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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On parle ballottage aujourd’hui comme c’est souvent le cas au lendemain d’élections ; au singulier quand il s’agit de présidentielle, au pluriel pour les législatives, puisqu’il y a des ballotages dans la plupart des circonscriptions. On parle donc des candidats, relativement rares, qui sont élus au premier tour : ceux qui après ce premier scrutin, ont réuni plus de 50% des suffrages. Et de ceux qui sont en ballotage. Et parfois on pointe même le candidat, parti favori, qui a été mis en ballotage par son challenger, son adversaire le plus direct et le plus dangereux.

L’image est  parlante : l’élection n’est pas jouée : elle ballotte entre les deux premiers candidats, parfois les trois dans le cas de triangulaires. C'est-à-dire qu’elle balance, qu’elle oscille…

Alors bien entendu, spontanément on va penser que l’image de ce ballottage renvoie à celle d’un ballottement : le sort, ou plutôt l’incertitude des votes et des convictions peut faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre. On a donc là deux mots clés : d’un côté le ballottement, le mouvement double qui évoque par exemple un fil à plomb qui n’est pas encore stabilisé et qui s’épuise dans son mouvement hypnotique et pendulaire : mouvement répété, régulier, qui vous fait aller d’un côté puis de l’autre. Et ces figures et ces mouvements sont évidemment présents dans les échos du mot ballottage.

C’est donc comme si on était soumis à un aller –retour, un balancement. Le voici notre deuxième mot-clé : on pense aussitôt à une balançoire, qui va en avant, puis en arrière, et encore, et de nouveau, jusqu’à ce que son élan se perde si une petite poussée de la part de celui qui en profite ne l’a pas mollement entretenu : balançoire, balancelle… l’image de ce bercement tendrement régulier et qui diminuera lentement accompagne encore ce mot de ballotage.

Et bien entendu, toutes ces associations d’idée sont présentes dans le sens du mot, qui les porte.

Alors c’en est bien l’étymologie ? Et bien non ! Pas du tout ! Son origine réelle est à chercher ailleurs ! Le mot est de la famille de la balle, celle avec laquelle on joue : une sphère plus ou moins élastique qu’on s’envoie et qu’on se renvoie. Encore un jeu d’aller-retour : on voit bien que ce genre de mot s’y prête : les significations son forcément un peu contagieuses, et certaines sonorités finissent par être liées à certaines réalités ou significations. Et dans de nombreuses traditions politiques, on a voté avec de petites balles, des ballottes, qui font office de bulletin : des symboles qui indiquent la préférence de l’électeur, souvent d’après sa couleur : balles blanches ou balles noires. Le symbolisme est facile à décrypter, et il ne se préoccupe nullement d’écriture et de lecture : on vote, qu’on sache lire ou non, que la langue qu’on pratique puisse s’écrire ou pas. Le ballottage est donc le vote qui se pratique à l’aide de  ces boules… et le sens s’est recroquevillé pour ne plus désigner qu’un scrutin qui n’aboutit pas au premier tour. Et bien sûr c’est dans ce glissement de sens que viennent s’infiltrer toutes les images et les significations qu’on mentionnait au début.

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