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Journal en français facile 24/03/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Adrien Delgrange : Bonsoir à tous, soyez les bienvenus à l'écoute de RFI, il est 20h à Bamako, 21h à Paris. Place au Journal en français facile avec Zéphyrin Kouadio pour vous le présenter ce soir. Bonsoir Zéphyrin.

ZK : Bonsoir Adrien, bonsoir à tous.

AD : À la une de cette édition. Nous irons en Thaïlande dès le début du journal où se joue l’élection des députés thaïlandais. Au Mali au lendemain du massacre de 134 Peuls dans le centre du pays. Le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, a décidé d’exclure de l’armée deux généraux. Emmanuel Macron est en ce moment avec le président chinois dans le sud de la France. Le président français dîne avec Xi Jinping avant de passer aux choses sérieuses demain.

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ZK : Élections législatives en Thaïlande aujourd’hui : Junte militaire contre partis pro-démocratie. Le scrutin a pris fin à la mi-journée.

AD : La Commission électorale promet de livrer les premiers chiffres officiels dans les 24 heures. Mais nous savons déjà que le match a été plus serré que prévu et que les responsables du premier parti d’opposition sont inquiets du résultat. Compte-rendu Vincent Souriau à Bangkok.

On ne va pas se prononcer alors que le dépouillement continue. Juste avant minuit, les responsables du Pheu Thai décident d’annuler leur conférence de presse. Il n’y a pas encore de chiffres précis, mais une tendance assez claire, le premier parti d’opposition réalise un score inférieur aux projections. Le Pheu Thai peut-il encore sauver l’élection en s’alliant avec certains de ses rivaux ? Impossible à dire sans un décompte précis, mais un peu plus tôt dans l’après-midi, la cheffe de file du parti, Sudarat Keyuraphan, avait lancé cet avertissement : en aucun cas, il n’y aura de compromission avec Prayuth Chan-O-Cha, le chef de la junte militaire. Nous sommes prêts à travailler avec n’importe quel parti, à une condition : qu’il ne soit lié, de près ou de loin, ni au coup d’État ni à Prayuth. Maigre consolation pour le camp pro-démocratie, la performance du Parti du nouvel avenir. Soutenue par la jeunesse thaïlandaise, cette formation créée l’an dernier se place dans le peloton de tête. Vincent Souriau, Bangkok, RFI.

AD : Une élection cette fois-ci pour élire un président. Au large de la côte est de l’Afrique, les Comores où l’opposition accuse le chef de l’état sortant, Azali Assoumani, de fraudes massives lors du premier tour du scrutin présidentiel qui s’est retenu aujourd’hui. Les douze adversaires d’Azali Assoumani appellent les Comoriens à « résister » à ce qu’ils appellent un « coup d’État » électoral. Les premiers résultats ne sont toujours pas connus à l’heure actuelle.

ZK : Réunion de crise au Mali à la suite des massacres de civils peuls au centre du Mali. 

AD : Le Président malien Ibrahim Boubacar Kéita a présidé le conseil extraordinaire des ministres aujourd’hui et à la fin de la réunion : 2 décisions ! Le limogeage, le licenciement de haut gradé de l’armée et la dissolution d’une milice Dogons, elle n’est plus reconnue par l’état. Serge Daniel nous appelle de Bamako.

C’est le Premier ministre malien qui a pris la parole devant la presse après le Conseil extraordinaire. Il a annoncé la dissolution de l’association Dan Nan Ambassagou, groupe armé dogon basé dans le centre du Mali qui, officiellement, affirme défendre les civils de la communauté. Cependant, pour plusieurs associations, il s’agit d’une milice, véritable bête noire des civils peuls. Plusieurs sources s’interrogent d’ailleurs sur une possible implication de cette milice dans les événements survenus à Ogossagou, près de la ville de Bankass. Dans son intervention, le Premier ministre malien a voulu également lancer un message de clarification de fermeté. « Des milices qui ne déposeront pas les armes seront désarmées », a-t-il affirmé. Le Conseil extraordinaire a également décidé le limogeage du chef d’état-major des armées, de celui de l’armée de Terre et enfin du patron de l’armée de l’Air. « Ce réajustement était nécessaire pour donner un nouveau souffle à nos acquis », a précisé Soumeylou Boubeye Maïga. Selon des témoins, c’est la désolation dans le village d’Ogossagou. Les habitants creusent ce dimanche une fosse commune pour enterrer une quarantaine de civils, qui n’ont pas pu être inhumés la veille, le jour du drame. « Nous n’avons pas le moral, les gens sont tous traumatisés », témoigne par téléphone un élu. Un autre décrit les restes de cases brûlées, les animaux calcinés, les affaires personnelles réduites en cendres, témoignages silencieux de l’horreur.

ZK : Hier, ces images impressionnantes de Londres noire de monde !

AD : Environ 1 million de manifestants étaient réunis pour protester contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Au lendemain de ce rassemblent géant, la presse britannique s’est davantage intéressée à l’avenir de Theresa May.

ZK : À Londres correspondance de Marina Daras.

Ce matin, les journaux s’agitent plutôt sur la position devenue incroyablement fragile de la Première ministre. Les mots « coup d’État » apparaissent dans plusieurs journaux, dont le Sunday Times, le Daily Mail et le Sunday Telegraph. Le Times est le plus complet à ce sujet et rapporte qu’il y a eu hier soir « une série » d’appels téléphoniques privés au cours desquels les ministres auraient convenu que la Première ministre devrait se retirer si le gouvernement voulait faire passer l’accord négocié avec l’UE. Le journal dit qu’il s’est entretenu avec 11 membres du cabinet qui ont décrit Theresa May comme une figure « erratique au jugement détraqué ». Le Sunday Times indique même que Theresa May sera confrontée à une sorte de rébellion lors de la prochaine réunion du cabinet, où au moins six ministres devraient apporter leur soutien au vice-premier ministre actuel, David Lidington, pour reprendre le leadership du pays et mener le Brexit à son terme. Sa démission deviendrait alors la réponse politique au blocage dans les négociations, mais aussi à la fronde populaire qui a manifesté en masse hier dans les rues de Londres. 

ZK : Après l’Italie, Monaco cet après-midi, puis Nice ce soir. Le Président chinois Xi Jinping poursuit sa visite européenne dans une petite ville française.

AD : La visite de 3 jours en France a commence par un dîner privé avec son homologue, Emmanuel Macron, dans une superbe villa de Beaulieu-sur-Mer avec vue sur la mer méditerranée. Connaît-on le menu des discussions ? Anthony Lattier.

Le lieu est idyllique, la villa Kérylos est un hommage à la Grèce antique : une superbe demeure blanche qui s’avance dans la mer Méditerranée. C’est là que se retrouvent les présidents chinois et français. Un tête à tête, puis un dîner avec les épouses, le repas est concocté par le chef de l’Élysée. Une mise en bouche en douceur sur la Côte d’Azur, avant d’attaquer les choses sérieuses lundi à Paris. Cette rencontre intervient au lendemain de la signature à Rome d’un partenariat inédit entre l’Italie et la Chine, un partenariat qui embarrasse le Président français. Rome a en effet rejoint les nouvelles routes de la soie, le colossal projet d’infrastructures de Xi-Jinping alors qu’Emmanuel Macron ne cesse d’alerter en Europe sur les dangers des ambitions hégémoniques de la Chine. Dépendance financière, perte de souveraineté des États. Une mise en garde qu’il multiplie aussi lors de ces déplacements, que ce soit en Australie, en Inde ou dans la Corne de l’Afrique. Mais Emmanuel Macron entend aussi jouer la carte de la séduction avec Xi-Jinping. Ce sera le cas ce soir à Beaulieu sur Mer, car la Chine reste un partenaire incontournable pour la France. De nombreux contrats commerciaux vont être signés demain à Paris.

AD : Le couple présidentiel chinois passera la nuit au grand hôtel Negresco de Nice.

ZK : Place à l’expression de la semaine qui a inspiré Yvan Amar. L’expression coup d’État.

Le coup d’État qui menace Theresa May à la Une de la presse. C’est un titre de RFI qui date d’aujourd’hui. Quand on l’entend, est-ce qu’on sent une intention dans la prononciation de l’expression « coup d’État » ? Peut-être pas. Mais quand on le lit sur le site de la radio, on s’aperçoit qu’il est entre guillemets. Pourquoi ? Parce qu’on ne parle pas d’un vrai coup d’État… mais d’une situation particulière qu’on imagine, et qu’on compare à un coup d’État. Qu’appelle-t-on coup d’État, au sens propre ? Un coup de force qui consiste à prendre le pouvoir sans passer par les moyens légaux. On renverse le pouvoir en place (souvent d’ailleurs quand il n’est pas très solide un peu vacillant, fragile…) et on s’en empare. Pas d’élection, pas de succession légitime. Et souvent un peu de violence puisqu’il faut prendre le contrôle des instruments du pouvoir : les instruments symboliques comme le palais présidentiel ; les instruments pratiques, comme les médias, la radio et la télévision nationale. Souvent d’ailleurs on parle de coup d’État militaire, quand l’armée ou une partie de l’armée se chargent de ces actions et que des officiers se retrouvent au pouvoir. Rien de tout cela n’est à l’ordre du jour chez les Britanniques : il n’y a pas d’insurrection en vue, c’est-à-dire pas de soulèvement armé, physique. Mais on envisage que celle qui est au pouvoir actuellement soit écartée, et même par son entourage, par ceux qui appartiennent au même parti qu’elle, mais sont en désaccord avec sa façon de gérer le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Alors cette manœuvre peut se faire en force, accompagnée par la pression des manifestations de rue qui montre le mécontentement de beaucoup de citoyens. Mais cet épisode s’il avait lieu, se ferait entre Theresa May et certains membres de son gouvernement actuel qui la conduiraient à abandonner ses fonctions : un genre de coup d’État, une sorte de coup d’État. Mais bien sûr c’est une image, et pas un coup d’État au sens propre.

ZK : Et un dernier mot de football africain.

AD : en vue de la CAN 2019, le Bénin a battu le Togo 2-1. Les écureuils qualifiés pour la phase finale.

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