateurs allemands. « En ce qui concerne les électeurs de l'AfD, notre but est de les regagner par une bonne politique, en combattant notamment les problèmes qui ont pu justifier leur vote. » Mais en coulisses, un débat agite les chrétiens-démocrates allemands. Ces électeurs séduits par l'AfD doivent-ils être reconquis par une ligne politique plus dure et plus à droite ? Angela Merkel s'y oppose et veut rester fidèle à sa position centriste. Pascal Thibaut, Berlin, RFI.

ZK : Et parlons maintenant du « Travel Ban », en anglais, l'interdiction de voyage édictée par Donald Trump.

FG : Un pays sort de la liste noire des États-Unis : le Soudan. Mais trois nouveaux pays font leur entrée : le Tchad, la Corée du Nord et le Venezuela. Ce ne sont pas des pays essentiellement musulmans, ce qui permet de mettre fin aux accusations de discrimination. La Cour suprême des États-Unis, la plus haute juridiction du pays, vient d'ailleurs d'annoncer qu'elle mettait fin à la procédure engagée contre le décret Trump. Romain Lemaresquier.

Le Venezuela, le Tchad et la Corée du Nord ont été ajoutés à la liste des pays concernés par ce décret migratoire en plus de l’Iran, la Libye, la Syrie, le Yémen et la Somalie. Un seul pays a été retiré : le Soudan. Les trois pays qui font leur apparition sur cette liste ont été ajoutés pour des manquements à la sécurité des voyageurs et un manque de coopération avec les États-Unis, selon la Maison-Blanche. Mais les mesures de restriction sont différentes selon les pays. Les citoyens de Corée du Nord et du Tchad sont tous interdits d’accès alors que cette interdiction se limite à une liste de membres d’instances gouvernementales pour ce qui est du Venezuela. L’ajout du Tchad sur cette liste est dû à la présence sur son sol de différents groupes djihadistes, selon un responsable de la Maison-Blanche qui précise que le Tchad reste un partenaire important et de valeur pour le contre-terrorisme. Selon de nombreux membres de l’administration américaine, en incluant des pays non-musulmans, Donald Trump met ainsi fin aux critiques qui l’accusaient d’avoir mis en place un décret sur des bases religieuses ou de race. Cette nouvelle version du décret migratoire entrera en vigueur à compter du 18 octobre prochain pour les trois nouveaux pays concernés alors que pour les cinq autres pays, il ne s’agit que d’une prolongation du précédent texte.

ZK : Romain Lemaresquier… Et à propos de la Corée du Nord, cette déclaration fracassante, qui fait du bruit, déclaration du chef de la diplomatie nord-coréenne.

FG : Il affirme que les États-Unis ont déclaré la guerre à son pays. En conséquence, la Corée du Nord abattra tous les avions militaires américains, même s'ils ne sont pas dans l'espace aérien nord-coréen.

ZK : En France, les députés font leur rentrée, après les vacances d'été et l'élection des sénateurs – c’était hier.

FG : Et pour la reprise de l'Assemblée nationale, une nouvelle loi contre le terrorisme est au programme. Il s'agit de mettre fin à l'État d'urgence, entrée en vigueur après les attentats du 13 novembre 2015. L'État d'urgence, Zéphirin, c'est un moyen pour l'État d'agir sans certaines contraintes judiciaires. Par exemple, pour effectuer une perquisition chez un suspect, pendant l'État d'urgence, la police n'a pas besoin de l'autorisation d'un juge. La nouvelle loi soumise au vote des députés va faire entrer dans ce qu'on appelle le droit commun, le droit normal, applicable au quotidien, en temps normal, tout un certain nombre de mesures de l'État d'urgence, des mesures donc jusqu'ici exceptionnelles, ce qui provoque l'opposition de nombreuses organisations de défenseurs des droits de l'Homme. Malik Salemkour est le président de la Ligue des Droits de l'Homme.

Ce texte est inquiétant parce qu’il camoufle l’État d’urgence dans une loi ordinaire. Il inscrit l’exceptionnel dans le durable. Et pour ça, ce sont des dispositions d’arbitraire, de soupçons, et de stigmatisation, de contrôle de masse qui sont mises dans les textes. Concrètement, l’arbitraire, c’est quoi ? C’est que les préfets ne sont plus contrôlés par la justice ; que, certes, le président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur disent la main sur le cœur « on ne vise que les terroristes islamistes », mais sauf qu’en pratique, ce texte dit qu’il peut permettre aux préfets d’agir seuls, avec des notes blanches. Ce qu’on a vu avec l’État d’urgence : on n’a pas eu spécialement, hélas, d’efficacité. Les mesures qui ont été efficaces l’ont été dans le droit commun, sous le contrôle d’un juge, sur la base de preuves, qui permettaient d’incriminer les gens qui préparaient les attentats ou qui les avaient commis. Cette logique du soupçon qui est mise en place, c’est justement le fait de ne pas s’appuyer sur des preuves, sur des faits. Mais on parle ici de personnes dont le comportement « serait susceptible de… » Donc on est bien là non pas sur l’État de droit, qui fonde la preuve, mais sur le soupçon généralisé.

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