#Français de l’actualité

Carnaval

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On y est dans la période du carnaval. Que ce soit en Amérique du Sud, notamment au Brésil, l’un des pays de prédilection de ces manifestations, ou encore en France, dans le Sud-Est, à Nice, ou dans le Nord, autour de Dunkerque, les carnavals ont commencé, pour durer quelques jours, parfois une semaine. Une semaine de fête populaire om la population se retrouve dans la rue, pour danser, boire et festoyer. Parfois le carnaval est si important qu’il interdit toute autre activité : on s’arrête de travailler tellement la liesse générale transforme la vie de la cité. Ou bien il se tient en marge d’une activité qui continue bon an mal an son train-train.

Le carnaval, en plus des danses de rue est surtout marqué par des défilés : les rues sont investies, on se promène, à pied ou sur des chars qui montrent des figures construites, bricolées pour l’occasion : des personnages beaucoup plus grands que nature, grotesques, aux visages et aux corps déformés, qui peuvent faire rire ou faire peur : une représentation caricaturale des rapports humains, des hommes et des femmes, des puissants et des misérables. Tout ça en carton bouilli, en papier, en bois, assemblé avec les moyens du bord. Et bien souvent, le dernier jour, on brûle le « roi-carnaval », signe que la fête est finie. Ce sont ces poupées géantes qui expliquent le sens figuré du mot : un maquillage de carnaval, une tenue de carnaval évoquent un accoutrement tape-à-l’œil, coloré et un peu provocant : on veut se faire remarquer. Et on utilise nécessairement la formule dans une situation ordinaire, qui n’est pas celle du carnaval !

Mais la tradition carnavalesque (et cet adjectif existe, mais il est savant : il ne s’emploie que dans un discours qui réfléchit sur le carnaval, et essaie de le comprendre !) évoque encore autre chose. Pour mieux le comprendre, on peut se souvenir de l’origine du mot : les carnavals se tiennent en général avant le Carême, cette période du calendrier chrétien où l’on s’abstient de manger de la viande : on se réserve à la prière, et on se prive des plaisirs ordinaires de la vie – on fait maigre ! On supprime donc la viande, carnem levare, voilà les deux mots latins qui ont probablement servi à former ce mot de carnaval. Et juste avant de commencer cette période d’abstinence, on s’y prépare : on ripaille, on fait avec excès tout ce qu’on va s’interdire pendant plusieurs semaines : c’est tout le balancement du calendrier qui veut ça ! Et bien souvent on inverse les valeurs : pendant un court moment, les interdits sont levés, on peut se permettre ce qui est proscrit le reste du temps. Non seulement ça, mais les figures et attitudes sociales peuvent s’inverser : le serviteur peut se conduire comme un maître et le maître n’a pas le droit de le sanctionner. Comme un soupape, un moment de relâchement qui permet que les lois reprennent leur place ensuite, sans qu’on les mette en cause.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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