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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L’usage récréatif du cannabis vient d’être légalisé au Canada. Récréatif… c’est-à-dire. Voilà un mot bien vague, choisi néanmoins avec soin pour définir un usage non-médical : on ne consomme pas de cannabis pour guérir, ou pour soulager une douleur, mais pour les effets agréables ou supposés tels que sa consommation peut procurer : le cannabis est en effet un stupéfiant qui peut changer la perception du monde extérieur. Tout le monde parle-t-il de cannabis ? Le mot est fréquent, et relativement neutre. Il est savant et en même temps c’est celui qu’on utilise dans des textes administratifs ou juridiques. Et c’est un mot latin, employé tel quel en français, ce qui lui donne un aspect scientifique. En effet, tout le vocabulaire scientifique de la flore s’est longtemps cantonné à cette langue : les noms savants des plantes et des fleurs, des espèces et des sous-espèces sont latinisants. Parler du cannabis, même si le mot s’est répandu depuis quelques années, c’est donc parler de ce stupéfiant avec du recul, sans trop d’affects, sans le condamner ni en vanter les mérites.

Mais bien sûr, un produit dont l’usage, le commerce et la culture ont longtemps été interdits, et le sont encore dans de très nombreux pays, a plus d’un nom : la vie dans la clandestinité facilite ces nominations multiples et plus ou moins familières.

Et puis le cannabis se trouve sous plusieurs formes. Ce mot de cannabis a donné chanvre en français. Mais il y a de nombreuses formes de chanvre qui ne sont pas du tout utilisées comme des drogues : seul ce qu’on appelle le chanvre indien a cette vocation, qui se consomme sous des formes différentes, avec deux mots qu’on entend depuis longtemps : haschich et marijuana. La marijuana, dont le nom vient d’Amérique latine, a parfois, mais assez rarement été traduite par marie-jeanne. Mais le haschich a souvent été abrégé en hasch. Et le mot est présent, notamment dans la littérature, depuis le courant du 19e siècle. On a même pensé, et souvent répété que le mot assassin découlait de ce haschichin, comme si la consommation intensive de ce produit produisait des comportements meurtriers. Mais cette origine est très certainement fantaisiste.

En revanche, on a de nombreux mots argotiques, familiers pour désigner ce qu’on appelle souvent de l’herbe. Et donc de la beuh, si on retourne le mot, comme on le fait en verlan, et qu’on en garde que la première syllabe. Et on parle aussi souvent de shit, pour reprendre un mot anglais et une origine assez grossière, mais dont l’origine est oubliée dans son emploi en français familier.

Quant aux cigarettes fabriquées pour fumer de ces produits, elles ont aussi eu droit à des noms variés et différents, du joint qui naît à la fin des années 60 au pétard, qui est un peu plus jeune.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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