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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Une caravane de migrants s’est formée à la frontière du Guatemala et du Mexique. Une caravane d’hommes, de femmes et d’enfants qui aimeraient bien, à terme, gagner les États-Unis. Mais pourquoi une caravane ? D’abord parce que c’est un groupe de gens qui se déplacent, qui marchent. Ou tout au moins qui aimerait bien marcher, même s’ils sont en ce moment bloqués à cette frontière que certains traversent illégalement.

Ce mot est ancien en français, il date des croisades et a été emprunté au persan, et désigne d’abord un genre de procession, ce qu’on appelle parfois aussi une théorie : une suite de voyageurs qui mettent plus ou moins en file : un long étirement de personnes donc qui se déplacent les unes derrière les autres. Et dans l’usage qui est au plus près du sens d’origine, on parle de caravane à propos de ceux qui se rassemblent pour une traversée hasardeuse : celle d’un désert d’abord. Et le mot s’entend particulièrement à propos des caravanes qui traversent le Sahara. Le voyage est dangereux, hasardeux, à cause du climat -gare au soleil- mais aussi à cause des mauvaises rencontres possibles : les voyageurs isolés sont facilement victimes de pirates ou de malfaiteurs. Si on se déplace dans un groupe nombreux, on a donc beaucoup moins à craindre : on est plus forts pour se défendre et défendre ses biens. En effet, bien souvent la caravane rassemble des marchands qui se déplacent pour vendre des denrées diverses qui elles aussi peuvent exciter les convoitises. Et dans ce contexte désertique, les caravanes ont été d’abord constituées de ceux qui marchent à pied, mais aussi de chameaux, habitués à la chaleur, résistants à la soif. L’allure de la caravane se règle donc sur le pas du chameau. Et bien sûr, le mot appelle inévitablement le proverbe bien connu : les chiens aboient, la caravane passe. Ce qui est une invitation à ne pas tenir compte des critiques ou des médisances de ceux qui ne sont que des spectateurs, souvent envieux : la caravane sait où elle doit aller, et comment, quels que soient les commentaires de ceux qui n’en font pas partie.

L’emploi du mot s’est donc étendu à d’autres groupes : on parle facilement d’une caravane scolaire, de la caravane du Tour de France, qui se masse à la queue des coureurs pour suivre le parcours.

Étrangement, et sous l’influence de l’anglais, ce mot de caravane a depuis quelques dizaines d’années désigné autre chose : il s’agit d’un genre de remorque, qu’on arrime à une voiture, qu’on peut tracter, emmener derrière soi sur les routes. Et cet appendice, cette sorte de roulotte, est aménagé en petite maison roulante, dans laquelle on peut dormir : une façon pratique et économique de voyager, et donc de passer ses vacances : c’est souvent à cela que ça sert.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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