mots-actu_p.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On célèbre Pâques un peu partout dans le monde chrétien, et même ailleurs, mais de façon différente : la fête de Pâques juive ne commémore pas la même chose et n’a pas la même signification. La Pâque chrétienne se rappelle la Passion du Christ. C’est ainsi qu’en français on nomme le sacrifice et la souffrance volontaire de Jésus qui permet ainsi que l’Humanité se sauve. La Passion, c’est-à-dire la souffrance. C’est dans ce sens que le mot doit être compris, en tout cas par rapport à cet usage. Un sens qui dérive directement de sa signification latine et qui intègre donc des éléments assez différents : la douleur, mais aussi son acceptation et l’absence non seulement d’esquive, mais aussi de contre-attaque. L’utilisation du mot est dont très singulière puisqu’elle est réservée à cette situation qui est comme l’aboutissement et le point culminant du Nouveau Testament. Et jamais on ne l’utilise dans le cas d’un autre supplice : on ne parle pas de la Passion d’un condamné à mort. En revanche le mot se retrouve dans toutes les façons de raconter les scènes successives de la mort du Christ. En peinture donc ? Non, car cette forme de représentation distingue des moments différents : la montée au Calvaire, la crucifixion, la descente de Croix, etc. Mais par contre en musique, dans les pièces, notamment les oratorios dont l’intrigue reprend le déroulement du drame, on parle de Passion : Passion selon Saint Matthieu, Passion selon Saint-Jean par exemple chez Bach avec ces deux chefs-d’œuvre qui sont probablement les plus connus sur le sujet.

Mais est-ce que ce mot ne cantonne à des usages religieux ? Pas du tout ! C’est bien ça qui en fait l’originalité. Il est fréquent dans un sens fort, mais malgré tout très affaibli par rapport à l’éclat tragique qu’il a dans les Évangiles. Une passion, c’est un sentiment très fort, dont on ne peut se déprendre. Mais tout d’abord un sentiment amoureux. Pas un amour sage qui s’inscrit dans la norme sociale, mais plutôt un déferlement qui peut déranger, inquiéter, bouleverser les habitudes, heurter les mentalités. Et surtout on pense à une vie affective incontrôlée, déferlante, qui révolutionne toute une vie. Pas extension, on trouvera le mot en lien avec d’autres attirances, qui sont souvent comme des addictions : on parle de la passion du jeu quand il y a une dépendance insurmontable. Mais pas de passion pour la drogue par exemple : là, il ne s’agit pas d’une attraction excessive du sujet drogué, mais plutôt d’un piège dont le mécanisme est dans le produit lui-même.

Et par la suite évidemment, on a encore de nombreux emplois bien plus légers : on peut avoir une passion pour son métier, pour les trains électriques ou pour les gâteaux à la pâte d’amande, sans que ça vous entraîne trop loin !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias