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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Quarante ans que le grand Jacques est mort. En effet on se souvient aujourd’hui de Jacques Brel, grande vedette de son vivant, et qui mourut il y a juste 40 ans. Le grand Jacques, puisqu’une chanson de lui atteste ce surnom. Mais Jacques est un prénom très courant : Brel n’en a pas le monopole et il le partage avec beaucoup de gens, connus ou pas.

Le prénom est vieux, et a un prestige certain : il dérive de Jacob, et c’est le nom d’un des douze apôtres du Christ. Et pourtant, en français, depuis longtemps, il a été associé à la paysannerie, et notamment à la paysannerie pauvre. Le mot désigne donc parfois les gens de la terre, dès le moyen-âge. Le nom générique du paysan, c’est Jacques Bonhomme. Il arrive d’ailleurs que le nom soit lié à des personnages, plus urbains, mais qui font figure de domestique ou de subalternes : Maître Jacques est le nom du personnage de l’Avare, de Molière, au service d’Harpagon tantôt cocher, tantôt cuisinier.

Mais il a été associé très tôt aux moissons rouges, aux révoltes paysannes. L’une d’elles, très violente, très brutale, naît en 1358 en Île de France. Et cette secousse sanglante a aussitôt été dénommée Jacquerie. Le mot est resté dans l’histoire, mais il a également pris son indépendance par rapport à cette flambée : toute révolte de ceux qui sont liés à la terre, bien souvent sans la posséder, est communément appelée aujourd’hui jacquerie : des révoltes en général imprévues et au déclenchement très subit, dirigées contre les riches propriétaires terriens, qui possèdent sans travailler directement, ou même contre les urbains, vivant en ville, se nourrissant de ce que leur apporte l’agriculture, sans y participer eux-mêmes. Mais le terme de jacquerie, est presque employé par les historiens comme une citation : ils la nomment ainsi, car c’est ainsi qu’elle est nommée par les témoins et surtout les victimes : l’histoire savante reprend un mot populaire, mais ce mot garde quand même le souvenir d’un accent méprisant, en tout cas négatif.

Et cet écho péjoratif du mot Jacques, on peut le retrouver dans d’autres emplois, bien différents. Et là, le Jacques se fait remarquer : Arrête de faire le Jacques, peut-on dire à celui qui parle trop fort, dit des sottises, sort du lot, non pas par ses réussites, mais son ridicule ostensible : il fait l’idiot et ça se voit.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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