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Journal en français facile 13/02/2018 20h00 GMT

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RFI
Transcription

Céline Pellarin :Vous écoutez RFI, il est 20 h en temps universel, 21h à Paris. Vous écoutez votre Journal en français facile, merci et bienvenue. Avec moi ce soir pour vous le présenter : Zéphirin Kouadio. Bonsoir Zéphirin.

Zéphirin Kouadio : Bonsoir Céline, bonsoir à tous.

CP : Le Premier ministre israélien est visé par une enquête pour corruption. Et la police franchit un cap. Elle recommande de le mettre en examen. De son côté Benjamin Netanyahu nie être coupable et ne veut pas démissionner. Nous serons en direct de Jérusalem dans une minute.

ZK : Quatre-vingt-huit milliards de dollars, c'est ce que devrait coûter la reconstruction de l'Irak après trois de guerre contre les djihadistes du groupe Etat islamique. Mais le gouvernement de Bagdad veut en profiter pour étendre la reconstruction à des régions qui n'ont pas été détruites.

CP : Enfin nous irons en Thaïlande. Près de quatre ans après un coup d'État qui a porté les militaires au pouvoir, le gouvernement français y envoi un de ses représentants. Reportage sur cette visite à Bangkok.

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ZK : Et c'est en Israël qu'on commence ce journal en français facile.

CP : Comme promis, on y retrouve tout de suite notre correspondant permanent à Jérusalem. Bonsoir Guilhem Delteil.

GD : Bonsoir Céline.

CP : Avec vous on va parler du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui est en mauvaise posture. En effet, on a appris ce soir que la police préconise, c'est-à-dire qu'elle recommande de l'inculper, de le mettre en examen pour corruption, fraude et abus de confiance. Ce sont des accusations très lourdes. Mais les enquêteurs estiment avoir assez de preuves pour demander cette procédure judiciaire. Guilhem Delteil comment réagit le chef du gouvernement israélien qui pourrait donc être mis en examen ?

Et bien Céline, c'est le scénario le plus problématique qui se pose à Benyamin Netanyahu. Car c’est finalement dans les deux enquêtes le visant que la police estime avoir obtenu assez d'éléments pour recommander sa mise en examen. Il n’était pas certain qu’elle en ait assez dans les deux dossiers. Et finalement, dans les deux cas, elle préconise de retenir trois chefs d'accusation lourds, vous le disiez: corruption, fraude et abus de confiance. Dans le premier dossier, les enquêteurs estiment que le chef du gouvernement a bien accepté des cadeaux indus de la part de deux riches hommes d'affaires. Il est question de cigares et de bouteilles de champagne notamment, pour des sommes de plusieurs dizaines de milliers d'euros au moins. Dans le second, aux yeux de la police, toujours, Benyamin Netanyahu a bien essayé de négocier avec le propriétaire du principal journal israélien une couverture médiatique plus favorable. Ces conclusions-là ont été transmises au procureur général, c’est lui qui est le seul capable de décider d'une éventuelle mise en examen du chef du gouvernement. Alors depuis le début de ces enquêtes, Benyamin Netanyahu n'a eu de cesse d'affirmer qu'il n'avait rien fait de répréhensible. Il l'a redit, ce mardi soir, dans une allocution télévisée, en direct depuis sa résidence. Il souligne que plus de la moitié des conclusions de la police ne sont pas suivies par le procureur. Et il a affirmé qu'il continuerait à diriger le gouvernement et que la législature irait jusqu’à son terme.

CP : Merci Guilhem Delteil. Vous étiez en direct de Jérusalem. Et on continuera évidemment de suivre cette affaire sur RFI.

ZK : Nous vous en parlions ici même hier, la conférence internationale pour la reconstruction de l'Irak se tient en ce moment au Koweït. Mais les besoins du pays sont énormes et les investisseurs ne sont pas forcément très motivés.

CP : Effectivement. Le gouvernement irakien estime qu'après trois ans de guerre contre le groupe Etat islamique, le pays a besoin de quatre-vingt-huit milliards de dollars. Les combats ont ravagé des régions entières. Mais Bagdad veut également en profiter pour développer des zones qui n'ont pas connu de violences. Et pour ces projets, le gouvernement compte sur les entreprises privées. Les précisions à Koweït City de Wilson Fache.

Le message est clair : l'Irak est ouvert au business. Le pays cherche des fonds pour réhabiliter certaines infrastructures détruites pendant la guerre, comme l’aéroport de Mossoul ou l'usine d'engrais de Baiji. Et il veut aussi se développer en construisant, par exemple, un métro à Bagdad et de nouvelles raffineries. Bagdad met donc l’accent sur le secteur privé. Sont proposés plus de cent cinquante projets d’investissements avec parfois des taux de rendement très avantageux, mais risqués. Alors aujourd'hui les responsables irakiens ont notamment présenté des garanties juridiques pour tenter de séduire et rassurer de potentiels investisseurs. Des investisseurs qui se disent curieux, mais sceptiques. Il faut dire que beaucoup de zones ne sont pas encore stables et le groupe État islamique conserve toujours un pouvoir de nuisance. Surtout, l'Irak est considéré comme l'un des pays les plus corrompus au monde. Alors les autorités irakiennes assurent qu’elles vont faire des réformes. Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi avait d’ailleurs annoncé en décembre que sa prochaine bataille sera contre la corruption. Mais pas sûr que ce soit suffisant pour convaincre le privé. Surtout que Bagdad a encore des dettes envers certaines des compagnies présentes aujourd’hui au Koweït.

ZK : On part à présent aux États-Unis pour parler de policiers ripoux, Céline.

CP : Ripoux, cela veut dire que ces policiers sont corrompus. Qu'ils sont passés de l'autre côté de la loi, qu'ils sont censés défendre. Du côté des criminels, parce qu'ils se sont associés avec eux pour leur bénéfice personnel. C'est ce pour quoi deux policiers de Baltimore sont jugés. Et faits accablants, les deux hommes faisaient partie d'une unité d'élite de la police. La justice américaine les a reconnu coupables, mais on ne connaît pas encore leur peine. On revient sur cette histoire avec Romain Lemaresquier.

Il n’y a aucune tolérance lorsqu’il s’agit de corruption. C’est le message qu’a tenu à faire passer hier le tribunal de Baltimore qui jugeait cette rocambolesque affaire mêlant huit officiers de la Gun Trace Task Force. Il s’agit d’une unité d’élite censée traquer les armes disséminées dans les quartiers pauvres de ce grand port de la côte Est des États-Unis. Six de ces huit policiers avaient déjà plaidé coupable espérant ainsi atténuer leur peine. Les deux autres, Daniel Hersl et Marcus Taylor risquent quant à eux la réclusion à perpétuité. Rackets, cambriolages, fausses dépositions, vols à main armés, vente d’armes, trafic de drogue, fausses preuves et même triche sur les heures supplémentaires : la liste des pratiques de ces huit hommes abordée pendant les débats de ce procès fait froid dans le dos. Des policiers qui misaient sur le fait que leurs victimes, très souvent des dealers, issus majoritairement de la minorité afro-américaine, n’oseraient pas porter plainte. Une affaire qui vient ternir encore plus la réputation de Baltimore, une ville qui arrive au second rang national en 2017 en matière d’homicides. Avec trois cent quarante-trois meurtres, derrière Saint Louis, mais devant Chicago. Une affaire qui risque de laisser des traces selon de nombreux experts dans une ville dont la population ne fait pratiquement plus confiance à sa police.

ZK : Un récit signé Romain Lemaresquier. Parlons à présent de la Thaïlande. C'est dans ce pays qu'un représentant de l'État français est actuellement en visite.

CP : Il s'agit de Jean-Baptiste Lemoyne. Il est secrétaire d'État aux Affaires étrangères. C'est la première visite d'un officiel français en Thaïlande depuis que le pays a connu un coup d'État en 2014. Au programme des discussions pour l'un des représentants du chef de la diplomatie française: la situation politique thaïlandaise, la coopération économique entre les deux pays. Mais également la situation des Rohingyas de Birmanie. Reportage à Bangkok d'Arnaud Dubus.

Jean-Baptiste Lemoyne a rencontré Surakiart Sathiratai, le président thaïlandais du comité chargé d'appliquer les recommandations de la commission Kofi Annan sur la question des Rohingyas. Sept cent mille musulmans Rohingyas ont dû fuir l'ouest de la Birmanie depuis septembre, après une campagne de violences lancée par l'armée birmane. Une campagne qualifiée de nettoyage ethnique par les Nations Unies. À Bangkok, Jean-Baptiste Lemoyne a réitéré la position de la France en termes très clairs sur ce drame humanitaire. « Le message que nous avons délivré est très clair, c'est que nous souhaitions que l'engagement international demeure fort. Il y a d'ailleurs aujourd'hui même une réunion aux Nations Unies qui se tient sur le sujet. Et que l'on ne saurait tolérer la négation de droits de l'homme et de droits de communauté. La France reste vraiment pleinement mobilisée. Jean-Yves le Drian a eu l'occasion de s'entretenir avec Aung San Suu Kyi. Et donc il faut à cet égard utiliser tous les canaux ». Parmi ces canaux, la Thaïlande, qui maintient un dialogue régulier sur cette question avec Aung San Suu Kyi, leader de facto du gouvernement birman. Jean-Baptiste Lemoyne a aussi évoqué la possibilité au niveau de l'Union européenne de sanctions ciblées contre certains responsables birmans directement impliqués dans les violations des droits humains des Rohingyas.

ZK : La justice britannique a une nouvelle fois refusée ce mardi de lever le mandat d'arrêt visant Julian Assange.

CP : Le fondateur de Wikileaks ne pourra donc pas sortir libre de cette ambassade d'Équateur à Londres où il est réfugié depuis bientôt six ans. Sans pouvoir en sortir. Il a trois mois pour faire appel de cette décision. Julian Assange craint, en cas d'arrestation à Londres, d'être extradé c'est-à-dire emmené de force aux Etats Unis pour y être jugé. Et ce pour la publication par Wikileaks en 2010 de nombreux secrets militaires et de documents diplomatiques américains. Et cette information insolite: de la drogue dans du chocolat. C’est une tonne et demie de cocaïne, qui était dissimulée dans des paquets de chocolat en poudre. La drogue a été saisie dans un aéroport d'Équateur, en Amérique du Sud, avant son envoi en Europe.

CP : C'est la fin de cette édition du journal en français facile, réalisé par Laurent Philippot. Et présenté avec Zéphirin Kouadio. Merci à tous les deux. On se retrouve demain Zéphirin.

ZK : A demain Céline.

CP : Et vous pouvez évidemment réécouter ce journal en français facile sur le site savoirs.rfi.fr.

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