#Francés general

BON A SAVOIR. "D'ailleurs" et "par ailleurs"

Les deux locutions posent souvent problème aux étrangers mais aussi parfois aux Français quand elles sont employées au sens figuré. Si un consensus semble se faire sur « par ailleurs », « d’ailleurs » soulève apparemment encore quelques controverses. L’Académie française et Le Bon usage (Grevisse) nous apportent deux éclairages différents sur cette épineuse question. Mais visiblement, il existe un flottement dans l’usage à cause de l’évolution terminologique de ces expressions… N’hésitez pas à laisser vos propres exemples en commentaire !

L'avis (trop ?) tranché de l'Académie française

Extrait de Dire, ne pas dire http://www.academie-francaise.fr/dailleurs-par-ailleurs

Ces deux expressions ne doivent pas être confondues. 

Par ailleurs signifie d’abord « par un autre chemin » : Je suis allé à sa rencontre et ne l’ai pas vu ; il a dû passer par ailleurs. Il s’emploie au figuré avec le sens de « d’un autre côté, par un autre moyen ».

D’ailleurs, au sens propre, signifie « d’un autre endroit, d’autres endroits » : Il en est venu de toute la région, et même d’ailleurs. Au figuré, cette locution a le sens de « du reste, au reste » et s’emploie alors le plus souvent avec une valeur concessive

Exemples : 

On dit

Il voit peu son frère, qui d’ailleurs ne s’en plaint pas

Il était latiniste et par ailleurs féru de chimie

On ne dit pas

Il voit peu son frère, qui par ailleurs ne s’en plaint pas

Il était latiniste et d’ailleurs féru de chimie

                                                                                ***

L’avis plus nuancé du Grevisse – l’évolution dans l’usage et les 

Par ailleurs :

a.Selon le dictionnaire du Littré : n'a que le sens local « par une autre voie »

b. MAIS : Par extension dans l’emploi moderne : employé au sens figuré pour dire « d’un autre côté ».

Ex. : Des scènes de sang qui lui rendaient pénible à lire le récit, par ailleurs si beau, de la Révolution Française (Maurois, Ariel, II, 7). 

D’ailleurs :

1. Sens local, "d'un autre endroit".

2 . Sens figuré : « d’autre part », « d’un autre côté »

Ex. : Elle n’était plus que fort médiocrement éprise du comte, homme d’ailleurs si estimable (Stendhal, Chartr., vi).

                                                                                       ***

ATTENTION : Le Grevisse insiste sur la définition ambigüe donnée par l’Académie française qui ne retient que le sens concessif de « du reste ». Il manifeste ses doutes, notamment sur les exemples donnés en 2001 (modifiés en ligne depuis, visiblement !) qui ne mettent pas toujours très bien en évidence la valeur concessive : 

Ex. de l’Académie française : Je vous apporterai d’ailleurs la preuve de ce que j’affirme. 

Selon le Grevisse, dans l’usage moderne,  d’ailleurs marque alors une confirmation et non une contradiction : Je connais bien cet homme, il est d’ailleurs mon parent (Gougenheim, Dict. fondamental de la langue fr.). Il correspond plus ou moins à « de plus ».

Et le Grevisse de conclure : D’ailleurs ayant évolué de cette façon (soit pour exprimer la confirmation), par ailleurs a pris sa place (soit pour exprimer la concession).

Un site (très intéressant et très clair) d'un étudiant à l'école Sciences-Po Paris, donnant quelques astuces pour ne pas se tromper : http://www.lalanguefrancaise.com/dailleurs-par-ailleurs 

1
Promedio: 1 (1 voto)

Publicado el 01/02/2016 - Modificado el 01/02/2016

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias