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Journal en français facile 20/04/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Aurélien Devernoix : Bonsoir à toutes et à tous, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, l’heure de votre Journal en français facile. Et à mes côtés pour vous présenter cette édition, Alexis Guilleux, bonsoir Alexis.

Alexis Guilleux : Bonsoir.

AD : Kaboul visée par une attaque ce samedi. Un commando a notamment pris d’assaut le ministère de la Communication. Précisions dans ce journal avec notre correspondante dans la région.

AG : Le Mexique sous le choc après l’assassinat de 13 personnes lors d’une fête donnée dans un restaurant de l’État de Veracruz, confronté à la violence des gangs de narcotrafiquants.

AD : Le fabricant d’appareils photo Leica dans la tourmente en Chine après avoir reconstitué pour une publicité la célèbre photo de l’homme faisant face à un tank place Tiananmen.

AG : Enfin Yvan Amar nous présentera son mot de la semaine.

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AG : Cela faisait plusieurs mois qu’un calme relatif régnait à Kaboul... un calme qui a volé en éclats ce samedi avec une attaque menée au cœur de la capitale afghane.

AD : Un commando d’au moins 4 combattants a lancé l’assaut sur un complexe abritant notamment le ministère des Communications et de l’Information. Le bilan provisoire fait état d’au moins 7 morts, civils et membres des forces de sécurité. Les précisions de Sonia Ghezali.

Les tirs ont retenti toute l’après-midi dans le centre de Kaboul. Il aura fallu près de 6 heures à la cru 222, l’équivalent afghan du raid français, appuyés par les commandos de la police pour mettre fin à l’attaque menée par au moins 4 hommes lourdement armés qui ont réussi à pénétrer dans les locaux du ministère des Communications en fin de matinée après que l’un d’eux s’est fait exploser a l’entrée de la bâtisse de 18 étages. À l’intérieur, plus de 2000 employés. Certains expliquent avoir trouvé refuge dans les salles sécurisées, des bunkers, alors que d’autres, fuient dans les étages, se réfugient sur le toit. Dans les étages inférieurs, plusieurs s’échappent en sautant par les fenêtres. Les forces de sécurité parviendront à évacuer la majorité du personnel tout en affrontant les assaillants qui ouvrent le feu. La capitale afghane vivait dans un calme relatif ces dernières semaines alors que plusieurs provinces sont le théâtre de combats intenses entre les talibans et les forces de sécurité. Les insurgés nient toute implication dans l’attaque perpétrée aujourd’hui à Kaboul. Il y a quelques jours, ils ont lancé leur offensive de printemps qui marque chaque année l’intensification des combats. Une annonce très critiquée par la communauté internationale et l’ONU qui ont pointé du doigt l’irresponsabilité des talibans alors qu’ils sont impliqués dans des pourparlers de paix avec les Américains. Mais sur le terrain, une autre menace pèse également sur la sécurité. Celle que représente le groupe EI, présent en Afghanistan depuis fin 2014. 

AD : À noter que le Kosovo a annoncé ce matin avoir rapatrié 110 de ses ressortissants jusque-là détenus en Syrie. Il s’agit essentiellement de femmes et d’enfants de djihadistes partis combattre dans les rangs du Groupe État islamique.

AG : Et puis cette conférence régionale inédite qui s’est tenue à Bagdad ce samedi.

AD : Des représentants de la Syrie, du Koweït, de la Turquie, de la Jordanie, mais aussi de l’Iran et de l’Arabie Saoudite ont évoqué des questions de sécurité, de diplomatie et d’économie. Le gouvernement irakien tente de s’ériger en médiateur entre Téhéran et Riyad, engagés dans un bras de fer régional, notamment au Yémen.

AG : Ces nouveaux combats en Libye...

AD : Les forces loyales au Gouvernement d’Union Nationale ont annoncé avoir lancé une contre-attaque dans la banlieue sud de Tripoli pour repousser les troupes de l’Armée nationale libyenne fidèle au Maréchal Haftar. Depuis le début des combats le 3 avril dernier, 220 personnes ont été tuées et un millier d’autres blessés selon l’Organisation mondiale de la santé. Au Mali, un Casque bleu a été tué et 4 autres blessés par l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule. L’attentat a eu lieu sur la route reliant Douentza à Boni dans le centre du pays.

AG : Il est 15h04 à Mexico. Le Mexique où 13 personnes ont été tuées par balles hier dans l’État de Veracruz.

AD : Un groupe armé a ouvert le feu dans un restaurant de Minatitlan où une fête était organisée. Une nouvelle illustration de la violence quotidienne à laquelle font face les habitants de cet État rongé par le crime organisé Oriane Verdier.

Il était neuf heures du soir. Dans le restaurant La Potra, familles et amis partageaient une soirée privée. Des hommes ont soudain fait irruption. Ils étaient venus pour enlever un des invités. Selon la presse locale, la foule a alors tenté de s’opposer à cette séquestration. Le groupe armé a ouvert le feu. Cinq femmes, sept hommes et un enfant ont été tués. Quatre personnes sont gravement blessées. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de Mexicains expriment leur colère et leur désarroi après ce nouveau drame. L’État de Veracruz riche en pétrole est un territoire clef des trafics en tout genre. Ils accusent le nouveau président de perdre son temps à critiquer l’ancien gouvernement au lieu d’agir contre le crime organisé. En arrivant au pouvoir en décembre 2018, Manuel Lopez Obrador avait fait la promesse de diminuer en deux ans le niveau de violence. Il a notamment reconnu les 5000 disparus de l’État de Veracruz. Au total au moins 600 fosses clandestines ont été identifiées. Nombre de familles cherchent encore désespérément leurs proches dans un climat de méfiance permanent notamment envers les autorités locales.

AG : C’est une campagne publicitaire qui fait polémique en Chine, celle du fabricant d’appareils photo Leica.

AD : Dans un spot mettant à l’honneur les photojournalistes, la marque allemande a reconstitué le célèbre cliché du « Tank man » pris sur la place Tiananmen à Pékin en juin 1989. Or le massacre de Tiananmen est toujours tabou en Chine et la publicité n’a évidemment pas plu aux autorités. À Shanghai, Angélique Forget.

La scène se déroule dans l’atmosphère sombre d’une chambre d’hôtel. Un photographe occidental échappe à des militaires chinois et dissimulé derrière un rideau, s’apprête à réaliser un cliché historique. Dans le reflet de son objectif : un homme seul, ses sacs de course à la main défie une rangée de tanks. Nous sommes à Pékin en juin 1989. C’est cette scène rejouée dans un spot publicitaire pour Leica qui a irrité les autorités chinoises à quelques semaines du 30e anniversaire du massacre de la place Tiananmen. Dans le pays c’est un sujet tabou. Conséquence : les autorités ont fait retirer la vidéo de la toile chinoise et le nom de la marque allemande est censuré des réseaux sociaux. Leica pour qui le marché chinois est primordial s’est désolidarisé de la publicité et assure qu’il ne s’agit pas d’une commande officielle. Ce n’est pas la première fois qu’une marque occidentale fait marche arrière pour ne pas offusquer Pékin. L’année dernière, le constructeur Mercedes avait dû présenter ses excuses après avoir publié sur un réseau social une citation du Dalaï-Lama, considéré comme un séparatiste par les autorités chinoises. 

AG : En France, l’acte 23 des Gilets Jaunes s’est déroulé ce samedi un peu partout en France.

AD : Un peu moins de 28 000 personnes auraient défilé selon le ministère de l’Intérieur, plus de 100 000 selon les contestataires. La principale manifestation s’est tenue à Paris, très fortement encadrée par les forces de l’ordre. Place à présent au mot de la semaine signé Yvan Amar qui évoque une institution qu’Emmanuel Macron s’apprête à supprimer pour, espère-t-il, satisfaire les Gilets Jaunes.

Est-ce qu’on produit en ce moment les derniers énarques ? Pas impossible puisqu’il est question de supprimer l’école qui les fabrique, l’ENA. Mais nous n’en sommes pas là, et il est encore temps de se demander ce que c’est que tout ça. L’ENA c’est l’École Nationale d’Administration, une grande école fondée en 1945, et qui forme ce qu’on appelle parfois l’élite de la nation, les hauts fonctionnaires de l’administration. Il y a un concours pour y entrer, et un classement pour en sortir, si bien que, selon son rang de sortie, on intègre le Conseil d’État, la Cour des comptes, l’inspection des finances, les corps consulaires, etc.  On fait fonctionner l’état. Et ceux qui sortent de l’ENA, on les appelle des énarques : le mot a été formé très simplement sur ENA, avec un vague jeu de mots : énarque se termine par la syllabe –arque qui évoque le pouvoir et le commandement. Monarchie donne monarque (le pouvoir d’un seul – monos). Oligarchie donne oligarque (le pouvoir de quelques-uns), ENA donne donc énarque, qui se glisse dans la même série. Ce qui permet d’ailleurs de mieux comprendre son sens : il ne s’agit pas comme on pourrait le penser des étudiants qui appartiennent à cette école, mais de ceux qui en sont sortis, et qui exerçant le pouvoir, sont ainsi qualifiés. Ainsi ne dira-t-on pas : Emmanuel Macron est un ancien énarque : c’est encore un énarque, il l’est toujours ! Alors les énarques n’ont pas toujours bonne réputation : on les considère souvent comme des intellectuels, des théoriciens en tout cas. Ils ont de la méthode, mais ils travaillent sur dossier, et n’ont pas l’expérience du terrain, des réalités concrètes et matérielles. Celui-ci dirige une compagnie d’aviation sans trop savoir ce qu’est un avion, un pilote ; celle-là une compagnie de transports publics sans prendre le métro. Et on se moque facilement de leur arrogance supposée et leur manque de pratique.

AD : C’est la fin de votre Journal en français facile, merci à vous Alexis Guilleux et excellente soirée à l’écoute de RFI.

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