Regarder la Terre sous toutes les coutures
Le logo du symposium « planète vivante ».
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Regarder la Terre sous toutes les coutures

Prague accueille début mai 2016 le symposium « planète vivante », le plus gros événement consacré à l’observation de la Terre. Plus de 3300 personnes sont réunies à l’initiative de l’Agence spatiale européenne pour discuter de la politique européenne en la matière et présenter les derniers résultats sur l’environnement et le climat obtenus par les satellites.
Por Simon Rozé -

Le Centre des congrès de la capitale tchèque bruisse de monde : partout des scientifiques, des doctorants et des institutionnels venus de l’Europe entière discutent dans ce qui est devenu l’un des événements phares en matière d’observation de la Terre.

Avec deux fois plus de participants que la dernière édition en 2013, c’est surtout l’occasion de présenter les derniers résultats des trois missions actuellement en cours dans le cadre du programme Earth Observers de l’Agence spatiale européenne (ESA). CryoSat, SMOS et Swarm ont livré de nouvelles informations permettant de mieux comprendre comment fonctionnent la cryosphère (les glaces des pôles), mais aussi l’humidité des sols, la salinité des océans ou encore le champ magnétique terrestre, et comment tout cela s’articule avec le changement climatique.

Pour mieux comprendre ces phénomènes complexes et intriqués, l’observation de la Terre depuis l’espace est l’un des outils les mieux adaptés : sur les 50 variables climatiques essentielles recensées par le GIEC, 26 ne sont observables que depuis l’espace. « L’espace peut apporter des réponses à des problèmes globaux », a insisté Jan Woerner, le directeur général de l’ESA lors de son discours d’ouverture. « Mais plus encore, il y a cet autre aspect : la curiosité, qui est l’un des moteurs les plus puissants pour l’humanité », a-t-il enchaîné, donnant ainsi le coup d’envoi aux 175 présentations et conférences qui vont avoir lieu à Prague jusqu’au 13 mai 2016.

L’observation environnementale

Un coup de projecteur est également donné au programme Copernicus de la Commission européenne et aux satellites Sentinel, qui en assurent le volet spatial. Quatre ont déjà été mis en orbite par l’ESA, et fournissent autant de données sur les terres cultivées, les océans, les glaces ou encore l’atmosphère terrestre. Le tout gratuitement, a tous les citoyens du monde : ce sont ainsi plus de 5 petabytes de données qui ont été téléchargées depuis la mise en place du service.

Ces données sont notamment très utilisées dans le domaine de l’agriculture pour gérer au mieux les récoltes, économiser les ressources et anticiper la production, pour éviter une volatilité trop grande des prix sur les marchés.

Il y a enfin les projets dérivés de l’observation de la Terre, ceux auxquels on n’aurait pas pensé dans un premier temps. Les données des satellites Spot ou Sentinel servent en effet à des chercheurs qui les utilisent pour de la « télé-épidémiologie ». Ils s’efforcent de comprendre et surtout de modéliser les facteurs environnementaux qui peuvent favoriser des vecteurs de maladies contagieuses.

La fièvre de la vallée du Rift au Sénégal a, par exemple, été longuement étudiée, et aujourd’hui on peut grâce aux satellites d’observation découvrir les endroits favorables aux moustiques vecteurs du virus, ce qui permet ensuite de prévoir comment ces zones vont évoluer et adapter la réponse sanitaire en fonction.

Voir le programme complet du symposium

Publicado el 30/05/2016 - Modificado el 30/05/2016

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