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Journal en français facile 28/04/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Charlotte Lalanne : Vous écoutez RFI il est 22 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile, en compagnie de Namouri Dosso, bonsoir Namouri.

Namouri Dosso : Bonsoir Charlotte, bonsoir à tous.

CL : À la une de l’actualité ce soir : pas de majorité en vue en Espagne, mais le parti socialiste est donné vainqueur selon les premiers résultats des élections législatives. Autre information clef de scrutin : la percée historique de l’extrême droite, le parti Vox obtiendrait 9 % des voix.

ND : Des législatives au Bénin également, pas encore de tendances. Une chose est sûre : peu d’électeurs se sont rendus aux urnes. Il faut dire que l’opposition avait été privée de candidat.

CL : À la une également, l’Iran qui défie les États-Unis. L’armée iranienne a survolé un porte-avions américain dans le golfe persique.

ND : Et puis comme chaque dimanche l’expression de la semaine avec Yvan Amar. Ce soir : « Embrasser une cause ».

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ND : Quel gouvernement pour l’Espagne demain ? 

CL : Difficile à dire ce soir, à l’issue des élections législatives. Le Premier ministre socialiste sortant est donné gagnant, mais sans majorité absolue. Les premiers résultats, encore partiels, créditent le Parti Socialiste de 30 % des voix, suivi du parti populaire de droite, 17 % des suffrages, talonné par l’extrême gauche de Podemos, à 14 %. En quatrième position Ciudadanos, le parti de centre droit. Et puis autre formation regardée de très près : la toute jeune Vox, l’extrême droite qui fait une percée au parlement, puisqu’elle aurait séduit 9 % au moins des électeurs... C’est la première fois depuis 40 ans qu’une formation d’extrême droite va siéger au Parlement. Un triste symbole pour Natalia Casayus, élue municipale de Ganados, un parti de gauche à Madrid.

« Vox comme parti est vraiment une nouveauté dans la politique espagnole, parce qu’après notre histoire de fascisme, avec la dictature de Franco, l’extrême droite et les idées fascistes sont très mal vues. Mais en fait les gens qui avaient ce type de tendances étaient bien intégrés dans le Partido Popular, c’est-à-dire le parti conservateur qui a gouverné en Espagne pendant pas mal d’années. Cette fois-ci, avec surtout le phénomène de la corruption très très grave du Partido Popular, mais aussi par exemple ce qui s’est passé en Catalogne… C’est surtout ces trois choses, je pense, qui ont déclenché le phénomène Vox : la corruption, la Catalogne et le féminisme, parce qu’aussi ils parlent toujours contre le féminisme. »

CL : Propos recueillis par Béatrice Leveillé. À noter que l’élection a fortement mobilisé : plus de 61 % des électeurs se sont déplacés. C’est 10 % de plus qu’aux dernières élections législatives, en 2016.

ND : On votait également au Bénin aujourd’hui pour renouveler les députés.

CL : Et côté abstention, c’est tout le contraire de l’Espagne. Elle est massive, signe du boycott des partisans de l’opposition... opposition privée de candidats à la suite d’une révision de la loi électorale. Le pays est dans une bulle depuis ce matin puisqu’internet a été coupé. De nombreux observateurs dénoncent d’ailleurs la tournure autoritaire que prend la présidence de Patrice Talon.

ND : Il dit avoir été inspiré par l’attaque contre la synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie aux États-Unis.

CL : Un homme de 19 ans a ouvert le feu hier sur une autre synagogue, près de San Diego, au sud de la Californie, toujours aux États-Unis. Le suspect se revendique comme antisémite et islamophobe. Il a tué une femme et blessé trois autres personnes, au dernier jour des festivités de la Pâque juive.

ND : Cette provocation de l’Iran, en pleine crise avec les États-Unis.

CL : L’armée iranienne publie une vidéo prise dans le Golfe Persique, par l’un de ses drones. Ce petit engin volant doté d’une caméra a survolé un porte-avions américain. Une façon de dénoncer, une fois de plus, la présence militaire des États-Unis dans le Golfe. Précisions à Téhéran, de Siavosh Gazi.

La vidéo a été publiée par l’agence Tasnim, considérée comme proche des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite iranienne. Elle montre un drone décoller d’un aéroport militaire et ensuite survoler un porte-avions américain dans le Golfe Persique. Le drone appartient au corps des Gardiens de la révolution, qui vient d’être classée par les États-Unis comme organisation terroriste. L’appareil filme le porte-avions américain de différents angles et les images sont de très haute qualité. On peut distinguer des militaires américains et différents appareils sur le pont du bâtiment. L’agence Tasnim ne précise pas à quelle date la vidéo a été tournée, mais sa publication est indéniablement un geste de défi. L’Iran a en effet riposté en désignant officiellement les forces du commandement central des États-Unis, le Centcom, présentes dans le Golfe persique et dans toute la région, comme une organisation terroriste. De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, qui était cette semaine à New York, avait affirmé que les navires américains qui traversent le détroit d’Ormuz pour entrer dans le Golfe Persique devaient signaler leur passage aux Gardiens de la révolution qui sont chargés d’assurer la sécurité de ce détroit stratégique. En effet, une grande partie du pétrole produit par les pays de la région passe par ce détroit.

CL : Le pétrole iranien, sous embargo américain, même punition pour l’or noir vénézuélien depuis quelques heures.

ND : Les sanctions américaines viennent d’entrer en vigueur.

CL : Toute entreprise américaine a l’interdiction d’acheter du pétrole au Venezuela. Objectif : étouffer l’économie du pays, pour pousser Nicolas Madouro à la démission. Mais cela n’entame pas la confiance des partisans de Nicolas Maduro, le président vénézuélien. Ils se sont rassemblés samedi à Caracas pour célébrer la sortie de leur pays de l’Organisation des États américains. Reportage à Caracas signé Benjamin Delille.

Sur l’avenue Mexico, la salsa est si forte qu’aucun slogan ne se fait entendre. « Rentrez chez vous les Yankees » peut-on lire sur une pancarte brandie par Carlos, tout de rouge vêtu. Pour ce chaviste de 50 ans, l’entrée en vigueur des sanctions ne changera rien : « Cela fait déjà de nombreuses années que l’on combat ce blocus qui était dissimulé et qui aujourd’hui ne l’est plus. Et avec l’échec de la droite vénézuélienne, ils sont désespérés parce qu’ils voient s’éloigner la possibilité de nous voler notre pétrole et nos richesses. » Les chavistes assurent que l’opposition vénézuélienne est financée par Washington et qu’elle ne mobilise plus personne. Luis, un autre manifestant : « Le plus difficile pour les États-Unis, c’est la bataille de la conscience. Ils peuvent détruire notre économie, mais parce que nous sommes un peuple souverain et conscient, nous irons toujours de l’avant. » Même si tous les indicateurs économiques sont au rouge, Gerardo, 42 ans, assure que le Venezuela n’a pas dit son dernier mot : « Nous devons suivre la route de pays comme la Russie, la Chine ou la Turquie et sortir du joug du dollar. Car c’est par le dollar qu’on nous sanctionne, qu’on nous fait mourir de faim pour nous soumettre, mais nous ne nous soumettrons pas. » Reste que le Venezuela doit des milliards de dollars à ses alliés. Et avec la production de pétrole qui s’effondre, le pays n’aura bientôt plus grand-chose à leur offrir pour les rembourser. Benjamin Delille, Caracas, RFI.

CL : Tout de suite l’expression de la semaine, avec Yvan Amar, c’est « Embrasser une cause ».

Banksy, l’artiste plasticien bien connu, embrasse-t-il la cause de la lutte contre le changement climatique ? On peut le penser ! Parce qu’il a réalisé une œuvre au centre de Londres qui appelle au combat et à la mobilisation pour cette lutte. Enfin on pense que l’œuvre est de lui, mais elle n’est pas signée, c’est vrai. Que veut dire qu’il embrasse cette cause ? Est-ce que ça veut dire qu’il l’épouse ? Non, il ne faut pas exagérer, pas encore, bien qu’on puisse également employer ce verbe à peu près dans le même sens. Épouser une cause, embrasser une cause, c’est se déclarer favorable à cette lutte et participer à ce combat. On s’engage ! Et on comprend très bien comment ce sens figuré a pu se construire : embrasser une cause, c’est lui ouvrir les bras, s’y consacrer. L’expression d’un dévouement est visible. De même on peut utiliser ce même mot à propos d’une profession. Pas n’importe laquelle : c’est un métier qui demande à la fois du savoir-faire et des connaissances. Mais il y a autre chose dans cette expression : elle indique qu’on commence quelque chose. Si vous êtes déjà avocat depuis vingt ans, vous n’embrassez pas cette profession - enfin vous l’embrassez déjà d’une certaine façon. Mais si vous faites des études de droit, là, vous pouvez dire « Ah ! Je vais embrasser cette carrière. » Et c’est plus sérieux que si vous caressez simplement le rêve de devenir avocat. On peut caresser un rêve, mais on est beaucoup plus dans un désir vague, même si ce n’est pas désagréable. Et puis de façon bien plus concrète et pour en terminer avec ce verbe « embrasser », on peut embrasser un poteau. Et là il ne s’agit pas de lui faire la bise. C’est simplement qu’on lisait son journal, qu’on était distrait et bing, on est rentré dedans : « eh, j’ai embrassé le poteau ! »

CL : C’est la fin de ce Journal en français facile, merci à vous Namouri Dosso.

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