Cinq choses que vous ignorez probablement sur le poisson d'avril
Un enfant s'apprête à accrocher un poisson pour les traditionnelles farces du 1er avril.
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Cinq choses que vous ignorez probablement sur le poisson d'avril

Tradition séculaire, le 1er avril est le jour des canulars en tout genre. Origines, anecdotes... voici cinq choses à savoir sur une coutume universelle.
Por François-Damien Bourgery -

Un poisson vieux de cinq siècles

La question des origines est sujette à controverse. L’hypothèse la plus courante remonte au XVIe siècle. À cette époque, la date du Nouvel An varie selon les pays. Dans certaines provinces françaises, il est célébré le 25 mars, jour de l’Annonciation, mais les festivités peuvent durer jusqu’au 1er avril. En 1564, le roi Charles IX décrète par l’Edit du Roussillon que la nouvelle année débutera désormais le 1er janvier. Cette date sera instituée 18 ans plus tard dans toute la chrétienté avec l’instauration du calendrier grégorien.

Certains ont du mal à s’adapter et continuent à se souhaiter la bonne année le 1er avril en s’échangeant des présents. De la nourriture principalement, et en particulier – Carême oblige – du poisson. Pour se moquer d’eux, les plaisantins leur offrent de faux poissons. Ainsi naît la tradition du poisson d’avril, du moins selon la légende la plus en vogue.

Un poisson universel

La coutume existe dans de nombreux pays : au Royaume-Uni, où elle est appelée April Fools’ Day, littéralement « le jour des fous » ; au Mexique, où elle consiste à subtiliser un objet à un proche ; en Allemagne ; en Russie ; aux Etats-Unis ; au Japon.

C’est aussi le cas en Pologne où l’on ne plaisante pas avec le 1er avril. Ce jour-là, toutes les activités sérieuses sont bannies. Cette tradition est tellement ancrée dans les mœurs que l’alliance signée le 1er avril 1683 entre le roi Jean Sobieski et l’empereur Léopold Ier contre les Turcs sera antidatée au 31 mars. Histoire qu’on ne croit pas à une blague.

Au XIXe, un poisson pour mener ses lecteurs en bateau

Le quotidien britannique The Guardian raconte que les premiers journaux à s’emparer de la tradition du 1er avril sont essentiellement américains. En 1835, 134 ans avant le premier pas de Neil Armstrong, le New York Sun publie ainsi tout un dossier sur la vie sur la Lune, qui reprend, prétend-il, un travail de l’Edinburgh Journal of Science. Le Boston Post n’est pas en reste et signale la découverte dans la ville d’une caverne pleine d’or et de bijoux. Ses lecteurs tombent dans le panneau. Des centaines d’entre eux se précipitent pour arpenter les rues à la recherche du précieux trésor.

Nombreux sont les médias qui, depuis, surfent sur la vague. En 1957, la BBC diffuse un reportage de trois minutes sur la culture de l’arbre à spaghetti en Italie. En 1977, le Guardian propose à ses lecteurs un supplément voyage de sept pages sur San Serriffe, une île inventée. En 2008, le site d’informations Rue89 annonce une mission de sauvegarde du point-virgule lancée par Nicolas Sarkozy, avec la complicité du linguiste Alain Rey et du député Benoist Apparu.

En Jordanie, le poisson tourne au vinaigre

Les poissons d’avril sont rares dans la presse jordanienne. Alors quand un journal s’y essaye, cela fait parfois un flop. En avril 2010, un quotidien jordanien provoque la panique générale en annonçant en première page l’atterrissage d’un vaisseau extraterrestre près de Jafr, à 300 kilomètres de la capitale Amman. Il affirme que la ville a été survolée par une soucoupe volante transportant des aliens hauts de 3 mètres. Le maire de Jafr envoie alors la police traquer les visiteurs et songe même à faire évacuer ses 13 000 concitoyens.

Le rédacteur en chef du quotidien présentera ses excuses, en jugeant que l’affaire « a pris une importance hors de toute proportion ». « Nous voulions distraire les gens, pas leur faire peur », dira-t-il.

« April Fool », un gros poisson en eaux troubles

« April Fool » est aussi le nom de code d’un agent double américain qui aurait joué un rôle dans la chute de Saddam Hussein en vendant à l’Irak de faux documents sur l’invasion américaine. Il aurait convaincu les militaires irakiens à positionner leurs forces à l’ouest du pays pour prévenir une invasion depuis la Jordanie, ouvrant ainsi la voie vers Bagdad à l’armée américaine dont la principale offensive fut menée depuis le sud-est le 20 mars 2003.

 

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Publicado el 01/04/2019 - Modificado el 02/04/2019

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