音频
Abolhassan Bani Sadr, premier président iranien.
Abolhassan Bani Sadr, premier président iranien.
ullstein bild / Getty
Étudiant contestataire au début des années soixante, emprisonné à deux reprises pour ses activités politiques, il s’exile en France pour poursuivre ses études avant de revenir au pays à la faveur d’une révolution et de devenir le premier président de la république de l’histoire de l’Iran.

26'30'' - Première diffusion le 29/08/2009

En 1953, le Premier ministre Mohammad Mossadegh, qui avait nationalisé le pétrole, est renversé par un complot de la CIA (en anglais) pour remettre le Shah d’Iran sur le trône. Abolhassan Bani Sadr a 20 ans. Il entre en résistance et milite, avec d’autres étudiants, pour le retour de Mossadegh au pouvoir. Dix ans après, en juin 1963, l’ayatollah Khomeiny lance un vaste mouvement de contestation. Déjà influent, il défend la thèse d’un islam prioritaire. Des étudiants organisent une grève générale. Malgré une forte mobilisation, la grève échoue. Le Shah demeure en poste, mais la démonstration est faite que le peuple peut lui dire « non ».

Prévenu du projet de son arrestation imminente, Bani Sadr s’exile en France. De son côté, l’ayatollah Khomeiny expulsé d’Irak, vient s’installer en 1978 à Neauphle-le-Château en région parisienne. Les deux hommes sont proches, Abolhassan Bani Sadr devient l’un des conseillers du religieux. Début 1979 le Shah quitte l’Iran suite au chaos qui secoue le pays depuis plusieurs mois. Le 1er février Khomeiny rentre à Téhéran, Bani Sadr est dans le même avion.

Nommé ministre des Finances, puis brièvement ministre des Affaires étrangères, Abolhassan Bani Sadr est élu président de la République islamique le 25 janvier 1980 avec près de 76% des suffrages. Le Guide suprême de la Révolution accepte la « volonté du peuple » qui s’est exprimée pour la première fois, en dépit des positions du chef de l’Etat contre la prééminence de l’islam et le rôle des mollahs.

Sept mois après l’élection présidentielle, le 22 septembre, l’Iran est envahi par l’Irak. Le président, devenu commandant en chef des forces armées, se rend régulièrement au front. Face à sa popularité grandissante, les religieux craignent d’être écartés du pouvoir. Majoritaires au Parlement grâce à la fraude électorale, ces derniers œuvrent pour déstabiliser le chef de l’Etat. Ainsi un compromis secret est passé avec l’état-major du candidat à la présidence Ronald Reagan pour maintenir la détention des otages américains de l’ambassade à Téhéran, alors même que Bani Sadr tente de négocier leur libération. De même la dictature des mollahs freine la fin prévisible de la guerre avec l’Irak qui lui aurait été favorable. Peu à peu le président perd ses soutiens, il est finalement destitué en juin 1981 et reprend le chemin de l’exil en France.

 

发布时间 23/05/2017 - 更改时间 02/06/2017 - 按作者Olivier Da Lage

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias