La caféine pour lutter contre la maladie d’Alzheimer
Les chercheurs espèrent tester l'effet protecteur de la caféine sur les déficits de mémoire chez l'humain.
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La caféine pour lutter contre la maladie d’Alzheimer

Une équipe de chercheurs de l'Inserm à Lille, dans le nord de la France, vient de montrer qu'une consommation modérée de caféine protège le cerveau de la perte de mémoire causée par la maladie d'Alzheimer. L'étude a été publiée dans la revue Neurobiology of Aging et laisse bon espoir aux chercheurs de mettre au point un nouveau médicament rapidement chez l’homme.
根据 Jeanne Richard -

La maladie d'Alzheimer est une maladie neuro-dégénérative. Elle touche plus de 800 000 personnes en France. Dans le cerveau, la maladie se développe d’abord dans l’hippocampe, siège de la mémoire et cause ainsi une perte progressive de la mémoire. Au niveau cellulaire, la maladie résulte de deux lésions : l’apparition d’anomalies dans la protéine Tau, qui s’accumulent alors dans les neurones, et l’apparition de plaques amyloïdes, des dépôts de protéines Béta-amyloïdes, entre les cellules.

La caféine améliore la mémoire

Des études épidémiologiques ont montré que la caféine pouvait réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Mais les chercheurs ne savaient pas à quel niveau la molécule agissait. David Blum, chargé de recherches à l’Inserm et à l’Université de Lille, dans le nord de la France, explique avoir « travaillé avec des souris qui développent des anomalies sur la protéine Tau », comme dans le cas de la maladie d’Alzheimer. « Nous avons traité une partie des souris avec de la caféine et d’autres non. Après plusieurs mois d’exposition, on a regardé si les souris traitées avaient une mémoire améliorée, et c’était le cas ». La caféine a donc un effet positif sur les protéines Tau et ainsi sur la mémoire.

Les études continuent pour comprendre plus en détail le mode d’action de la caféine. Pour le chercheur, il s’agit d’une « drogue sale », c'est-à-dire qu’elle a plusieurs cibles moléculaires, et donc plusieurs actions. « On sait déjà qu’elle se fixe sur certains récepteurs à la surface de cellules et qu’une partie des effets sur la mémoire et la protéine Tau passe par le blocage de ces récepteurs ». Malgré ces incertitudes, David Blum estime que la caféine pourrait être rapidement testée comme médicament dans un essai clinique : « C’est une molécule qu’on connaît : elle est relativement peu chère, non toxique et aux doses que l’on souhaite utiliser, il n’y a pas d’effets secondaires sur l’homme ».

Boire entre deux et quatre tasses de café par jour

Les études épidémiologiques dans les maladies d’Alzheimer et de Parkinson montrent que les effets bénéfiques de la caféine sont observés quand la consommation de caféine, et donc de café, est modérée. « Ce sont des effets en cloche, avec un pic d’efficacité entre 200 et 400 mg », soit entre deux et quatre tasses de café par jour. « Inutile de boire trop, ou trop peu, de café », précise David Blum.

Si les chercheurs ont réussi à démontrer qu’elle améliore la mémoire chez les souris, encore faut-il que l’action de la caféine soit confirmée chez l’homme. « On sait très bien guérir Alzheimer chez les souris, mais pas du tout chez l’homme », rappelle d’ailleurs David Blum. Mais il a bon espoir et évoque un essai clinique déjà en cours de la caféine dans une autre maladie neuro-dégénérative, la maladie de Parkinson.

Les chercheurs font face à une dernière difficulté : le manque de financements. Car un essai clinique coûte cher. Les études actuelles sont payées par les dons de particuliers aux associations de proches de malades France Alzheimer et la Ligue européenne contre la maladie d’Alzheimer, mais les industriels « ne veulent pas investir car la molécule de la caféine est totalement libre de droit », déplore-t-il.

发布时间 02/02/2016 - 更改时间 05/09/2017

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