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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Nicolas Hulot déclare la guerre au béton ! Un titre de RFI qui souligne l’une des priorités du ministre de la transition écologique qui souhaite ainsi lutter contre le déclin des espaces naturels et des espèces.

En effet le mot béton spontanément s’oppose à cette idée de naturel ou de nature. Il concentre beaucoup de préventions, d’oppositions contre ce que les créations humaines ont de plus artificiel et destructeur. Pourquoi donc ? Qu’est-ce que le béton. Et bien ce matériau n’est pas aussi strictement défini qu’il en a l’air. Le mot est plutôt ancien, et de la famille de bitume, dont c’est une déformation. Le bitume dans sa signification actuelle est pourtant bien différent. C’est à peu près l’équivalent du goudron ou de l’asphalte : un revêtement pour rue, pour route ou pour trottoir qu’on coule sur une surface à protéger, quand il a une consistance molle et poisseuse et qu’on peut donc l’étaler grâce à un rouleau compresseur.

Alors que le béton au contraire évoque un matériau solide, fait pour construire des bâtiments qui s’élèvent. Ce serait plutôt un agrégat de gravier, de grains, de petits cailloux mêlés à du ciment, perdus dans du ciment. Solide, pas cher, cela donne un excellent matériau de construction, sauf que ce n’est pas toujours très joli. On parle même de béton armé, ce qui pourrait faire reculer davantage encore : armé, c’est-à-dire coulé autour d’une armature métallique qu’il contient et qui le solidifie.

Lorsqu’on parle de l’univers du béton, des villes du béton, en général, c’est donc très péjoratif, évoquant des villes champignons, construites souvent à la va-vite, mais souvent au plus économique : des tours, des bâtiments sans âme, sans histoire, qui se ressemblent tous un peu. Mais aussi des bâtiments qui vieillissent vite, donnent l’impression d’édifices à bon marché. Typique des constructions de banlieue, qui s’alignent pour former des cités sans charme. Ce béton dépourvu de charme et qui se dégrade facilement donne donc une impression de misère urbaine ou de massacres de sites magnifiques au départ, abîmés par des constructions sauvages. Hélas, on parle souvent des plages bétonnées quand des barres d’immeubles ont été édifiées tout au long d’un littoral, coupant le bord de mer de l’arrière- pays, et transformant radicalement le paysage.

Mais le mot béton, qui renvoie donc à une idée de dureté et de robustesse est également utilisé de manière très originale pour évoquer un raisonnement ou un propos qu’on pourrait difficilement remettre en doute : un alibi en béton est celui qui est inattaquable. Une excuse en béton ne sera pas remise en cause. Et bien souvent d’ailleurs, on utilise le mot comme un adjectif, invariable, ce qui lui donne une figure bien particulière : un alibi béton, une excuse béton !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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