#Français de l’actualité

Journal en français facile 08/10/2017 20h00 GMT

Image par défaut des émissions / éditions
RFI
Transcription

Florent Guignard : Radio France Internationale, 20 heures en temps universel, 22 heures à Paris. Bonsoir, bienvenue dans le Journal en français facile, que je vous présente avec Zéphirin Kouadio. Bonsoir Zéphirin.

Zéphirin Kouadio : Bonsoir Florent, bonsoir à tous.

FG : Au sommaire de ce journal, Zéphirin, une nouvelle manifestation en Espagne :

ZK : À Barcelone, plusieurs centaines de milliers de personnes ont donc défilé contre l'indépendance de la Catalogne.

FG : En Corée du Nord, la politique est une affaire de famille : Kim Jong-un nomme sa sœur à un poste important dans le régime.

ZK : Une initiative au Costa-Rica après le passage de l'ouragan Maria : des ballons-émetteurs lancés dans l'atmosphère, pour permettre la reprise des communications téléphoniques.

FG : Et nous retrouverons enfin Ivan Amar pour l'expression de la semaine : « succès d'estime ».

------

ZK : Plusieurs centaines de milliers de personnes ont donc défilé dans les rues de Barcelone, entre 350 000 manifestants, selon la police, et 950 000, selon les organisateurs, pour dire non à l'indépendance de la Catalogne, une semaine tout juste après le référendum.

FG : Non à l'indépendance, et oui à l'unité de l'Espagne. C'est bien simple : on n'avait peut-être jamais vu à Barcelone autant de drapeaux espagnols brandis par la foule. Parmi les manifestants, il y avait l'écrivain Mario Vargas Llosa, une figure respectée, ancien prix Nobel de littérature. Mario Vargas Llosa a prononcé un discours dans lequel il a mis en garde contre la tentation nationaliste et séparatiste, c'est-à-dire la séparation de la Catalogne avec le reste de l'Espagne. Juliette Gheerbrant.

L'Espagne ne doit pas régresser en pays tiers-mondiste à cause d'une conjuration indépendantiste, a mis en garde Mario Vargas Llosa devant une véritable marée humaine, marée qui s'écoulait toujours sur l’avenue Laietana alors que les discours avaient commencé au point d'arrivée du défilé. La mobilisation dépasse tous les espoirs de ses organisateurs, s’est félicité le prix Nobel de littérature. Il a défendu la liberté, l’État de droit et la constitution. Il a évoqué la Catalogne capitale culturelle, et la Catalogne capitale économique qui doit rester la locomotive de l’Espagne. Avec une émotion visible, Mario Vargas Llosa a rappelé qu’au moment où la dictature franquiste vacillait, dans les années 70, on venait en Catalogne parce que la Catalogne, par sa résistance, avait déjà un pied dans l’Europe et dans la démocratie. Et à certains manifestants qui appelaient à envoyer le leader catalan Carles Puigdemont en prison, l'ancien ministre Josep Borrell qui s'exprimait aussi a répondu : « Ne vous comportez pas comme des lyncheurs dans un cirque romain. » Appel au calme donc, et au rassemblement, pour réaffirmer : nous sommes catalans et espagnols, dans un pays multiculturel et multilinguistique, a encore souligné Mario Vargas Llosa.

ZK : Mais face à cette mobilisation, Florent, le chef des indépendantistes, Carles Puigdemont, n'entend pas baisser les bras, ou renoncer.

FG : Il l'a dit à une chaîne de télévision espagnole : la déclaration d'indépendance aura bien lieu. Peut-être mardi, lors de la prochaine réunion du parlement régional catalan.

ZK : L'actualité en Corée du Nord nous invite à nous arrêter sur le mot népotisme.

FG : Le népotisme, Zéphirin, c'est quand quelqu'un profite de son pouvoir pour accorder des faveurs à un membre de sa famille. Généralement en le nommant à un poste, juste parce que c'est son fils, son neveu ou son époux. Il y a plein d'exemples dans l'histoire politique, partout dans le monde, et c'est exactement ce qui vient de se passer en Corée du Nord : Kim Jong-un a nommé sa sœur au Politburo, le bureau politique, l'organe de décision du Parti du Travail nord-coréen, le parti unique - c'est le seul parti politique autorisé en Corée du Nord. Une manière pour lui de perpétuer la dynastie Kim : depuis la création de la Corée du Nord, après la Seconde Guerre mondiale, en 1948, le pouvoir a toujours été occupé par un membre de la famille Kim. Le fondateur, Kim Il-sung, est ainsi le grand-père de l'actuel numéro un nord-coréen, Kim Jong-un. Lequel a une nouvelle fois vanté la force nucléaire nord-coréenne. À Séoul, en Corée du Sud, la correspondance de Frédéric Ojardias.

L'arsenal nucléaire nord-coréen offre « une puissante dissuasion qui protège solidement la paix face aux menaces nucléaires des impérialistes américains », a proclamé Kim Jong-un lors d'une réunion du Comité central de son parti unique. Les médias nord-coréens ont relayé son discours quelques heures après une nouvelle invective de Donald Trump ; dans un tweet, le président américain a critiqué les précédents efforts diplomatiques menés vis-à-vis de Pyongyang et a, une fois de plus, évoqué à demi-mot des frappes militaires. Cette obstination de Trump à rejeter la diplomatie soulève des inquiétudes croissantes en Corée du Sud. Et elle renforce la détermination de Kim Jong-un. La réunion de son Comité central lui a permis de nommer sa sœur cadette à un poste très élevé : Kim Yeo-jung, 28 ans, est devenue membre suppléante du Poliburo. Tandis qu'un autre proche, Choi Yong-rae, est devenu membre de la toute puissante commission militaire du Parti. En dépit des tensions - ou peut-être grâce à elles -, la famille Kim resserre ainsi les rangs et tient encore plus fermement les rênes du pouvoir. Frédéric Ojardias, Séoul, RFI.

ZK : L'ouragan Nate est finalement redevenu une tempête tropicale, il a perdu énormément de puissance depuis son arrivée sur les côtes sud des États-Unis, où il n'a fait que des inondations.

FG : Le précédent ouragan, Maria, lui, a fait beaucoup plus de dégâts, on s'en souvient. Notamment à Porto-Rico. Aujourd’hui, 90 % de l'île est toujours privée d'électricité. Et le réseau du téléphone et de l'internet est presque totalement détruit. Mais Google a la solution. Le géant informatique, qui diversifie de plus en plus ses activités, a proposé d'envoyer très haut dans le ciel au-dessus de Porto-Rico des ballons équipés de relais téléphoniques. Carlotta Morteo.

Pendant six mois, Google va déployer une trentaine de ballons, à 20 kilomètres d’altitude. C'est deux fois plus haut que les avions de ligne. Des ballons de 15 mètres de diamètre, constitués d'une toile en polyéthylène, c'est un matériau plastique fin et peu cher. Des ballons qui sont alimentés par des panneaux solaires, d'une autonomie de 3 mois environ. Initialement conçus pour dériver dans la stratosphère, ces ballons sont désormais équipés de systèmes de navigation qui permettent de les maintenir au-dessus d'une zone spécifique. Le défi à Porto-Rico va être de réussir à faire fonctionner un minimum d'antennes au sol, pour que les récepteurs qui pendent sous les ballons puissent relayer la 4G sur un rayon de 80 kilomètres. Les opérateurs du pays se connecteront alors à la fréquence émise par les ballons. Ces engins volants ont déjà été testés en situation d'urgence humanitaire, en mars 2017, lorsque le Pérou a été victime de graves inondations. Les Péruviens sinistrés avaient pu envoyer 30 millions de messages WhatsApp et 2 millions d'emails, en attendant que le réseau terrestre soit rétabli.

ZK : L'expression de la semaine, pour finir ce journal en français facile.

FG : Yvan Amar revient sur l'expression succès d'estime.

Les partisans d’Alexeï Navalny qui manifestaient en Russie ont rencontré un succès d’estime. Voilà ce qu’on apprend sur RFI. Une information qui n’est pas tout à fait encourageante pour l’opposition russe. En même temps, pas totalement décourageante. C’est en demi-teinte, c’est-à-dire que ce n’est pas très bien, mais ce n’est pas en même temps tout à fait négatif. Un succès d’estime, c’est ce qu’on peut appeler parfois un demi-échec. Et on dit plus souvent un demi –échec qu’un demi succès, même si les deux formules existent. C’est-à-dire que c’est plutôt raté. Mais ce n’est pas un fiasco, ce n’est pas une catastrophe. En même temps, on espérait mieux. Et la formule « succès d’estime », elle s’utilise surtout pour des spectacles avec un sens assez précis. Alors bien sûr, ça sert à un ratage, à masquer, à cacher ce ratage. Mais c’est plus subtil, hein. On parle de succès d’estime quand on veut souligner un échec commercial, mais un bon accueil par ailleurs. Un film qui a recueilli de bonnes critiques, mais qui a engrangé peu d’entrées (y a pas eu assez de spectateurs), c’est un succès d’estime. Alors personne n’a dit que c’était mauvais. Et même, quand on en a parlé, on a toujours dit que c’était bon. Mais les éloges venaient de quelques personnes qui l’ont vu, et y en a pas eu beaucoup. Donc on parle de ses qualités, mais ça n’a pas empêché que ce soir un four, c’est-à-dire un échec. Le mot estime est très important parce qu’on met en avant une exigence, une qualité. Peut-être que le film était trop difficile, pas assez populaire, pas assez abordable : un produit pour connaisseurs, qu’on regarde avec un peu de supériorité ; c’est très bien, mais malheureusement ça ne marche pas. C’est ça, un succès d’estime.

FG : Yvan Amar. 22 heures 10 à Paris, c’est la fin de ce Journal en français facile. Très bonne soirée à tous.

Radio France International France 24 Monte Carlo Doualiya France Médias Monde

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJD OJD Dénombrement des médias

Logo RFI

Journal en français facile 08/10/2017 20h00 GMT

Cette page n'est pas disponible sur ce type de terminal.

Consultez les quiz disponibles sur ce type de terminal ici.