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Journal en français facile 16/02/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la une de l’actualité ce soir : en Syrie les derniers djihadistes du groupe État islamique sont désormais assiégés. Cela veut dire qu’ils sont encerclés par les Forces démocratiques syriennes qui les combattent. Ces dernières qui affirment que la victoire totale sera annoncée dans les prochains jours.

SB : C’est une première dans l’histoire de l’Eglise catholique : un ancien cardinal américain aujourd’hui âgé de 88 ans a été défroqué. Cela veut dire qu’il devient un laïc. Les faits qui lui sont reprochés datent de près de 50 ans.

RA : Et puis à la fin de cette édition Yvan Amar, nous rejoindre pour le mot de la semaine. Un mot qui lié à l’actualité en Syrie.

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SB : La dernière bataille contre le groupe État islamique est donc en cours.

RA : Et cette bataille se déroulerait dans le village de Baghouz, en Syrie, non loin de la frontière avec l’Irak. C’est dans ce village que se trouvent les deniers combattants djihadistes. C’est en tout cas ce qu’affirment les Forces démocratiques syriennes, qui promettent que la victoire contre l’organisation sera annoncée dans les prochains jours. Alors que se déroule cette dernière bataille, Américains et Européens sont réunis ce week-end à Munich en Allemagne pour la conférence annuelle sur la sécurité. Et il est question de la Syrie. Précisément le retrait américain de Syrie inquiète les Européens, qui n’ont pas manqué de le dire. À Munich pour RFI Pascal Thibault.

Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian avait parlé vendredi à Munich d’un « mystère » entourant l’intention des États-Unis de se retirer de Syrie une fois l’organisation État islamique défaite. Un tel retrait pouvant favoriser l’influence de l’Iran dans la région alors que Washington critique Téhéran. Samedi matin, le vice-président américain Mike Pence a pressé les Européens à se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien. À son tour, Angela Merkel a critiqué le retrait de Washington de Syrie. « Est-ce que c’est une bonne idée de la part des États-Unis quitter immédiatement et aussi vite que possible la Syrie ou bien est-ce qu’un tel retrait ne permet pas à la Russie et à l’Iran d’augmenter leur influence sur place ? » Le départ des 2 000 soldats américains de Syrie devrait intervenir dans les prochaines semaines, alors que le groupe État islamique est sur le point d’être vaincu dans son dernier réduit en Syrie. Le vice-président américain Mike Pence s’est efforcé à Munich de rassurer ses alliés. « Les États-Unis conserveront une présence importante dans la région et continuerons à se battre avec leurs alliés pour lutter partout et à tout moment contre toute activité de l’organisation État islamique. » Mais cela ne suffira sans doute pas à rassurer les alliés des États-Unis irrités par l’annonce d’un retrait rapide de Washington de Syrie. Les Américains leur demandent de constituer une « force d’observateurs » dans le nord-est du pays pour garantir la sécurité des alliés kurdes syriens, menacés par Ankara. Une proposition qui a reçu une fin de non-recevoir. Pascal Thibaut, Munich, RFI.

SB : On prend la direction maintenant de l’Inde, deux jours après l’une des attaques les plus meurtrières au Cachemire.

RA : Le Cachemire, cette région au cœur des tensions entre l’Inde et le Pakistan. Jeudi 49 paramilitaires ont été tués dans une attaque à la voiture piégée. Attentat revendiqué par un groupe islamiste basé au Pakistan. Deux jours après c’est l’union sacrée au sein de la classe politique indienne. Union sacrée cela veut dire que les différents partis politiques mettent de côté leurs désaccords pour condamner d’une même voix ce qui s’est passé au Cachemire. La correspondance de Sébastien Farcis.

C’est une image rare, surtout en pleine campagne pour les élections législatives : les principaux dirigeants des partis politiques indiens, de l’extrême droite hindouiste aux communistes en passant par le parti du Congrès, se sont assis ensemble ce samedi, et ont publié un communiqué commun avec le gouvernement qui condamne le terrorisme importé de l’étranger, sans nommer le Pakistan. Et affirme, surtout, parler d’une seule voix face à ces tentatives de division du pays. Mais cette posture est bien sûr politique : à trois mois des élections, les partis d’opposition veulent montrer à leur électorat qu’ils réagissent fortement au terrorisme et ne veulent pas laisser au gouvernement sortant le monopole de l’action. Et cette union sacrée ne devrait pas durer : déjà, l’une des opposantes les plus virulentes, Mamata Banerjee, a estimé que cette attaque est le résultat d’une défaillance des services de renseignements, et donc du gouvernement. Sébastien Farcis, New Delhi RFI.

SB : Et puis cette décision, qui est une première dans l’histoire de l’Église catholique.

RA : Le pape François a défroqué un ancien cardinal américain accusé d’abus sexuels. Cela veut dire que cet homme aujourd’hui âgé de 88 ans est réduit à l’état laïc, il ne pourra plus dire la messe. Les faits qui lui sont reprochés datent de près d’un demi-siècle. Theodore McCarrick, très influent dans l’Église, avait fait l’objet d’une enquête après des révélations de la presse américaine. L’été dernier il avait perdu son titre de cardinal, et le voilà donc défroqué depuis ce samedi : jamais dans l’histoire de l’Église catholique un cardinal n’avait subi cette sanction pour des motifs d’abus sexuels. Murielle Paradon.

Défroqué... c’est le châtiment le plus grave pour un ecclésiastique, il se retrouve privé de ses prérogatives de prêtre comme celui de dire la messe. Theodore McCarrick, qui était encore il y a peu un cardinal très influent, est donc sanctionné après des révélations d’abus sexuels et alors qu’une série de scandales entache l’Église catholique depuis l’an dernier. Le porte-parole du Vatican Alessandro Gisotti revient sur ces affaires devant la presse « A cette occasion je voudrais redire ce qui a été dit par le bureau de presse du Saint-Siège le 6 octobre 2018. Les abus et ceux qui les couvrent ne peuvent plus être tolérés. Et le traitement différent qu’on pourrait accorder aux évêques qui ont commis des abus ou qui les ont couverts représente une forme de cléricalisme qui n’est plus acceptable ». La décision du Pape de défroquer un ex-cardinal tombe quelques jours avant une réunion cruciale. La semaine prochaine, les présidents des conférences épiscopales du monde entier se retrouveront au Vatican. Ils évoqueront notamment la responsabilité des prélats ayant gardé sous silence des agressions sexuelles sur mineurs commises par des membres du clergé.

RA : Et la réaction ce samedi du président de la conférence des évêques américains : il évoque un signal fort envoyé par le pape François sur le fait que les abus sexuels ne seront plus tolérés au sein de l’Église catholique.

SB : Et puis en France, nouvelle mobilisation des gilets jaune.

RA : Comme chaque samedi depuis le mois de novembre ils sont descendus dans la rue. Au total partout en France il y avait 41 500 manifestants selon les autorités, des chiffres en baisse par rapport à samedi dernier. Mais des chiffres contestés par les gilets jaunes. Pas d’incident majeur recensé à Paris, en revanche quelques tensions à Bordeaux et à Toulouse dans le sud-ouest du pays. En football actuellement la 25e journée de Ligue 1. La bonne opération pour Marseille qui a battu Amiens 2-0, c’est la troisième victoire consécutive de l’OM. Actuellement Monaco contre Nantes et Angers face à Nice. 21h08 ici à Paris, l’heure de retrouver Yvan Amar. Comme chaque samedi le mot de la semaine. Ce soir « bastion ».

Le dernier bastion de l’État islamique en Syrie, dans l’est du pays, est-il passé sous le contrôle de l’armée syrienne ? C’est en tout cas ce qu’annoncent les médias occidentaux, notamment RFI, qui justement utilise cette expression de dernier bastion à propos de ce territoire. Dernier bastion, c’est-à-dire dernière enclave, dernière superficie contrôlée par l’EI. Cette formule est fréquente pour désigner une dernière poche de résistance, ce qui tient encore, quand tout le reste est passé sous le contrôle des adversaires, ce qui combat encore, et bien souvent quand tout espoir de victoire est perdu. On voit qu’au départ l’expression est souvent positive, et exalte, magnifie, félicite ces combattants. Mais pas toujours : ce n’est pas le cas ici. Et au départ le mot bastion est d’origine militaire. Quand on fortifie une place ou une ville, on peut construire un genre de muraille tout autour. Et à chaque angle bâtir une petite construction qui est presque en surplomb, c’est-à-dire qui déborde de l’enceinte. C’est ça le bastion, qui reste très vif en français avec deux sens figurés possibles et presque opposés : ou bien un avant-poste, un bastion avancé : on y exerce son influence en dehors de son périmètre de contrôle ordinaire. Là aussi on va un peu plus loin que la zone qui nous appartient. Ou alors c’est le dernier point où l’on résiste encore, le dernier carré à ne pas se rendre.

RA : Fin de ce Journal en français facile.

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