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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Comme promis, le mot de l’actualité se fait encore aujourd’hui depuis Brazzaville où s’est terminé samedi dernier la troisième édition du Festival International du livre et des Arts francophones. RFI et le festival proposaient donc un jeu : écrire une chronique à la manière du mot de l’actualité qui mette en valeur des mots ou expressions particulières au Congo, des congolismes. Beaucoup de réponses, et j’ai appris beaucoup de choses.

Notamment ce qu’est un Awayen. Un mot qui est un congolisme, mais peut-être plus encore un terme du jargon de l’école Militaire Général Leclerc. Eddy Yaya nous l’apprend : un awayen est un garçon intelligent, avec une intelligence adaptée à l’école. Et awayer signifie travailler pour réussir ses études. Tout simplement parce que, paraît-il, les élèves de cette école qui désirent travailler au calme se retirent dans un endroit isolé pour lire et étudier. Un endroit isolé, qu’on ne tarde pas à appeler Hawaï nous dit Eddy Yaya.

Et j’ai appris bien autre chose, par exemple le mot insalamable, grâce à Koussou Pouvoir Prévue. Je le cite : ce mot a été tiré du mot kitouba sala qui signifie faire. En y ajoutant le préfixe in- et le suffixe –able, on obtient insalamable. Ce qui veut dire infaisable, irréalisable. Acheter cet appartement ? Il est beaucoup trop cher ! Totalement insalamable.

Autre mot courant qui dérive d’un terme kitouba, le boukoutage. Au départ un mot qui veut dire broyer, mastiquer, croquer. De fil en aiguille, le boukoutage devient le détournement de fonds, la malversation ; le boukouteur est celui qui la pratique, et boukouter veut dire s’approprier de l’argent destiné à un usage public. Et c’est Bonaventure Pembé qui m’a appris ça.

D’autres congolismes sont des usages particuliers de mots qui existent en français : damer par exemple signifie bourrer, comprimer en poussant. Dérive de sens assez inattendue : damer, nous apprend Pierdry Ngondo Matondo, signifie manger, prendre un repas copieux. Et il ajoute : « Le damage est prêt » c’est-à-dire paraît-il « le repas est servi ! »

Enfin on peut terminer avec une information qui nous vient de Grâce Bezele, et qui nous parle de la charmante bagatelle somme : on en parle à propos d’un montant important : ça m’a coûté la bagatelle somme de 20 000 francs. C’est de l’ironie bien sûr : on fait semblant de penser que c’est peu de chose alors que c’est un coût énorme. L’expression n’existe pas en français du moins sous cette forme, mais on retrouve le même mouvement quand on dit la coquette somme de 20 000 francs, ce qui est une tournure tout à fait courante en français standard.

Et bien merci encore et encore bravo à tous ceux qui ont participé au jeu, et en particulier à Grâce Bezele, Piédry Ngondo Matondo, Bonaventure Pembé, Koussou Pouvoir Prévue et Eddy Yaya !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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