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L'Arabie saoudite réévalue à la hausse ses réserves d'hydrocarbures

Raffinerie du champ pétrolifère de la Shaybah, l'un des champs de pétrole les plus récents d'Arabie Saoudite.
Raffinerie du champ pétrolifère de la Shaybah, l'un des champs de pétrole les plus récents d'Arabie Saoudite.
George Steinmetz / DG / Getty
Quelles sont les réserves de pétrole du premier exportateur au monde, l'Arabie saoudite ? Le ministre de pétrole vient de donner une nouvelle évaluation réalisée par un cabinet d'audit indépendant. Et elle est en légère hausse par rapport à une précédente annonce l'an dernier. Des chiffres qui s'accumulent depuis quelques mois, après des années d'opacité.

1'55" - Première diffusion le 11/01/2019

C'est la deuxième fois en huit mois que l'Arabie saoudite réévalue ses réserves d'hydrocarbures. Une transparence inédite. Depuis trente ans, les autorités donnaient invariablement le même chiffre, 261 milliards de barils, comme si elles ne pompaient pas dans les gisements ! Cette opacité avait poussé un banquier d'affaires américain à tirer la sonnette d'alarme en 2005. Il évoquait dans son livre Le crépuscule du désert, l'épuisement très proche des réserves saoudiennes. Ce qui avait au passage contribué à faire flamber les prix du baril.

Cabinets d'audit les plus réputés

Cette fois l'Arabie saoudite a eu recours à deux cabinets d'audit, les plus réputés au monde : Gaffney, Cline et DeGolyer & Mac Naughton. Après avoir sondé 54 puits correspondant à 80% de la production du pays, le second cabinet aboutit à 268 milliards de barils de réserves prouvées - celles qui sont commercialisables avec les techniques accessibles aujourd'hui, y compris la récupération assistée qui permet de mieux exploiter le même gisement. Cela correspond à près de 75 ans de production au rythme actuel. Et c'est 1% de plus que ce qui avait été précédemment annoncé par les autorités saoudiennes comme issu de ces mêmes audits, en avril dernier.

Privatisation de nouveau en selle ?

Pas de véritable surprise, donc. « Ces révisions sont d'une ampleur très faible, reconnaît Francis Perrin, chercheur associé au Policy Center for the New South à Rabat et directeur de recherche à l'IRIS à Paris. On est dans l'épaisseur du trait, l'important c'est que l'on soit à plus de 260 milliards de barils et pas à 150 ou à 400... ». « Pourquoi publier une nouvelle évaluation après une première issue de ces mêmes audits en avril dernier, s'interroge tout de même un autre expert, Philippe Sébille Lopez, si ce n'est pour faire de la communication. Le projet de privatisation partielle de Saudi Aramco oblige désormais les autorités saoudiennes à publier des chiffres. »

Attirer les investisseurs

L'introduction en bourse de la compagnie nationale avait été rangée dans les placards à Riyad quand les cours du brut s'étaient redressés. Elle est probablement de nouveau d'actualité depuis que les prix ont rechuté fin 2018. L'Arabie saoudite veut convaincre qu'elle a les meilleures réserves au monde et les plus rentables. Elle réévalue également ses réserves de gaz, qui passent de 8 710 milliards à 9 206 milliards de m3, une augmentation de 5,6%. « Pour attirer les investisseurs, souligne Colette Lewiner, conseillère énergie chez Capgemini, il faut un dossier étayé de manière différente aujourd'hui qu'il y a quelques mois », avant l'affaire Khashoggi.

Publicado el 27/02/2019 - Modificado el 27/02/2019 - Por autor

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