Culture d'OGM: les ministres de l'UE ne disent ni oui ni non
En Europe, la culture du maïs OGM MON810 est la seule autorisée. Il est cultivé en Espagne, au Portugal, en Roumanie, en République tchèque et en Slovaquie.
Lawrence Lawry/Digital Vision/Getty Images
文章

Culture d'OGM: les ministres de l'UE ne disent ni oui ni non

Autoriser les OGM ou les interdire sur le territoire européen ? Ni l’un ni l’autre. Les ministres européens de l'Environnement se sont entendus le 12 juin 2014 à Luxembourg sur la possibilité d'autoriser ou d'interdire la culture des OGM sur leur territoire et vont tenter de faire avaliser cet accord par le Parlement européen. Un compromis qui est loin de satisfaire tout le monde.
根据 RFI -

Une fois homologués par l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA), les organismes génétiquement modifiés (OGM) pourront être cultivés dans les pays le souhaitant et ceux qui les refusent pourront les interdire. Selon Benoît Hartmann, porte-parole de l’association France Nature Environnement, ce nouveau dispositif laisse le champ libre aux producteurs de semences OGM. « Cet accord va ouvrir de nouveaux territoires européens à la culture des OGM : un Etat ne pourra plus dire j’interdis la culture des OGM parce que je pense que c’est potentiellement dangereux. Et nous sommes incapables d’évaluer scientifiquement l’impact socio-économique et environnemental des OGM. Et c’est bien malheureusement ce marché de dupes que l’on nous propose : si vous voulez les interdire vous n’avez qu’à les faire évaluer mais quand vous voudrez les faire évaluer on vous dira que votre évaluation ne vaut rien ».

Un refus motivé des Etats

Le texte de l'accord prévoit en effet que les Etats qui souhaitent bannir la culture des OGM motivent leur décision. « Il suffira qu’un industriel dise : je veux le faire pour qu’un Etat soit dans l’incapacité de s’y opposer, ajoute Benoît Hartmann. On rentre donc dans une société complètement technocratique où ce sont les industriels qui décident de notre avenir et pas les politiques. On vous laisse croire que l’Europe donnerait un cadre pour interdire ou non, mais non, on vous donne un cadre pour autoriser partout les OGM ». En face de géants industriels des biotechnologies, les Etats pourraient avoir du mal à faire entendre leurs réserves.

Regrets d'EELV en France

En France, les ministres en charge de l'Ecologie, Ségolène Royal, et de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, se félicitent de l'accord européen. Les Verts regrettent « l'affaiblissement de la protection contre les OGM ». « Cela fait des années que les gouvernements français successifs, que les ministres de l’Environnement, de droite comme de gauche, luttent contre cette réforme parce qu’ils savent très bien que c’est un affaiblissement de notre protection contre les OGM, explique Yannick Jadot, eurodéputé EELV. Malheureusement, je constate que ce gouvernement là particulièrement, depuis des mois, va plutôt dans le sens des demandes de la FNSEA que dans le sens des demandes, des exigences des citoyens. C’est peut-être une bonne nouvelle pour la FNSEA, c’est probablement une très bonne nouvelle pour les grandes firmes semencières multinationales, il est dommage que le gouvernement français choisisse ce camp là plutôt que le camp de la santé, de la protection de l’environnement et des demandes des citoyens ».

« L’agriculture est européenne, les filières céréalières sont européennes, on va mélanger les semences, on va mélanger les grains, petit à petit, vous allez avoir une contamination rampante des filières, on ne pourra plus dire 'cette filière, elle est propre, elle est comme le veut les citoyens européens, elle est sans OGM' », ajoute Yannick Jadot.

L’accord sur la culture des OGM en Europe, très attendu par les multinationales américaines, doit encore être validé par le Parlement européen. Les militants anti-OGM promettent de se battre pour qu’il soit rejeté.

发布时间 01/10/2015 - 更改时间 30/10/2015

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias