Un soldat du Front patriotique rwandais inspecte le site sur lequel s'est crashé l'avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, quelques jours plus tôt. Le 26 mai 1994.
Un soldat du Front patriotique rwandais inspecte le site sur lequel s'est crashé l'avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, quelques jours plus tôt. Le 26 mai 1994.
Scott Peterson/Liaison/Getty
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Attentat contre Habyarimana: en 1994 la DGSE contredisait la version de l'Élysée

Une nouvelle pièce a été rendue publique le 6 février 2019 par le site d'information Mediapart et Radio France, qui vient ajouter un nouvel élément à 'histoire du génocide rwandais de 1994. Une note des services de renseignements français de septembre 1994 montre qu'à Paris, plusieurs thèses existaient sur 'identité des responsables de l'attentat considéré comme le déclencheur des massacres. L'une d'elles évoquait clairement l'implication des extrémistes hutus, contre l'avis de beaucoup à l'Élysée.
Por RFI -

Une note « confidentiel défense » rédigée par la DGSE, les renseignements français, et datée du 22 septembre 1994 vient d'être rendue publique.

Selon le site d'information en ligne Mediapart et Radio France, cette note désignerait celui qui était alors l'ancien directeur de cabinet du ministère rwandais de la Défense, le colonel Théoneste Bagosora, et l'ancien chef d'état-major, le colonel Laurent Serubuga, comme « les principaux commanditaires » de l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, évènement considéré comme déclencheur du génocide contre les Tutsis. Selon la DGSE, leur motivation aurait été leur mise à la retraite d'office par le chef de l'État rwandais deux ans plus tôt.

À l'époque, cette thèse n'était pas privilégiée à l'Élysée. En avril 1994, les informations qui parviennent au président François Mitterrand vont pour beaucoup dans le même sens. L'attentat contre le Falcon 50 aurait été perpétré par les rebelles tutsis du Front patriotique rwandais (FPR), dirigés par l'actuel président Paul Kagame, désireux de relancer une guerre qu'ils étaient en mesure de gagner.

Dès le 7 avril, le lendemain de l'attentat, un conseiller de l'Élysée et le chef d'état-major l'affirment dans une note. Une thèse répétée les semaines suivantes. Le 29 avril, le chef d'état-major repousse même catégoriquement l'idée que les extrémistes hutus aient tiré et accuse directement, noir sur blanc, le FPR.

Publicado el 04/04/2019 - Modificado el 25/04/2019

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