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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Volodymyr Zelenskyi, le nouveau président de l’Ukraine dissout le Parlement. Un geste politique assez fréquent de la part d’un président élu, qui profite de sa victoire pour susciter une nouvelle assemblée. Grâce à la dynamique d’une première élection, bien souvent, le résultat est favorable au nouveau président, qui renouvelle le cadre politique. Et comme son tout jeune parti, créé l’an dernier, n’a pour l’instant aucun élu au Parlement, l’enjeu n’est pas sans importance.

Dissoudre le Parlement, on comprend donc facilement à quoi ça correspond ! C’est l’annuler, mettre fin au mandat des députés pour organiser des élections anticipées. Et le verbe même s’il est assez officiel, correspond à un certain nombre de situations : on dissout une assemblée, on dissout un parti, une association, on dissout un mariage. On supprime donc ce qui a été administrativement acté. Mais dans la vie privée, il ne fait pas partie de la langue courante : on ne dit pas « mon mariage a été dissous », on dit « j’ai divorcé » !

On pourrait penser que c’est un sens figuré du mot, qui dérive d’un sens littéral et concret… Et bien en fait c’est le contraire : en français ce sens abstrait est le premier à apparaître. Et plus tard, on s’est mis à utiliser le verbe dissoudre à propos de produits solides qui disparaissaient en se mêlant à un liquide : on dissout du sucre dans l’eau, ou bien un comprimé d’aspirine. Il s’agit donc de ce qui se sépare, se désagrège, se décompose en particules minimes qui ne tiennent plus ensemble.

À ce verbe dissoudre correspondent plusieurs adjectives : dissolubles, qui est bien rare ! Mais on peut parler d’une assemblée dissoluble, susceptible d’être dissoute. En revanche l’adjectif indissoluble s’entend, et dans d’autres contextes : à propos d’un lien affectif. Un amour indissoluble ? Oui parfois… Mais le mot a un côté solennel, gonflé, un peu pontifiant : cela fait un peu discours de sous-préfecture, on parle des liens indissolubles entre deux peuples, deux pays, deux villages.

Parfois on supprime le préfixe, pour former des mots comme soluble ou insoluble. Et le sens change : soluble ne s’emploie que dans un sens concret : le sel, le sucre sont solubles dans l’eau. C’est bien ce qu’on peut dissoudre dans l’eau. Alors est-ce qu’insoluble est l’opposé ? Non justement : insoluble s’emploie à propos d’un problème, d’une question dont on ne vient pas à bout. Et le sens alors se comprend par rapport à un autre verbe : non plus dissoudre, mais résoudre, qui signifie trouver une solution, se débarrasser d’un problème.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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