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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Un arbitre ou une arbitre ? Peu importe, on peut dire les deux. LE mot fait partie de ceux qu’on appelle épicène, qui n’ont pas de forme particulière pour différencier le masculin du féminin. Et c’est le cas des termes qui se terminent par en « e » muet. Seul l’article change pour montrer à quel genre appartient cet(te) arbitre ! Et si l’on en parle, c’est que ce métier est encore très réservé aux hommes : pour la première fois, une femme va arbitrer un match de football de Ligue 1. Il était grand temps ! Et de quoi s’agit-il exactement ?

Arbitre en français a d’abord eu un sens juridique : c’est le témoin qui s’assure qu’une décision de justice est bien respectée et appliquée. C’est en continuité de ce sens que l’emploi sportif se comprend : au début du 19e, le mot s’emploie pour désigner la personne qui est chargée de vérifier que tout se passe conformément aux règles, mais la responsabilité de l’arbitre s’étend : il va continuer à vérifier que les règles sont respectées, mais il comptera aussi les points, assurera la bonne marche de la partie. Et surtout, c’est lui qui décide, quand il y a contestation ou hésitation, si le point est bon ou mauvais, s’il y a faute ou pas et une fois qu’il a décidé, les jeux sont faits : comme on le sait, les décisions de l’arbitre sont irrévocables… même s’il se trompe ! C’est donc un grand pouvoir qui lui incombe, ce qui explique parfois des emplois un peu dérivés du mot : un arbitre des élégances est celui qui peut servir de modèle : il ne fait pas pencher la balance d’un côté ou de l’autre, mais il donne le ton, et peut parfois décider de ce qui est le bon et le mauvais goût.

Des mots de la même famille ont continué leur carrière dans le monde de la loi, avec des significations particulières. Et revoilà notre arbitrage : c’est la décision qui tranche entre deux parties opposées. Le jugement de Salomon par exemple, est un arbitrage. Certains tribunaux en France recourent à la pratique d’un arbitrage, les prud’hommes par exemple : si dans un premier temps, les quatre juges (deux représentant le patronat et deux les salariés) sont opposés deux à deux, on a recours à un départage, c’est-à-dire un arbitrage, effectué par un cinquième juge professionnel.

Un point commun donc à tous ces mots : le fait d’arbitrer est censé représenter la justice, l’impartialité et l’indépendance d’esprit.

C’est pourquoi il est tout à fait étonnant de découvrir, niché dans cette même famille, le mot arbitraire : choix arbitraire, pouvoir arbitraire, qui renvoie à la fois à une idée de caprice et à celle de pouvoir absolu, non limité. La décision arbitraire est celle que rien ne justifie, dictée par le seul bon plaisir de celui qui la prend. Et quand on utilise ce mot, c’est bien sûr de façon négative, pour souligner le caractère totalement injuste de la décision en question.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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