#El francés en la actualidad

Admettre

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La Nouvelle IRA – c’est le nom de l’organisation qui milite pour une indépendance de l’Irlande du Nord et une unification avec la République irlandaise du sud – admet sa responsabilité dans la mort de la journaliste Lyra McKee. Et les mots employés, même dans la traduction française puisque le texte d’origine est en anglais, sont importants : il est question d’admettre quelque chose, pas de le revendiquer. Ce qui se confirme par la suite du communiqué : L’organisation présente de sincères et entières excuses aux proches de la victime. On voit donc bien que cette mort violente est déplorée, regrettée.

Pas question de revendication donc. On emploie ce mot, notamment dans les organisations terroristes, lorsqu’on reconnaît une responsabilité dans une action violente, et qu’on l’assume. C’est-à-dire qu’on déclare que cette action a été délibérée : on voulait la faire, on l’a faite exprès. Et on la signe pour que tout le monde sache qu’on en est responsable, et que donc on a réussi ce projet. La revendication est donc comme une signature a posteriori, qui endosse, et souvent assez fièrement, une responsabilité.

Admettre, c’est bien autre chose : c’est reconnaître, mais souvent du bout des lèvres. Reconnaître presque contre son gré : bien obligé ! C’est par exemple le mot employé lorsqu’on un homme politique déclare qu’il a perdu une élection : il admet son échec, il ne le met pas en doute, il ne le conteste pas, il s’incline devant les résultats.

Dans la plupart des cas le verbe s’emploie lorsqu’on se sent responsable de quelque chose : on admet sa culpabilité, sa faute. Ou alors on admet qu’on a perdu une partie. En tous les cas il s’agit de ne pas nier une réalité négative, souvent humiliante.

C’est pourquoi il est étonnant de voir les autres emplois de ce même mot. Par exemple dans un contexte scolaire. D’une année sur l’autre on peut être admis dans la classe supérieure. Ce qui veut dire simplement qu’on ne redouble pas. Mais on est accepté. Comme si c’était un effet de l’extrême bonté du Conseil de classe, qui, dans sa grande magnanimité, a fermé les yeux sur votre inconduite, vos résultats médiocres, votre paresse et votre mauvais esprit, et a malgré tout bien voulu de vous au niveau suivant. Extrême condescendance dans la formule ; extrême sentiment de supériorité qui se manifeste dans le choix de ce mot, incroyablement provocant. Il y a d’ailleurs des degrés, exprimés par des mots particuliers : dans un concours par exemple, avant d’être admis, on est le plus souvent admissible. C’est-à-dire qu’on a passé avec succès un premier groupe d’épreuves, et qu’on est autorisé à en passer un deuxième.

En revanche l’adjectif inadmissible a un tout autre écho, assez violent : il signifie intolérable, et en général ne souffre pas de réplique.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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