#Français de l’actualité

Journal en français facile 24/11/2018 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Andréane Meslard : Vous écoutez RFI, il est 21h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Avec moi, pour vous le présenter, Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie !

Sylvie Berruet : Bonsoir Andréane, bonsoir à tous !

AM : Au sommaire de cette édition, en France, une nouvelle manifestation des gilets jaunes ce samedi. Ils étaient plus de cent mille sur tout le territoire selon le ministère de l’Intérieur. Journée où quelques incidents ont eu lieu, surtout à Paris.

SB : Theresa May est à Bruxelles ce soir. Elle rencontre Jean-Claude Juncker, le président de la commission. Demain, un sommet européen extraordinaire doit valider, ou non, le projet d’accord sur le Brexit, la sortie du royaume uni de l’Union européenne.

AM : Et puis en rugby, la France affronte les Îles Fidji pour son dernier match de sa tournée d’automne. Le match commence tout juste. On retrouve notre correspondant au stade de France à la fin de cette édition.

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SB : Les gilets jaunes étaient 106 301 en fin d’après-midi, en France.

AM : Oui Sylvie, c’est le ministre français de l’Intérieur qui a donné ces chiffres ce soir. Il a tenu une conférence de presse il y a un peu plus d’une heure. Les gilets jaunes, on vous en a beaucoup parlé cette semaine. Ce sont des manifestants qui protestent contre l’augmentation des prix du carburant, et la baisse du pouvoir d’achat. Cela fait une semaine qu’ils se rassemblent un peu partout dans le pays, qu’ils bloquent certaines routes, ou ralentissent la circulation des voitures. Aujourd’hui donc, 106 301 manifestants. À Paris ils étaient 8 000. Les autorités avaient interdit aux manifestants de se rendre place de la concorde, lieu jugé trop proche du palais de l’Élysée où se trouve le président français. Sur l’avenue des Champs-Élysées, notre reporter Laurence Théault a rencontré Laurent, un gilet jaune venu manifester.

« On veut pas céder à une provocation, on veut juste se faire entendre. Alors on nous a interdit des zones effectivement, mais il faudrait que les choses se passent bien. Pourquoi monter à Paris ? Pourquoi monter à Paris, c’est un symbole, exactement. On se dit, dans une France, dans un monde où on nous divise, et là pour la première fois on assiste à une unicité. Et là les gens de tout horizon politique, peu importe leurs divergences, on a une solidarité qui est en train de se faire. Et quoi qu’il arrive, on fait toujours, on ne fait pas d’omelette sans œufs, c’est pour la bonne cause. Le peuple véritablement, il est au bout, il est au bout. Il y a trop d’inégalités, les salaires sont exorbitants, quand vraiment on pourrait offrir un niveau de vie à tout le monde, et nettement plus décent. Et il est temps que l’homme ne pense plus seulement pour son propre intérêt personnel et ne voit pas juste son contentement personnel, se dise un peu à la Dany Boon : je vais bien, tout va bien. Non moi j’observe autour de moi et j’ai des gens qui ne vont pas bien. Par contre je vois des gens intelligents, des gens censés et des gens qui ouvrent les yeux. »

SB : Les gilets jaunes étaient sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris, où la situation a commencé à se tendre dès midi aujourd’hui.

AM : Au total 130 personnes ont été interpellées. Il y a eu des incidents aujourd’hui, des affrontements avec les forces de l’ordre, et des barricades incendiées. « Honte à ceux qui ont agressé des policiers et violenté des citoyens » a twitté le président français Emmanuel Macron dans la soirée. Il y a eu 24 blessés d’après la préfecture de Paris, donc 5 dans les forces de l’ordre.

SB : Les gilets jaunes, qui dénoncent la hausse des taxes sur le carburant.

AM : Et pourtant Sylvie, le mouvement des gilets jaunes coïncide avec une nouvelle baisse des prix du pétrole. Le baril de référence américaine a perdu plus de 4 dollars pour terminer la semaine à 50 dollars 42. Le pétrole Brent lui, est passé en dessous des 60 dollars. En résumé, il s’agit du plus bas coût depuis octobre 2017. Précisions, Pauline Gleize.

Si les bruts new-yorkais et londonien ont perdu un tiers de leur valeur en moins de deux mois, c’est en raison d’une menace de surproduction. Au moment de mettre en œuvre leurs sanctions contre l’Iran, les États-Unis ont accordé davantage d’exemptions sur le pétrole qu’attendu. Les investisseurs craignent donc un déséquilibre entre l’offre et la demande. Reste à voir comment cela va se répercuter à la pompe. En théorie, il peut y avoir un décalage entre la fluctuation du cours du brut et le prix pour le consommateur. Un exemple : le baril de light sweet crude côté hier ne sera livré qu’en janvierMais, face à la fronde en France, les distributeurs de carburant se sont engagés auprès du gouvernement à répercuter la baisse des cours au jour le jour. Et quoi qu’il en soit la baisse est en général moins marquée à la pompe, car dans le prix du carburant, il n’y a pas que brut qui compte il y a les taxes bien sûr et des coûts qui ne varient pas aussi vite que le marché, comme le raffinageAutre facteur à prendre en compte : la baisse de l’euro face au billet vert depuis le début de l’année. La chute du brut acheté en dollars est en partie absorbée par le taux de change.

AM : Pauline Gleize.

SB : Autre manifestation en France aujourd’hui, celle contre les violences sexistes et sexuelles.

AM : Tous réunis derrière le slogan NousToutes. Les femmes et hommes qui manifestaient étaient 50 000 dans toute la France d’après les organisateurs. Et ça n’a pas eu lieu qu’en France, d’autres capitales européennes sont concernées. Rome, Athènes et Genève. Demain, ce sera la 19e journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

SB : Et demain se tiendra aussi un sommet pour le Brexit. La Première ministre britannique est arrivée à Bruxelles ce samedi soir.

AM : Oui Sylvie, un sommet durant lequel l’accord final sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne doit être validé par les pays membres. La Première ministre britannique est arrivée ce soir à Bruxelles. Elle dînait avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Concernant le Brexit, un des sujets sensibles a été réglé aujourd’hui. Celui concernant Gibraltar territoire britannique situé à l’extrême sud du territoire espagnol.

SB : En sport, il y a du rugby ce soir. La France affronte les îles Fidji.

AM : C’est la fin de la tournée d’automne de l’équipe de France de rugby. L’enjeu est important, après une défaite contre l’Afrique du Sud, et une victoire contre l’Argentine. Le match de ce soir est déterminant. Bonsoir, Cédric de Oliveira vous êtes sur place, au stade de France, à côté de Paris. Il est 21h06, le match vient de commencer. Cédric de Oliveira, en direct avec nous sur RFI.

[Transcription manquante]

SB : Vous écoutez RFI, il est 21h 08 à Paris.

AM : L’heure de retrouver le mot de la semaine, présenté par Yvan Amar.

« Les Champs-Élysées secoués par des heurts des manifestants avec la police aujourd’hui ! Certains de ces “gilets jaunes” en colère contre le gouvernement ont donc choisi ce lieu très prestigieux pour manifester et même semble-t-il se livrer à quelques actes de vandalisme. Ce qui marque bien une rupture avec les traditions syndicales qui font défiler les mécontents en général de la place de la République à la Bastille, ou à la Nation, c’est-à-dire dans des quartiers réputés populaires de Paris. Alors que là, on s’aventure dans les lieux chics, de façon provocante. En effet l’Avenue des Champs-Élysées qui à Paris descend de la place de l’Etoile jusqu’au jardin des Tuileries est considérée comme l’artère chic par excellence : magnifique perspective, qui peut se continuer de l’autre côté de l’Arc de Triomphe de l’Etoile jusqu’à la Porte Maillot et La Défense. Avenue particulière aussi par son nom : l’une des seules qui peut justement laisser tomber ce nom d’avenue : on dit sur les Champs-Élysées, ou même aux Champs-Élysées comme dans la chanson. Parfois même on entend “sur les Champs”, expression qui se voudrait encore plus parisienne, encore plus intime de ces lieux, mais qui pourtant fait un peu provincial. Alors ces Champs ne se sont pas toujours appelés comme ça, et ont longtemps été de vrais champs, des terrains marécageux. On les aménage fin 16e, et on appelle cette voie Cours de la Reine dans sa partie inférieure, et Grand Cours un peu plus haut. Et même si l’endroit reste mal famé, on commence à employer ce terme de Champs-Élysées dès le début du 18e siècle. Il faut dire que l’expression en impose, puisqu’elle désignait il y longtemps une partie des Enfers grecs de la mythologie. Les Enfers était le lieu légendaire où se retrouvaient les âmes des morts, mais elle était divisée en plusieurs secteurs. Et les Champs-Élysées étaient ceux qu’on réservait aux âmes vertueuses. On ne va pas parler de Paradis, le mot représente des significations trop chrétiennes, mais c’était quand même le séjour, l’endroit de résidence de ceux et celles qui s’étaient bien conduits, et qu’on ne punissait pas après leur mort, pour les crimes commis pendant leur vie. »

AM : Il est 21 heures 10 à paris, c’était votre journal en français facile, bonsoir à tous.

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