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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les nombreux mouvements migratoires qui marquent la géopolitique de ces dernières années accentuent une réalité démographique déjà déterminante depuis quelques décennies : les diasporas s’éparpillent un peu partout dans le monde, irriguent des nations nombreuses de cultures nouvelles et lointaines. Le mot se répand comme la chose, et la notion d’appartenance ethnique ou nationale se modifie pour des populations nombreuses.

Et on parle en ce moment beaucoup des diasporas d’Afrique : des Togolais qui vivent plus au Togo, des Congolais qui ne vivent plus au Congo. Alors où vivent-ils ? Un peu partout justement… Bien sûr il y a des régions qui aimantent plus que d’autres ces migrations, et notamment l’ancien pays colonisateur : de nombreux Congolais de République démocratique du Congo se retrouvent en Belgique. Ceux qui viennent du Congo-Brazzaville ont plus tendance à aller en France… Mais malgré tout ce mouvement correspond le plus souvent à un certain éparpillement : des Sénégalais on en voit un peu partout, en Afrique Centrale, du Gabon au Cameroun, mais aussi en France, en Espagne, jusque dans ce petit quartier de New York qu’on appelle Little Senegal…

Cette dissémination dilue-t-elle le sentiment d’appartenance à une même communauté ? Non au contraire ! Les gens qui ne vivent plus dans leur pays d’origine ont gardé en général leur langue, leur culture, leurs habitudes. L’idée de diaspora est donc liée à celle de dispersion, mais aussi au sentiment d’une identité conservée, malgré l’éloignement et le ballottement où la vie vous entraîne : on se sent d’autant plus appartenir à un noyau d’origine qu’on en est loin. Mais, paradoxe du mot, on peut se sentir aussi membre d’une communauté d’origine plus large : on parle couramment de diaspora africaine : des raisons économiques ou historiques assez comparables font que des Tchadiens, des Maliens, des Ivoiriens peuvent se retrouver en Europe. Et même s’ils se rappellent leur origine précise, leur destin semblable les rapproche : le Mauritanien et le Burkinabé qui vivent à Paris ont des expériences communes.

Ce mot de diaspora a commencé à être utilisé au milieu du 20ème siècle pour désigner de genre de glissement démographique. Mais c’est alors un mot de sociologue, d’analyste d’universitaire. Alors qu’aujourd’hui il est bien plus populaire, répandu parmi ceux qui ont osé cette aventure. Une fierté ? Peut-être pas : le mot est si galvaudé. Mais une identité, sûrement.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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