#Français de l’actualité

Journal en français facile 13/01/2018 20h00 GMT

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RFI
Transcription

Gilles Moreau : 21h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir à toutes et tous. Bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir avec Sylvie Berruet. Bonsoir !

Sylvie Berruet : Bonsoir Gilles, bonsoir à tous !

GM : Dans l'actualité : un déluge de réactions après les déclarations injurieuses de Donald Trump. Réactions indignées en particulier en Afrique, en Haïti et au Saldador. Nous entendrons le président du Salvador dans un instant. À suivre aussi, en fin de journal, « le mot de la semaine », le rendez-vous d'Ivan Amar.

SB : En Autriche, des milliers de manifestants ont défilé aujourd'hui contre le nouveau gouvernement qui compte 6 ministres d'extrême-droite.

GM : En République tchèque, le président sortant Milos Zeman est arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle. Il sera opposé au second tour au candidat pro-européen Jiri Drahos.

SB : Les Tunisiens s'apprêtent à célébrer le 7e anniversaire de la révolution qui a mis fin à la dictature. Cet anniversaire intervient au terme d'une semaine d'agitation sociale.

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SB : À l'approche du Forum de Davos, des centaines de personnes ont manifesté aujourd'hui à Berne contre la venue du président américain Donald Trump.

GM : Manifestation à l'appel d'une organisation anti-capitaliste suisse. Elle n’avait pas été autorisée, mais tout s'est bien passé. Il n’y a pas eu d'incidents. Pendant ce temps, les propos du président américain sur les « pays de merde », propos racistes et méprisants confirmés par des témoins, ont continué de provoquer des réactions à travers le monde.

SB : Citons Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, femme noire d'origine haïtienne, l'un des pays visés par Donald Trump. Elle a dénoncé un comportement « indigne, troublant et offensant ».

GM : Écoutons maintenant le président d'un autre pays visé par Donald Trump, le président du Salvador Sanchez Ceren :

« Le gouvernement du Salvador proteste avec vigueur et rejette catégoriquement ces déclarations. Nous avons adressé une lettre officielle de protestation au gouvernement américain, dans laquelle nous soulignons la grande valeur des Salvadoriens. Nous rappelons aussi le rôle qu’ont joué nos compatriotes dans la reconstruction du Pentagone après les terribles attentats terroristes du 11 septembre 2001. Les Salvadoriens ont aussi contribué à la reconstruction de La Nouvelle-Orléans, après l’ouragan dévastateur Katrina et ont participé aux côtés des États-Unis et d’autres pays, à plusieurs missions de paix. Nous exigeons, conformément aux principes qui régissent les relations internationales, le respect de notre peuple noble et courageux ».

GM : Le président du Salvador, et à la fin du journal Yvan Amar, dans « le mot de la semaine », reviendra sur cette polémique.

SB : Le président sortant Milos Zeman est arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle en République tchèque.

GM : Il l'a emporté avec 38, 5 % des suffrages, contre 26, 5 pour M. Jiri Drahos. Il y aura donc un second tour organisé les 26 et 27 janvier. Le duel s'annonce serré entre les deux hommes : le pro-russe Milos Zeman, 73 ans, et le pro-européen Jiri Drahos, 68 ans.

SB : Direction l'Autriche où 20.000 manifestants ont défilé aujourd'hui à Vienne contre le nouveau gouvernement.

GM : Au pouvoir depuis près d'un mois, le gouvernement du chancelier conservateur Sebastian Kurz compte 6 ministres d'extrême-droite. Reportage à Vienne de notre correspondante, Isaure Hiace :

Ils sont des milliers à se diriger, en musique, vers la Chancellerie. Car c'est bien la politique du nouveau gouvernement que les manifestants critiquent, à l'image de Sara Knoll, qui défile pour la première fois : « Le nouveau gouvernement va pénaliser les gens les plus pauvres. Il souhaite par exemple réduire drastiquement les allocations des chômeurs. » Beaucoup s'inquiètent d'une dérive droitière de l'Autriche et s'indignent des dérapages des ministres d'extrême-droite ces derniers jours. C'est pour cela que Dominik Schaller est venu manifester : « Herbert Kickl, notre ministre de l'intérieur, a dit que les migrants devraient être concentrés dans des centres, un mot qui rappelle de sombres heures de l'histoire. C'est une honte, il faut venir protester contre cela. » Mais l'heure n'est pas au pessimisme, les manifestants, comme Miriam Strausz, sont bien décidés à continuer le mouvement dans les mois à venir : « Il faut bien que quelqu'un parle et dise qu'avec leurs politiques, on retourne des années en arrière. Tant que les choses n'iront pas mieux, on doit continuer de manifester. Cela pourrait conduire le gouvernement à changer certaines choses. » Cette résistance est toutefois le fait d'une minorité d'Autrichiens. On est bien loin, des quelques 250 000 manifestants en 2000, lorsque, déjà, l'extrême-droite était entrée au gouvernement.

SB : Les Tunisiens s'apprêtent à célébrer le 7e anniversaire de la révolution qui a mis fin aux années de dictature.

GM : Ce sera demain dimanche. Cet anniversaire intervient au terme d'une semaine d'agitation sociale. Des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes après l'entrée en vigueur du budget 2018 qui prévoit des hausses de prix. Aujourd'hui le chef de l'État a rencontré les dirigeants des partis politiques, des syndicats et du patronat pour discuter des moyens de sortir de cette crise, mais aucune mesure concrète n'a été annoncée.

SB : L’Iran a réaffirmé aujourd'hui son refus de toute modification de l'accord nucléaire conclu en 2015 avec les grandes puissances.

GM : De son côté, la Russie a estimé qu'en sortant de cet accord, Washington ferait un « très mauvais calcul ». Les deux pays réagissaient à la décision américaine de maintenir la levée des sanctions, mais pour la dernière fois et tout en exigeant une renégociation de l'accord de 2015.

SB : L'Iran est par ailleurs accusé de violer l'embargo sur les armes au Yémen.

GM : C'est en tout cas ce que montre un rapport d'expert de l'ONU remis au Conseil de Sécurité. Téhéran aurait laissé des rebelles Houthis s'approvisionner en drones et missiles balistiques. Les précisions de Jelena Tomic :

Dans leur rapport de 79 pages, les experts de l'ONU ont identifié des débris de missiles, lié à de l'équipement militaire et à des drones d'origine iranienne qui ont été introduits sur le territoire yéménite après l'imposition de l'embargo sur les armes en 2015. Les experts accusent l'Iran d'avoir violé l'embargo en laissant des rebelles Houthis s'approvisionner en drones et missiles balistiques, et ce dans le but de viser l'Arabie Saoudite. Ces conclusions rejoignent celles de Washington qui avait également accusé fin 2017 l'Iran d'avoir fourni des missiles aux rebelles Houthis. Ce que Téhéran a toujours démenti, admettant uniquement apporter un soutien politique aux rebelles yéménites qui contrôlent le nord du pays et la capitale Sanaa. L'embargo de l'ONU sur les ventes d'armes ne s'applique dans ce cas qu'aux forces Houthis et pas aux membres de la coalition dirigée par l'Arabie Saoudite qui elle continue à s'équiper auprès des grands pays exportateurs que sont les États-Unis, le Royaume-Uni ou la France. Ces États, en fonction de leurs intérêts, ne se privent pas de contourner l'embargo international. À titre d'exemple et comme le note l'Observatoire des armements, la France n'aurait pas respecté 11 embargos sur les 24 en vigueur.

GM : Les habitants d'Hawaï ont été victimes d'une fausse alerte sur l'arrivée imminente d'un missile balistique. Il leur était demandé de se mettre à l'abri. Une alerte immédiatement démentie par les autorités de cet État américain situé dans l'océan Pacifique. Il est temps de retrouver Yvan Amar pour le mot de la semaine :

Le mot de la semaine, malheureusement, c’est sans aucun doute « pays de merde ». Même si c’est une expression plus qu’un mot. Stupeur et colère après une expression aussi méprisante et aussi grossière. « Shit hole country » en anglais. La traduction est-elle exacte ? Pour être plus près de la formule américaine, on aurait peut-être pu dire « pays de chiotte » pour traduire ce qu’est un « shit hole ». Ça n’aurait pas changé grand-chose à la gravité du propos. Mais « pays de merde » est plus fort, et correspond bien ce que ça représente en anglais : des toilettes, mais mot à mot c’est bien plus cru : un trou à merde – des toilettes publiques, en général, et la plupart du temps mal entretenues et donc repoussantes. Cette formulation donne bien l’idée de la terrible grossièreté de l’expression, qui contient bien le mot shit en anglais : la merde. En français ce mot de merde est très courant, en tant qu’interjection : « Ah merde, j’ai perdu mes clés ! je me suis cogné ! je suis en retard ! » C’est familier, courant. Grossier ? Un peu oui, mais pas tant que ça pour une raison simple, qui est liée à la fréquence du mot : il est totalement abstrait, dans ce contexte dans ce genre de situation. On dit « merde ! » Mais on ne pense à rien. Mais si on parle d’un pays de merde, tout change : l’image concrète est bien là, irrespirable et dégoûtante.

GM : C'est la fin de votre Journal en français facile, à retrouver sur notre site à la page RFI Savoirs. Bonsoir à tous !

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