Le ministre des Affaires étrangères  Hashim Thaçi pourrait être une des personnalités visées par des poursuites judiciaires dans le cadre de ce tribunal spécial.
Le ministre des Affaires étrangères Hashim Thaçi pourrait être une des personnalités visées par des poursuites judiciaires dans le cadre de ce tribunal spécial.
Armend Nimani / AFP
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Kosovo: un tribunal spécial pour crimes de guerre ouvrira à La Haye

Le gouvernent néerlandais a confirmé que le tribunal spécial pour les crimes de guerre commis au Kosovo verrait le jour en 2016, dans les anciens locaux d'Europol à La Haye.
Por RFI -

Avec notre correspondant à Belgrade, Laurent Rouy.

Les Kosovars devront bientôt affronter le plus grand tabou de l'après-guerre de 1999, à savoir les crimes de guerre commis à l'époque par l'UCK, la guérilla albanophone. Un tribunal spécial pour les crimes de guerre du Kosovo devrait ouvrir ses portes cette année, avec plus d'un an de retard, et au grand dam de la classe politique.

Il aura fallu d'intenses pressions de la communauté internationale pour convaincre les députés de voter la loi de création de cette cour spéciale. Elle officiera hors du Kosovo pour protéger les juges des pressions qu'ils pourraient subir. Le gouvernement avait tout fait pour retarder le vote, qui avait finalement eu lieu l'été 2015.

Depuis la fin de la guerre, le pouvoir au Kosovo est exercé par d'anciens chefs de guerre reconvertis à la politique. Le discours officiel a toujours présenté les Albanais comme des victimes et l'UCK comme d'héroïques libérateurs. Mais en 2010, un rapport du conseil de l'Europe évoque un possible trafic d'organes dirigé par des chefs de la guérilla.

La question des crimes de guerre entre alors dans le débat public. Il aura fallu plus de cinq ans pour transformer ces soupçons en une réalité judiciaire, qui pourrait même viser des ministres actuellement au pouvoir.

Juridiquement le Kosovo comme Etat admet que tout citoyen, y compris son Premier ministre, peut être touché. Après, la réalité de ce que cela fera, c’est autre chose.

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 Joseph Krulic, historien et juriste, spécialiste de l'ex-Yougoslavie (01'16")

Publicado el 13/02/2018 - Modificado el 15/02/2018

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