#Français de l’actualité

Contestation

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Nikol Pachimian enfin élu Premier ministre d’Arménie, après une première tentative malheureuse il y a quelques jours ! Le leader de la contestation est maintenant au pouvoir ! Donc par définition, on peut dire qu’il n’est plus contestataire, ou tout au moins plus de la même façon, puisqu’il est au pouvoir. En effet la contestation est l’apanage, la caractéristique de ceux qui ne sont pas au pouvoir. Mais qui en plus n’acceptent pas ce pouvoir, ou certaines de ses décisions, de ses orientations. C’est bien ça contester : mettre en balance, mettre en discussion quelque chose qui se donne comme légitime. Donc on peut contester un pouvoir, une autorité : on met alors en question sa valeur, son droit à exister. « Qui t’a fait roi ? » comme disait un grand seigneur à Hugues Capet, premier roi capétien, qui tentait d’asseoir son autorité sur l’ensemble de la France ! La contestation a donc presque toujours un caractère insolent. Et elle prend bien sûr plusieurs formes, dont certaines très institutionnelles. C’est ce qu’on peut penser à propos de l’Arménie, puisque le contestataire Nikol Pachimian était le successeur assez attendu du précédent chef de gouvernement. Mais elle peut être bien plus impertinente, et faire vaciller toute une respectabilité. Ça a été le cas en mai 1968, on en reparle beaucoup en ce moment. Toute la révolte étudiante s’est exprimée comme une contestation du pouvoir, mais aussi d’un certain ordre moral, d’une mentalité générale bien surprise de se trouver ainsi questionnée. Les idées reçues, l’idéologie dominante, le système de pensée, et même les rapports de forces les plus banals étaient tout d’un coup regardés comme illégitimes. Et toute cette génération s’est retrouvée étiquetée sous ce nom : les contestataires. La révolte de mai se résumait à la contestation.

Pourtant, même si le mot reste très associé à cet épisode, il a continué à vivre sa vie, et à être employé dans des circonstances très diverses : plus qu’un refus global on peut contester un jugement, ou une succession. On attaque une succession quand par exemple on la trouve inéquitable. Et le plus souvent c’est ce qu’on fait quand on s’estime lésé. Mais on peut aussi bien contester un point lorsqu’on joue aux cartes.

Et le mot a fourni une série de termes inverses : incontestable, incontestablement. Mais le sens n’est pas tout à fait contraire : ce qui est incontestable n’est pas ce qui absolument légitime, au-dessus de toute discussion, mais le plus souvent, ce qui est tout à fait sûr ,et qui ne peut être mis en doute : dans cette joute oratoire, tel débatteur a été incontestablement le meilleur, le meilleur sans conteste.

 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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