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Journal en français facile 22/05/2017 20h00 GMT

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20H TU 22H PARIS

CELINE PELLARIN : C'est l'heure de vous retrouver pour le journal en français facile. Bienvenue. Merci d'être en notre compagnie. Sylvie Berruet est avec moi en studio. Bonsoir Sylvie.

SYLVIE BERRUET : Bonsoir Céline et bonsoir à tous.

CP : Dans cette édition nous parlerons de la visite de Donald Trump à Jérusalem. C'est la première fois que le président américain fait ce déplacement depuis qu'il a été élu.

SB : Dans l'actualité également, des procès géants en Turquie. La justice turque commence à juger des militaires accusés d'être responsables de la tentative de coup d'Etat l'année dernière.

CP : Nous parlerons aussi de cinéma, avec la compétition au festival de Cannes. Et d'exploit sportif au sommet de l'Everest, le « toit du monde ».

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SB : Première visite à Jérusalem pour le président américain.

CP : Donald Trump, accompagné de son épouse, a été accueilli par le Premier ministre israélien. Le président Trump s'est recueilli devant le mur des Lamentations. Une première pour un chef d'Etat américain en exercice, qui est en train d’avoir le pouvoir. Une journée au cours de laquelle l'amitié entre les deux pays a été célébrée, mais où les divergences, les tensions diplomatiques, sont toujours bien présentes.
Guilhem Delteil est notre correspondant à Jérusalem.

Benyamin Netanyahu veut voir dans cette visite des preuves, des liens qui unissent Israël et les Etats-Unis, mais au-delà, de l’affection particulière de Donald Trump pour son pays. Car cette visite est une double première, souligne-t-il. C’est la première fois qu’un président américain vient dans la région au cours de son premier voyage officiel. Et c’est la première fois également qu’un président américain en exercice se rend au Mur des Lamentations, lieu saint du judaïsme. Officiellement, les relations entre les deux pays et entre les deux dirigeants sont donc excellentes. Même la possibilité que Donald Trump ait récemment livré à la Russie des renseignements confidentiels qu’Israël aurait obtenus ne vient pas entacher cette amitié. Mais les discours révèlent tout de même des divergences de fond. Quand Benyamin Netanyahu lui souhaite la bienvenue à Jérusalem, « capitale éternelle du peuple juif » dit-il, Donald Trump répond qu’il est ravi d’être sur une « terre belle et remplie de l’esprit de Dieu ». La Maison Blanche avait d’ailleurs refusé que Benyamin Netanyahu accompagne le président américain au Mur des Lamentations, situé dans la partie Est de la ville. La promesse de déménager l’ambassade américaine à Jérusalem semble s’éloigner.
Guilhem Delteil, Jérusalem, RFI.

SB : La Turquie a organisé aujourd’hui le premier procès lié au coup d'Etat manqué de juillet dernier.

CP : Procès gigantesque, organisé dans une prison près d'Ankara. Plus de deux cent personnes, dont la plupart sont des militaires, sont accusées d'être en partie responsables du putsch manqué, raté, du 15 juillet. La tentative de coup d'Etat contre le président Erdogan a raté, mais elle a fait deux cent cinquante morts. Ce premier procès n'est que le début d'une longue série : plus de quarante-sept mille personnes ont été arrêtées et doivent être jugées.

SB : Après la Tchétchénie et une campagne de répression de l'Etat contre les homosexuels, l'association Human Rights Watch, dénonce une arrestation massive par la police en Indonésie.

CP : Cent quarante et un hommes soupçonnés de participer à une fête gay, dans un sauna de Jarkarta, ont été interpellés ce dimanche. Pourtant dans ce pays à majorité musulmane, l'homosexualité est légale partout. Sauf dans la province d'Aceh, qui applique la loi islamique. Selon Kyle Knight, chercheur au sein de la division LGBT, c'est-à-dire Lesbienne Gay, Bi et Transexuel, de l'ONG Human Rights Watch, ce n'est pas l'Indonésie qui est intolérante vis-à-vis des homosexuels, mais plutôt quelques-uns de ses dirigeants.

Je pense que la majorité des Indonésiens se fichent d'avoir des voisins homosexuels ou transgenres. Tout a commencé en janvier 2016, quand certains membres du gouvernement ont lancé une campagne médiatique contre la communauté LGBT qu'ils accusent de menacer la moralité nationale. Donc, je pense que c'est l'œuvre de quelques politiciens, qui ne sont plus en phase avec ce que pense la majorité des Indonésiens. Ils profitent d'une population marginalisée et incomprise, au lieu de laisser les choses telles qu'elles étaient, c'est-à-dire plutôt tranquilles ; et au lieu de défendre les droits basiques de cette communauté, à savoir assurer sa sécurité ou sa liberté d'expression. Cette violence contre les LGBT est l'expression des opinions intolérantes et sectaires de quelques membres du gouvernement, et cela dure depuis un an. Et ce qui s'est passé hier avec le raid à Jakarta, ce n'est pas seulement négatif pour la communauté LGBT, ça l'est pour tout le pays. 

CP : Kyle Knight, chercheur pour Human Rights Watch, qui répondait à Benjamin Dellile.

SB : Des manifestations en Colombie.

CP : Ce sont les habitants de la ville portuaire du port de Buenaventura, sur l'océan Pacifique, qui sont descendus dans la rue ce dimanche pour crier leur colère contre le gouvernement. Depuis mardi, une grève générale paralyse la ville et le port. Ce qui est à l'origine de cette colère populaire, ce sont des investissements colossaux, beaucoup d'argent versé pour le port. Alors que les habitants se sentent abandonnés et réclament du gouvernement colombien plus de moyens pour les sortir de la misère.
Véronique Gaymard.

Ils étaient des milliers d’afro-colombiens, vêtus de blanc, dans les rues de Buenaventura ce dimanche pour réclamer au gouvernement des investissements concrets dans le domaine de la santé, de l’eau, de l’éducation, pour les sortir de la misère. Victimes des bandes criminelles, les habitants de Buenaventura étaient massivement descendus dans la rue, il y a trois ans, pour réclamer plus de sécurité et d’investissements dans cette ville, où 70% de la population, majoritairement afro-colombienne, est au chômage. Le président Juan Manuel Santos, en pleine campagne pour sa réélection, avait déployé l’armée pour sécuriser la ville ; il avait aussi promis quatre cent millions de dollars pour améliorer la qualité de vie des habitants. Mais trois ans plus tard, les promesses n’ont pas été tenues : la plupart des investissements ont été versés dans les installations portuaires, la vitrine colombienne sur le Pacifique. « Buenaventura a besoin de solutions structurelles, pas de mesurettes », a déclaré l’évêque de Buenaventura, Monseigneur Epalza. La situation commence à préoccuper les entrepreneurs, dont les marchandises sont bloquées depuis six jours. Les syndicats et les habitants exigent que le gouvernement envoie des représentants compétents pour négocier.

SB : Véronique Gaymard. Vous écoutez RFI, c’est le journal en français facile et il est 22 heures passée de sept minutes à Cannes.

[musique du festival de Cannes]
Cette musique, Aquarium de Camille Saint-Saëns, c'est l'hymne officiel du festival de Cannes. On parle de cinéma à présent, Céline.

CP : Oui, ce sont trois films qui étaient en compétition aujourd'hui. Et le film qui nous intéresse, c'est l'œuvre de Michael Haneke : Happy End, qui en français veut dire « fin heureuse ». Et c'est Elisabeth Lequerret qui nous le raconte, qui fait cette critique cinématographique.

« Pourquoi es-tu si loin de moi », dit Eve, 13 ans, à son père. Et c'est un parfait résumé de la situation, de la chape de glace, qui semble pétrifier la famille Laurent, de riches entrepreneurs de Calais. Du grand-père, Jean-Louis Trintignant, à ses deux enfants, Isabelle Huppert et Mathieu Kassovitz, en passant par leurs familles respectives. Happy End donne un coup de sonde dans la grande bourgeoisie française, et le résultat est glaçant. Il n'y a rien à sauver. Les mères sont absentes ou ultra possessives. Les pères vont voir ailleurs. Et Haneke renoue même avec une figure d'enfant monstrueux, qui rappelle le héros de Benny's Vidéo, l'un de ses premiers films. La narration très fragmenté suit tour à tour chaque membre de la famille, mais rien à faire chaque scène repousse les limites de l'indifférence et de la froideur. Jusqu'à cette apparition d'un groupe de migrants qui n'est là que pour rappeler l'indifférence coupable des bourgeois. Comme toujours chez Haneke, la forme est brillante, mise en scène au cordeau et tension au couteau. Mais l'aridité du film et sa misanthropie suffocante empêchent le message de passer.
Elisabeth Lequerret, Denis Chastel, Cannes, RFI.

SB : La musique de Camille Saint-Saëns, bien sûr, comme cela ça vous donnera l’occasion de travailler la prononciation du ë. Allez, on va arriver au sommet de l'Everest, c'est déjà impressionnant, mais alors ce qu'a réalisé Kilian Jornet, c'est un cran au-dessus.

CP : Oui, c'est un véritable exploit, Sylvie. Le catalan Kilian Jornet est arrivé à 8848m d'altitude, à minuit, la nuit dernière. Et ce qui le distingue, c'est qu'il l'a fait sans bouteille d'oxygène, même si l'air se raréfie à cette altitude. Et il l’a fait en style alpin, ça veut dire qu’il l’a fait comme dans Les Alpes, les montagnes. Sans matériel lourd, sans cordes pour sa sécurité, également sans s'arrêter une nuit dans un refuge. C’est donc une ascension en une seule fois sur le point terrestre le plus haut de la Terre, que l'on surnomme « le Toit du monde ». Le jeune homme de vingt-neuf ans est un spécialiste de la course en montagne sur de très longues distances. Il adore repousser ses limites. Kilian Jornet a réussi cette prouesse de l'Everest lors de sa deuxième tentative. L'année dernière les conditions météorologiques étaient trop mauvaises.

SB : Et on termine avec cette surprise qui vaut plusieurs milliers d'euros.

CP : Oui, il y a trente ans, une dame a acheté une bague dans une brocante, un marché où l'on vend des objets anciens .  Elle a acheté le bijou pour un petit prix. En fait, la bague vaut quatre cent cinquante mille euros. C'est trente-cinq mille fois le prix d'achat. C’était un diamant blanc de vingt-six carats.

Vous écoutez le journal en français facile, 20h10 temps universel, merci d’avoir été avec nous.

 

 

 

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