#法语新闻用语

Journal en français facile 20/07/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Jeanne Bartoli : Vous écoutez RFI. Il est 22heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir et bienvenue dans votre journal en français facile présenté ce soir avec Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Jeanne et bonsoir à toutes et à tous.

JB : À la Une de ce journal, Londres, Paris, Berlin ou encore l'Union européenne appellent l'Iran à relâcher le pétrolier britannique intercepté hier dans le détroit d'Ormuz. Ce soir, Londres dit néanmoins souhaiter un « apaisement ».

ZK : La compagnie British Airways suspend ses vols vers Le Caire pendant sept jours. Elle invoque des raisons de sécurité.

JB : Et puis, le Tour de France, deux Français en tête à l’arrivée du Tourmalet. Thibaut Pinot suivit de près par Julian Alaphilippe qui conserve donc le maillot jaune.

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ZK : Une réunion de crise aujourd'hui, à Londres, après la saisie d'un pétrolier britannique par l'Iran.

JB : C'était hier, dans la zone du détroit d'Ormuz. Depuis, les appels à relâcher ce navire se sont multipliés. Ce soir, le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt dit souhaiter, vouloir, « l'apaisement », c'est-à-dire la baisse des tensions avec l’Iran. Le Royaume-Uni qui recommande à ses navires d'éviter le détroit d'Ormuz pour une durée indéterminée. Alors justement, pourquoi cette zone est-elle au centre des tensions ces dernières semaines ? David Baché nous rappelle son importance stratégique.

Le détroit d'Ormuz, c'est un petit passage de 38 kilomètres de large qui relie le golfe Persique à l'océan Indien. D'un côté, l'Iran. De l'autre, le Sultanat d'Oman et les Émirats arabes unis, collés à l'Arabie saoudite, à Bahreïn et au Qatar. Autant d'alliés des États-Unis, en tout cas sur le dossier iranien. Et au milieu de ces rivaux coule une mer de pétrole : par le détroit d'Ormuz transite en effet un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, un tiers du volume de pétrole exporté par voie maritime. Pour les pays producteurs du Golfe, comme pour les pays consommateurs -en Europe, en Asie ou en Amérique-, il s'agit donc d'un verrou crucial sur le plan économique. Pour les montants que ce pétrole représente en soi, mais aussi pour les activités qu'il permet d'alimenter. Des oléoducs terrestres existent, qui constituent des voies alternatives d'approvisionnement, mais ils ne permettent de transporter que 3 millions de barils chaque jour actuellement. Sept ou huit, s'ils étaient exploités à plein régime. Bien loin des 21 millions de barils qui passent chaque jour par le détroit d'Ormuz.

JB : David Baché.

La compagnie aérienne British Airways suspend ses vols vers Le Caire pendant sept jours. British Airways affirme vouloir évaluer la sécurité de l'aéroport de la capitale égyptienne. Sur sa page de conseils aux voyageurs se rendant en Égypte, le ministère britannique des Affaires étrangères évoque un « risque accru de terrorisme contre l'aviation ».

ZK : Le retour triomphal des « Fennecs » en Algérie aujourd'hui après leur sacre en coupe d’Afrique des nations.

JB : Leur avion s'est posé en début d'après-midi à l'aéroport d'Alger où les attendait une délégation officielle. L'équipe a ensuite paradé, défilé, dans les rues d'Alger dans un bus sur lequel avaient été inscrites les deux étoiles remportées par l'équipe : La CAN 1990 et la CAN 2019.

ZK : À Hong Kong, la découverte par la police d'un laboratoire clandestin de fabrication d'explosif TATP.

JB : Les autorités affirment avoir mis la main sur des tracts, des prospectus pro-indépendance. Cette opération intervient en pleine vague de contestation contre l'influence de Pékin sur Hong Kong. Aujourd'hui, au moins 100 000 personnes ont manifesté pour exprimer leur soutien à la police et réclamer un arrêt des violences. Les précisions de Jelena Tomic.

La police de Hong Kong a saisi ce qui semble être la plus grande cache d'explosifs jamais découverte dans la ville, lors d'un raid vendredi soir. Les policiers ont mis la main sur dix cocktails Molotov, des lance-pierres et des barres en métal. Les policiers ont également saisi dans ce laboratoire clandestin un couteau et des tracts contre le projet de loi sur l'extradition, mais aussi et surtout deux kilos de TATP. Les explications de Alick McWhirter, démineur : « Le TATP est un explosif extrêmement instable et puissant, qui peut causer des dégâts très importants. En raison de son instabilité, il peut exploser à tout moment, au contact de la chaleur, d'un frottement ou d'un impact, ce qui nous complique notre travail pour nettoyer la zone. » Le TATP a notamment été utilisé dans les attentats jihadistes en 2015 à Paris, en 2016 à Bruxelles ou plus récemment en avril dernier au Sri Lanka. La police a confirmé avoir arrêté un homme de 27 ans, soupçonné d'appartenir à un groupuscule pro-indépendance, le Front national de Hong Kong. Le commandant de police Tse Chun-Chung : « Sur la base des renseignements, nous sommes intervenus à Tusen Wan. Un homme a été arrêté et nous avons saisi des engins explosifs. L'opération est toujours en cours, il se peut que nous arrêtions d'autres personnes dans les jours qui viennent. À ce stade, nous n'avons aucune preuve que cette découverte a un lien quelconque avec les évènements de demain. » Une chose est sûre dimanche, les Hongkongais vont de nouveau battre le pavé pour demander liberté et démocratie.

JB : Jelena Tomic. Et une importante mobilisation est donc également prévue ce dimanche.

ZK : Manifestation d'ampleur de l'opposition dans les rues de Moscou aujourd'hui.

JB : 12 000 manifestants selon la police russe. Plus de 22 000 selon une ONG. Dans les cortèges, l’opposant Alexeï Navalny. Objet de la colère des manifestants : l'exclusion par les autorités de plusieurs dizaines de candidats indépendants au Parlement de la ville de Moscou.

ZK : Direction la Hongrie. Une grande figure de la scène intellectuelle s’est éteinte hier.

JB : La philosophe Agnès Heller, opposante au régime communiste puis engagée ces dernières années contre la politique de Viktor Orban. Elle est décédée, hier, à l'âge 90 ans. Son portrait par Florence La Bruyère.

C’est une grande dame qui disparaît. Issue d’une famille juive – son père était mort à Auschwitz -, Agnès Heller était la disciple du philosophe marxiste Georg Lukacs. Et elle était devenue l’une des animatrices de « l'école de Budapest », un courant critique du socialisme, né après la rébellion de 1956 contre l’occupant soviétique. Pourchassée par le régime communiste dans les années 1970, Agnès Heller avait dû s'exiler pour enseigner en Australie et à New York. Rentrée en Hongrie dans les années 2000, cette petite femme aux cheveux courts est devenue une figure de l'opposition intellectuelle au Premier ministre nationaliste Viktor Orban. Elle a d’ailleurs été la cible de campagnes de dénigrement lancées par le gouvernement Orban. Dans des conférences et des interviews, elle ne cessait de témoigner de son inquiétude face à ce qu'elle appelait la régression des libertés démocratiques en Hongrie. Peu avant les élections européennes du mois de mai, elle avait été accueillie au palais de l'Élysée par le président français Emmanuel Macron. Elle y avait parlé de son engagement contre la montée des nationalismes. Florence La Bruyère, Budapest, RFI.

JB : 22h07 sur RFI, tout de suite vous retrouvez Yvan Amar pour le mot de la semaine.

50 ans tout juste qu’on a été voir sur la Lune ce qui s’y passait. On en a abondamment parlé depuis deux jours, de cette Lune dont on pense qu’elle habite la nuit, alors qu’en fait elle existe autant quand on ne la voit pas, cette Lune si proche, si inaccessible, compagne des hommes depuis la nuit des temps. Elle se retrouve ainsi un peu dans toutes les langues et notamment en français évidemment ! Contradiction d’un objet céleste qui est notre voisin, tout en restant hors d’atteinte, est à l’origine de bien des significations ! Quand on est dans la lune par exemple, c’est qu’on n’a plus les pieds sur terre ! On n’a plus le sens des réalités, on n’est plus vraiment réveillé : sans être endormi, on rêve. Comme si cette lune laiteuse nous enlevait à la vie concrète. La lune évoque une légère déraison, un espace un peu étrange : on dit bien être dans la lune, et non sur la lune. Alors qu’on a beaucoup dit, le 20 juillet 1969, On a marché sur la Lune ! Pour reprendre le titre des aventures de Tintin. Mais être dans la lune évoque un univers qui vous attrape et où l’on se perd ! Et souvent la chute est douloureuse, quand on est rappelé aux réalités, ou qu’on vous apprend ce que vous étiez censé le savoir : on a l’air bien bête, bien ahuri, comme réveillé brutalement - on tombe de la lune quand on montre son extrême surprise en découvrant quelque chose à quoi on ne s’attendait pas ! Mais la Lune, figure souvent l’impossible : promettre la lune, c’est promettre bien plus qu’on ne pourra tenir, mais surtout laisser entendre qu’on vous donnera ce qui n’était pas même espéré ! Demander la lune, c’est évidemment l’inverse. Est-on toujours dans le rêve et l’impossible ? Presque, mais pas totalement : il arrive qu’on puisse décrocher la lune. Très jolie formule qui sert à dire qu’on a obtenu quelque chose de presque inenvisageable. N’oublions pas la lune de miel : l’expression désigne le tout début d’un mariage, le moment où aucun nuage ne vient obscurcir un amour partagé. La Lune bien sûr évoque souvent un cycle d’un mois (vingt-huit jours pour être précis) et celle qui est de miel semble être plus douce que toute autre !

JB : C’était Yvan Amar. C’est la fin de votre journal en français facile. Restez à l’écoute de la radio du monde.

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