#Français de l’actualité

Journal en français facile 11/03/2018 20h00 GMT

Image par défaut des émissions / éditions
RFI
Transcription

 

Pierre Pillet : Il est 21 heures à Paris, une heure de moins en temps universel. Bonsoir à tous et bienvenue, c’est votre Journal en français facile et Namouri Dosso nous accompagne.

Namouri Dosso : Bonsoir Pierre, bonsoir à tous.

PP : Voici les titres : du Front national au Rassemblement national. En France, la présidente du FN Marine Le Pen propose aux militants de changer le nom du parti d’extrême droite. Son objectif : la refondation et des victoires aux élections.

ND : Plus de 120 pays l'attendaient : l'alliance solaire internationale est née. Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi ont présidé le sommet fondateur. La France s'engage d'ores et déjà à fournir un milliard d'euros d’ici 2022.

PP : Xi Jinping sera-t-il président de la Chine à vie ? Terminée la limitation aux deux mandats, le chef de l'État peut se représenter autant de fois qu'il veut.

ND : Et en fin d'édition, on vous parlera de la ligne rouge. C'est l'expression de la semaine d'Yvan Amar.

-----

PP : Elle veut rénover le Front national, en faire un parti de gouvernement et pour ça Marine Le Pen veut changer le nom de sa formation.

ND : Rassemblement national, c'est la proposition faite par la présidente du FN lors du congrès de ce parti d'extrême droite à Lille ; congrès dix mois après la défaite au second tour de la présidentielle, malgré des scores historiques.

PP : Alors un nouveau nom, pourquoi ? Eh bien dans son discours de plus d'une heure, Marine Le Pen s'est justifiée :

« A l'heure où la France vit une recomposition politique, il (le Front national) doit -et c'est peut-être le plus important-, exprimer notre volonté de rassemblement, à l'heure où l'immense majorité des Français, émue de voir leur pays se fracturer, aspire à la réunion de toutes les énergies, à l'unité nationale et à la solidarité nationale. Ce nom doit être plus encore qu'un projet, il doit être un cri de ralliement, un appel à nous rejoindre, lancé à tous ceux qui comme nous on a la France au coeur, à tous les Français, d'où qu'ils viennent, dès lors qu'ils veulent écrire une page de l'histoire de notre pays avec nous. Il doit signer l'exigence absolue d'une nation unie dans la défense de son identité, de sa prospérité, de sa sécurité et de sa liberté. Je vous proposerais donc que le Front national devienne le Rassemblement national. »

ND : Les militants vont voter par courrier pour valider ou pas ce changement de nom. Le résultat sera connu dans un mois et demi au moins.

PP : Il faudra donc attendre... Ce qui est sûr en revanche c'est que le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, n'a désormais plus aucun lien avec le parti. Les militants décident de supprimer le poste de président d'honneur qu'il occupe. Ses déclarations-chocs, notamment sur les chambres à gaz, sont à l'origine de son exclusion.

ND : Il est une heure et trente-trois minutes à New Delhi. Ça y est, l'alliance solaire internationale est créée et elle a vu le jour en Inde.

PP : Le chef de l'État français Emmanuel Macron a présidé le sommet fondateur avec le Premier ministre indien. Face à eux, une vingtaine de dirigeants venus d'Asie, d'Afrique, d'Océanie et qui veulent, comme ceux de plus de 120 pays, développer leur recours à l'énergie solaire. L'objectif, c'est de réduire l’utilisation des énergies très polluantes comme le charbon.

ND : Alors cette alliance doit permettre de mutualiser les commandes, d'avancer sur le plan technologique, de réunir des fonds. La France s'engage à fournir un milliard d'euros d’ici 2022. Les patrons d'entreprises françaises, eux, espèrent conquérir de nouveaux marchés. Reportage de Mounia Daoudi :

Sébastien Clerc a écouté avec beaucoup d'attention de discours d'Emmanuel Macron. Pour le patron de Voltalia, une entreprise qui développe des solutions dans le solaire et qui surtout réalise 80% de son activité dans les pays émergents, être à New Delhi était indispensable. « C'est un lieu parfait : il y a à peu près 60 ministres de l'industrie de pays émergents et c'est ça notre marché, donc pour moi c'est là l'occasion d'avoir des rencontres, des rencontres qui seraient très longues à avoir si je ne venais pas ici. » Même enthousiasme chez François Daumard, patron de Valeco, une PME de 120 personnes qui compte bien profiter du cadre de l'alliance solaire pour conquérir de nouveaux marchés : « On veut y croire, on veut croire que ça va débloquer les choses, des financements et que des projets d'ampleur vont se concrétiser, ou des projets de petites structures qu'on pourra décliner dans plusieurs pays, avec des financements à la clé, parce que c'est quand même le nerf de la guerre, le financement, dans les énergies renouvelables. » Si on en croit Emmanuel Macron, investir dans le solaire devient de plus en plus rentable. Pour soutenir ce secteur dans le cadre de l'alliance, la France a déjà débloqué trois cents millions d'euros et s'engage à augmenter ses financements jusqu'à un milliard d'ici 2022. Un milliard, c'est beaucoup, mais c'est encore loin des mille milliards que l'alliance ambitionne de lever d'ici 2030 pour équiper ses pays membres. Mounia Daoudi, New Dehli, RFI.

PP : Et pour montrer l'exemple, Emmanuel Macron va même inaugurer une centrale de panneaux photovoltaïques, demain en Inde.

ND : Troisième et dernier jour de son déplacement. Prenons maintenant la direction d'un des voisins de l'Inde : la Chine. La Chine où l'assemblée populaire supprime la limitation du nombre de mandats présidentiels.

PP : Depuis les années 80, on pouvait exercer deux mandats de chef d'État : maintenant c'est fini. Près de 3000 députés approuvent une modification, c’est-à-dire un changement de la constitution. L'actuel président, Xi Jinping, soixante-quatre ans, va donc pouvoir se représenter autant de fois qu'il le veut. Depuis 2012, son influence ne fait que grandir Christophe Paget :

Xi Jinping est issu d’un milieu privilégié : c’est le fils d’un révolutionnaire historique, compagnon de Mao Zedong et à ce titre il fait partie des Princes rouges. Pour autant, son père sera purgé lors de la Révolution culturelle et lui-même sera envoyé à la campagne pour rééducation, pendant des années. Ce qui ne l’empêche pas de décider de faire carrière dans la politique et donc dans le parti unique, en partant des échelons locaux : il devient gouverneur et secrétaire général d’un PC provincial, puis passe en 2002 au niveau national pour devenir dix ans plus tard secrétaire général du parti et président de la Chine. Xi Jinping transpose alors à tout le pays la lutte contre la corruption qu’il avait initiée au niveau local : elle lui permet d’écarter ses adversaires politiques, de placer ses hommes et de renforcer sa popularité. Il en profite pour empiler titres et pouvoir, gagnant le surnom de « chairman of everything » – « président de tout », ce que justement voulait éviter le parti communiste après les désastres liés aux décennies de pouvoir de Mao Zedong. Xi Jinping a d’ailleurs initié ces dernières années un culte autour de sa personne inédit depuis Mao : portraits, buste, omniprésence dans les médias. Un culte qui ne souffre aucune critique : la censure est partout, opposition et défenseurs des droits de l’homme sont muselés.

PP : Les explications de Christophe Paget. Et cette actualité en Chine, cette fin de limitation du nombre de mandats présidentiels, elle inspire Yvan Amar. Son expression de la semaine, c’est ligne rouge :

Le numéro 1 chinois a-t-il franchi la ligne rouge ? Sera-t-il président à vie ? Franchir la ligne rouge voilà une expression dont le sens est compréhensible de façon très facile : franchir la ligne, c’est franchir un pas, c'est faire un saut qualitatif, un geste important qui se différencie des précédents et qui peut-être va amener le leader à se libérer de tout contrôle démocratique. Mais pourquoi rouge ? La couleur évoquée, elle a une histoire particulière par rapport à l’image du communisme et particulièrement à celle du communisme chinois. Mais attention son sens est double parce qu’en Chine, elle fait penser au progrès ; en Occident, au danger, au risque et donc elle est toute indiquée dans cette situation. Mais des lignes, on en a de différentes couleurs. Pas toutes, on n'a pas de ligne bleue, on n'a pas de ligne verte. Par contre, on a bien des lignes jaunes ou blanches qui font penser à la même chose. Et là, on se réfère au Code de la route, aux règles de circulation. Au départ, les lignes tracées sur les routes étaient jaunes : ou bien discontinues, c'est-à-dire faites de traits successifs et là elles indiquent les files, mais elles n’interdisent pas un changement de couloir. Mais en revanche si elles sont continues, elles sont comme des murs symboliques. Et depuis bien longtemps maintenant, ces lignes sont peintes en blanc, donc elles sont plus visibles. On parle donc, même au figuré parfois, de ligne blanche. Mais c’est assez rare, en général on continue à parler de ligne jaune, car la langue figurée évolue moins vite que la réalité : on garde le souvenir d’un interdit ancien, même si sa représentation a changé !

PP : Ligne rouge, c’était donc l’expression de la semaine d’Yvan Amar.

ND : Il y a du football ce soir, suite et fin de la vingt-neuvième journée du championnat de France.

PP : En ce moment zéro-zéro (0-0) entre Toulouse et Marseille, le match a commencé depuis huit minutes. Pour le moment, Marseille est troisième au classement et n’a plus que deux points d’avance sur Lyon. Les Lyonnais ont battu Caen un-zéro (1-0) cet après-midi.

ND : Et à signaler la performance d'Alassane Pléa, l'attaquant de Nice auteur de quatre buts sur le terrain de Guingamp. Score final : cinq-deux (5-2).

PP : Et à Nice comme à Paris, il est 21h10.

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias

Logo RFI

Journal en français facile 11/03/2018 20h00 GMT

Cette page n'est pas disponible sur ce type de terminal.

Consultez les quiz disponibles sur ce type de terminal ici.