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Des capteurs situés sur les pattes permettent aux araignées de détecter les vibrations.
Des capteurs situés sur les pattes permettent aux araignées de détecter les vibrations.
Pawel Wewiorski / Getty
Des chercheurs américains ont mis au point des capteurs électroniques inspirés des poils d’araignées pour les intégrer dans des fuselages d'avions, sur des voitures et des drones autonomes. Objectif ? Mieux détecter et éviter instantanément les obstacles.

2'13" - Première diffusion le 08/06/2019

Plein et partout ! Les araignées sont entièrement recouvertes de poils. Ce qui n’a pas l’air vraiment de les déranger. Cependant, le mot « poils » est plutôt inapproprié en ce qui les concerne et il serait préférable d’employer le terme de « soie » pour désigner ce formidable réseau de capteurs sensitifs qui tapisse leur corps. Les araignées qui sont par nature un peu miro sur les bords compensent ainsi leur faible champ de vision pour ressentir tout ce qui se passe dans leur environnement immédiat.

Rien n’échappe à la vigilance de leurs mécanorécepteurs biologiques, certaines soies comme les « trichobothries » sont si sensibles que la bestiole perçoit les vibrations de l’air que provoquent les battements d’ailes d’une mouche. Les biens nommés chimiorécepteurs leur servent à détecter les odeurs, comme celle d’une autre araignée ou d’une proie. Les scopula, en revanche, qui sont très spécialisées, leur donnent le pouvoir de marcher sur des surfaces lisses ou de déambuler au plafond, sans même y penser.

À la recherche des secrets des organes sensoriels

Depuis longtemps, les bio-roboticiens de la planète font les yeux doux aux arachnides pour qu’elles délivrent enfin les secrets de ces organes sensoriels qui ont la particularité de réagir automatiquement aux moindres stimuli sans que leur cerveau n’ait besoin de décrypter les informations. « Les technologies des capteurs environnementaux qui équipent actuellement nos robots, nos drones et nos véhicules autonomes demandent d'énormes puissances de calcul pour traitées correctement et rapidement les données reçues », se lamentaient les chercheurs de l'université Purdue aux États-Unis.

C’est la raison pour laquelle, ils ont créé de nouveaux types de senseurs entièrement inspirés par les soies des araignées. « Il n'y a pas de distinction entre matériel et logiciel dans la nature ; tout est interconnecté », argumentent les scientifiques. « Nos mécanorécepteurs artificiels font de même, ils fonctionnent avec apport minime d’énergie et sont conçus à la fois pour collecter, filtrer et interpréter des données complexes issues de l’environnement ».

Des « Spider Sensor », en quelque sorte, que tous les supers héros « homme-araignée » pourront bientôt apprécier, puisque les scientifiques comptent maintenant les intégrer dans les fuselages et les ailes d'avions, dans les voitures et les drones autonomes. Ces systèmes de détection améliorées permettront, par exemple, aux drones de naviguer dans des environnements dangereux en rasant pile-poil les obstacles et à de futures voitures, aux carrosseries velues, de prévenir les accidents en ratiboisant automatiquement toutes nos erreurs de pilotage.

Publicado el 21/06/2019 - Modificado el 21/06/2019 - Por autor

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