#Français de l’actualité

Journal en français facile 16/03/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Jeanne Bartoli : Vous écoutez RFI. Il est 20 heures en temps universel, 21 heures à Paris et 9 heures à Christchurch. Bonsoir et bienvenue dans ce journal en français facile présenté avec Sylvie Berruet, Bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Jeanne.

JB : Dans ce journal, l’acte 18 des gilets jaunes marqué par une nette augmentation des violences notamment à Paris. Des magasins et des restaurants incendiés et pillés sur les Champs-Élysées. Emmanuel Macron annonce son retour à Paris dès ce soir. Autres manifestations aujourd’hui en France, pour défendre l’environnement. Défilés dans le calme à Lyon, Marseille, Toulouse, Lille ou encore Paris.

SB : La Nouvelle-Zélande toujours sous le choc, près de 48 heures après l’attentat de Christchurch. Le tireur a été inculpé aujourd’hui pour meurtre.

JB : Enfin on parlera de la riposte, de la réponse, de la Russie après de nouvelles sanctions occidentales. Conséquence des tensions survenues l’année dernière avec l’Ukraine en mer d’Azov.

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SB : Une réunion de crise organisée ce soir après les violences d’aujourd’hui sur les Champs-Élysées.

JB : Elle aura lieu en présence d’Emmanuel Macron qui a décidé de rentrer à Paris. Le chef de l’État était en week-end dans les Pyrénées.   Cet après-midi, en marge de l’acte 18 des gilets jaunes, des casseurs se sont attaqués à des magasins et à des restaurants sur les Champs-Élysées. Plusieurs ont été incendiés et pillés. On compte une centaine d’interpellations. Le récit d’Olivier Rogez.

Tout ce samedi, ils ont saccagé les Champs-Élysées. 1500 casseurs, des ultras de gauche et de droite, infiltrés parmi les sept à huit mille gilets jaunes rassemblés sur la plus célèbre avenue française. Ils ont attaqué les forces de l’ordre, massées autour de l’Arc de Triomphe et qui ont subi pendant plusieurs heures des attaques à coup de pavés et de projectiles divers. Puis, ils sont descendus sur l’avenue, s’en prenant aux vitrines symboles de l’opulence et du capitalisme. Banques, bijouteries, restaurant de luxe. Toutes les enseignes les plus célèbres ont été pillées ; Hugo Boss, Longchamp, Zara, Lacoste, Swarovski ou encore Nespresso et même la boutique du PSG. Le Fouquet's la célèbre brasserie de luxe, a été vandalisée et son auvent partiellement incendié. Avenue Roosevelt on a frôlé la catastrophe alors qu’une banque était la proie des flammes, les pompiers ont sauvé in extremis une mère et son bébé. Ces scènes ont duré jusqu’à dix-huit heures. Dans l’après-midi le Premier ministre Édouard Philippe s’est rendu sur place, dénonçant les casseurs, affirmant que ceux qui excusent et encouragent ces actes s’en rendent complices. Une violence qui a focalisé l’attention générale alors qu’à quelques kilomètres de là, 45 000 personnes, selon un comptage indépendant, ont défilé pour le climat sans le moindre problème.

JB : Manifestations pour le climat dans le calme et en présence de certains gilets jaunes à Paris, Marseille ou encore Lyon. Plusieurs responsables politiques avaient en effet appelé les manifestants à marcher ensemble pour le climat et pour le pouvoir d’achat.

SB : En Nouvelle-Zélande, l’auteur de l’attentat de Christchurch a été inculpé pour meurtre.

JB : L’Australien Brenton Tarrant est resté impassible lors de sa comparution. Lui qui, quelques heures auparavant, avait abattu 49 personnes de sang-froid dans deux mosquées de la ville. La ville de Christchurch qui est toujours sous le choc après la tuerie. Le calme règne dans les rues et les habitants peinent à se relever de l’évènement. Le reportage de notre envoyée spéciale, Carrie Nooten.

Assis sur son skateboard, en face des milliers de bouquets qui ont été apportés depuis ce matin à quelques mètres de l’hôpital, Joshua a 25 ans et le regard embué. Il n’en revient toujours pas de ce qui est arrivé à sa « petite ville tranquille » de Christchurch. « Je suis venu m’asseoir ici pour ressentir la tristesse de tout le monde. Je veux juste montrer mon respect à ces innocents qui sont morts sans avoir rien fait de mal. Je pensais qu’on était en sécurité. Mais nous ne sommes plus en sécurité nulle part, n’est-ce pas ? » Linda, elle est venue avec ses deux petites filles, Sophia et Kinka. Chacune un bouquet dans la main. Elle est sortie dès que la police a jugé la situation hors de danger. « Je tenais à emmener les filles pour leur montrer que c’est comme ça qu’on répond aux actes terroristes : avec de l’amour et de la compassion. Oui, toute la nation est en deuil, et le monde va être en deuil pour plusieurs semaines à venir. » Face aux grilles du Jardin botanique, les enfants dessinent à la craie des messages positifs et d’unité : pas question que ces massacres ébranlent les valeurs néo-zélandaises. Carrie Nooten, Christchurch, RFI.

SB : En République Démocratique du Congo, la colère des militants de l’UDPS le parti du président Félix Tshisekedi. 

JB : Ils ont dénoncé la défaite de leur parti aux élections sénatoriales. C’est le parti de l’ex-président congolais Joseph Kabila qui a emporté la majorité des sièges au Sénat. Dans la ville de Mbuji-Mayi, on parle de deux morts, dont un policier dans les manifestations.

SB : La Russie proteste après l’imposition de nouvelles sanctions occidentales. 

JB : Les États-Unis, l’Union européenne, l’Australie et le Canada, ont décidé de nouvelles mesures envers des citoyens et des entreprises russes. Conséquence de l’incident naval qui a opposé la Russie et l’Ukraine dans le détroit de Kertch, au large de la Crimée. C’était en novembre dernier. Anastasia Becchio, Moscou promet désormais de riposter.

C’est ce qui conclut les deux communiqués publiés hier et aujourd’hui sur le site du ministère des Affaires étrangères à Moscou. Le dernier en date réagit à la décision prise par l’Union européenne de sanctionner des responsables russes pour leur rôle dans l’incident naval du détroit de Kertch. Depuis cet accrochage, 24 marins ukrainiens sont détenus en Russie, ils risquent jusqu’à 6 ans d’emprisonnement. « La partie russe ne laissera pas l’acte inamical de l’UE sans réponse », indique le communiqué, qui dénonce l’« hypocrisie » et de « cynisme » de la décision européenne. Il souligne que les gardes-frontières russes, en arraisonnant les navires ukrainiens ont agi « conformément aux normes du droit international », ce que conteste Kiev. Dans un autre document, publié la veille, la diplomatie russe dénonce la « russophobie » des États-Unis et du Canada. Ottawa a droit à un paragraphe entier : les autorités canadiennes ont apparemment développé une « addiction pathologique aux sanctions », souligne le communiqué du ministère qui soupçonne le Canada de faire dans la surenchère anti-russe : « il est clair que dans sa volonté d’élargir ses “listes noires” antirusses » le Canada tente de surpasser son grand frère, commente Moscou. Hier, Ottawa a introduit des sanctions à l’encontre de 15 entreprises et 114 citoyens russes. La plupart d’entre eux avaient déjà été touchés par une vague de sanctions des États-Unis et de l’Union européenne.

SB : La Slovaquie vote aujourd’hui. Premier tour de l’élection présidentielle.  

JB : Et selon les sondages la favorite est une novice, une nouvelle en politique. La candidate du parti progressiste, Zuzana Caputova, une avocate et activiste âgée de 45 ans. Elle s’était fait connaître l’an dernier lors du mouvement de contestation déclenché par l’assassinat du journaliste Jan Kuciak et de sa compagne.   Il enquêtait notamment sur des affaires de fraude impliquant plusieurs hommes d’affaires liés au monde politique. Comme chaque samedi, vous avez rendez-vous avec Yvan Amar pour le mot de la semaine. Qui nous ramène à l’actualité en Nouvelle-Zélande.

Après l’horreur de l’attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande, le mot qui revient régulièrement dans les commentaires, c’est bien sûr, et hélas, celui de suprémacisme, puisque c’est le genre d’idées qui semblent être celles du tueur. Le mot s’inspire de l’anglais et apparaît en France il y a une quarantaine d’années, même s’il est bien plus courant aujourd’hui. Et on parle presque toujours du suprémacisme blanc. Un système d’idées qui imagine que la race blanche est supérieure à toutes les autres. Attention, le mot même de race fait partie de cette idéologie, et il est très justement regardé avec méfiance. Parler d’une race humaine, c’est imaginer que certains groupes humains sont différents les uns des autres, non pas par leur histoire, mais par nature. Et que donc l’un de ces groupes est supérieur aux autres – celui des Blancs évidemment. Et que par conséquent il doit être dans une position de domination. Et on retrouve là les deux significations principales de ce mouvement suprématiste : certaines populations sont au-dessus des autres. Et donc elles doivent dominer : un système de pensée directement hérité du nazisme, mais qui est né aux États-Unis et qui s’explique d’abord par une réaction à la lutte pour les Droits civiques dans les années 60, c’est-à-dire une peur devant la lutte pour l’égalité des Noirs, descendants d’esclaves. On a menacé le pouvoir des anciens maîtres et certains parmi eux veulent conserver leur suprématie, c’est-à-dire leur position supérieure, leur position qui les met prétendument au-dessus des autres. Être au-dessus (supra en latin), c’est l’image centrale sur laquelle le mot s’est construit.

JB : C’était Yvan Amar. Et c’est la fin de ce Journal en français facile. Restez avec nous à l’écoute de la radio du monde.

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