Audio

L'Iran abandonne ses anciens contrats pétroliers

L'Iran abandonne ses anciens contrats pétroliers
Plateforme pétrolière iranienne de Soroush, dans le golfe Persique.
Raheb Homavandi/Reuters
L'Iran se prépare à la levée des sanctions occidentales par une réforme de ses contrats pétroliers ; ils seront plus avantageux pour les compagnies étrangères.

Première diffusion le 11/02/2014

C'est la révolution dans les contrats pétroliers iraniens. Le gouvernement d'Hassan Rohani, pressé de voir revenir les compagnies pétrolières occidentales, a décidé d'abandonner le système des contrats de contre-achat, dits « buyback », qui prévalait depuis vingt ans, mais qui déplaisait aux majors. Ce contrat n'avait cours qu'en Iran, il avait permis d'entre-ouvrir à nouveau les réserves pétrolières aux investisseurs étrangers dans les années 1990, après dix ans de fermeture totale du secteur et la ruineuse guerre contre l'Irak.

Pour ne pas déroger à la Constitution qui veut qu'en Iran, réserves et production de pétrole sont exclusivement aux mains des Iraniens, ce contrat prévoyait - explique Pierre Terzian, expert du secteur et auteur d'une thèse sur les contrats pétroliers - que la compagnie étrangère explorait et développait le champ pétrolier mais devait l'abandonner à la compagnie nationale iranienne (la NIOC), dès que le brut commençait à couler, en échange d'une rémunération fixée à l'avance. Par conséquent, si la compagnie étrangère dépensait plus que prévu, elle était perdante ; si les prix du brut augmentaient, elle n'en profitait pas puisqu'elle ne vendait pas elle-même le pétrole. Ce système n'encourageait pas les majors occidentales à produire plus qu'anticipé. Au bout du compte l'Iran était également perdant : ses gisements n'étaient pas développés au maximum de leur capacité.

Ces contrats « buyback » étaient encore moins avantageux pour les majors que les contrats de service en vigueur en Irak ou au Venezuela : dans un contrat de service, au moins, la compagnie étrangère reçoit une rémunération proportionnelle au nombre de barils vendus. Le contrat idéal aux yeux des majors, c'est le contrat de partage de production, en vigueur du Nigeria et au Kurdistan irakien : le pays hôte et la compagnie étrangère se répartissent le brut et le commercialisent chacun pour leur compte. Sans aller jusque-là, la réforme iranienne des contrats pétroliers, qui sera dévoilée en mai ou en juin, devrait apporter plus d'incitations aux investisseurs occidentaux. Au ministère iranien du pétrole, on estime déjà que « l'Iran sera bientôt un paradis pour les compagnies américaines » !

Publicado el 29/01/2016 - Modificado el 29/01/2016 - Por autor

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias