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Journal en français facile 16/05/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Loïc Bussières : 22h à Paris, 2h de moins en temps universel, l’heure de votre Journal en français facile. À mes côtés Zéphyrin Kouadio, pour présenter cette édition. Bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir.

LB : À la une ce soir : l’escalade entre Washington et Téhéran. Donald Trump dit « ne pas espérer » une guerre avec l’Iran qui l’accuse de provoquer une « escalade de tensions » dans le Golfe Persique.

ZK : La suite du procès pour fraude fiscale des époux Balkany en France. Ils risquent 4 ans de prison et 10 d’inéligibilité.

LB : Et puis lui remporte 91 millions de dollars pour la vente d’une de ses sculptures, l’Américain Jeff Koons devient l’artiste contemporain le plus cher au monde.

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ZK : Le ton continue de monter entre Téhéran et Washington. L’Iran et les États-Unis qui depuis plusieurs jours échangent des propos agressifs.

LB : À l’image de ces propos du chef de la diplomatie iranienne en visite au Japon et qui accuse les Américains de « provoquer une inacceptable escalade de tensions ». Les États-Unis qui se sont retirés de l’accord sur le nucléaire il y a un an. Unilatéralement, c’est-à-dire selon leur seule décision, les États-Unis ont appliqué récemment de nouvelles sanctions contre Téhéran et renforcé leur présence militaire dans le Golfe. L’Iran de son côté a suspendu certains de ses engagements prévus dans l’accord. Murielle Paradon.

En visite à Tokyo, Mohammad Javad Zarif répond à des journalistes japonais. Le chef de la diplomatie iranienne réaffirme qu’il n’y a aucun dialogue possible avec les États-Unis. Réagissant aux déclarations de Donald Trump selon lesquelles l’Iran voudrait bientôt discuter, voici ce qu’il répond : « Je ne sais pas pourquoi il est si confiant, car c’est complètement faux ». Mohammad Javad Zarif met également en cause l’entourage de Donald Trump : son conseiller à la sécurité nationale John Bolton, mais aussi Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, les princes héritiers d’Arabie saoudite et d’Abu Dhabi Ben Salman et Ben Zayed, l’équipe des B, comme on les surnomme : « Je pense que l’équipe des B entraîne les États-Unis ou essaie de les entraîner vers la guerre. Ce n’est ni dans l’intérêt des États-Unis ni dans l’intérêt de la région. Je pense qu’ils vont au suicide ». Le ministre iranien des Affaires étrangères affirme que son pays agit au contraire « avec un maximum de retenue ».

LB : Par ailleurs toujours concernant l’actualité aux États-Unis, Donald Trump prononçait ce soir un discours sur l’immigration. C’était il y a une heure à peine, le président américain a promis un système migratoire « admiré du monde entier » qui intègre davantage de travailleurs qualifiés, en dénonçant le modèle actuel selon lui faussé par les demandes d’asile « fantaisistes ». Entre autres annonces, il dit souhaiter obliger les immigrants à apprendre l’Anglais.

ZK : On reste aux États-Unis où des élus ont décidé cette semaine d’interdire à leur police l’utilisation de logiciels de reconnaissance faciale.

LB : Et ce à une large majorité, ça se passe à San Francisco. San Francisco qui devient ainsi la première ville des États-Unis à bannir ces logiciels de surveillance très controversés, mais de plus en plus utilisés par la police américaine. Eric de Salve.

C’est parce que leur ville Capitale de la Silicon Valley héberge tous les géants des nouvelles technologies que les élus de San Francisco se disent investis de la mission d’en réguler les excès. Or à leurs yeux, un logiciel permettant à la police de retrouver n’importe quelle identité à partir de simples images de vidéo surveillance est une menace pour les libertés individuelles. « C’est psychologiquement malsain quand les gens savent qu’ils sont observés partout dans l’espace public, dans la rue, dans les parcs. Je n’ai pas envie de vivre dans ce genre de ville. » Élu municipal de San Francisco, Aaron Peskin a rédigé la législation locale votée à 8 voix contre 1 pour interdire à la police d’utiliser la reconnaissance faciale, technologie dangereuse selon lui pour la démocratie. Depuis un an la reconnaissance faciale se généralise aux États-Unis dans la police et dans les aéroports. Le vote des élus de San Francisco été salué comme historique par ACLU. La puissante association de défense des libertés juge ces logiciels « incompatibles avec une démocratie saine ». Eric de Salve San Francisco RFI.

ZK : L’actualité de ce jeudi, ce sont aussi ces discussions en Norvège pour tenter de résoudre la crise au Venezuela.

LB : Le chef de file de l’opposition parle pour l’instant de « médiation », Juan Guaido confirme en tous cas avoir envoyé des délégués à Oslo. Le pouvoir de Nicolas Maduro affirme de son côté discuter avec des représentants de l’opposition démocratique, celle qui n’a pas le soutien des États-Unis, ce qui exclut donc Juan Guaido et ses partisans.

ZK : Au Soudan, le dialogue entre civils et militaires est suspendu pour 72 heures.

LB : Alors que les deux parties devaient tenter de former un Conseil souverain, censé remplacer le Conseil militaire de transition (CMT), en place depuis la chute du président Omar el Béchir le mois dernier, la situation évolue toutefois favorablement aucune violence n’ayant été signalée dans la journée. 

ZK : Et puis concernant le dossier libyen, Emmanuel Macron va recevoir le maréchal Khalifa Haftar la semaine prochaine.

LB : C’est ce qu’indique l’Élysée qui précise que la rencontre « aura pour objet d’échanger sur la situation en Libye et les conditions de reprise du dialogue politique, à la suite de la visite du Premier ministre, et en lien avec l’ONU et nos partenaires ».

ZK : On part pour le Sri Lanka a présent. Le Sri Lanka où le Comité de protection des journalistes lance un cri d’alarme.

LB : Cet organe chargé de défendre la liberté de la presse dans le monde dénonce le retour en grâce d’un cadre de la police sri-lankaise. Malgré un très lourd passif, le major Prabath Bulathwatte reprend du service pour enquêter sur les attentats de Pâques. Il avait pourtant été écarté après des accusations d’assassinat et de tortures envers plusieurs journalistes à la fin des années 2000, Vincent Souriau.

La justice ne l’a jamais condamné, mais, dans plusieurs affaires, c’est le suspect n°1. En 2009, la mort du rédacteur en chef d’un quotidien indépendant, Le Sunday Leader, des hommes masqués bloquent sa voiture sur le bord de la route et le tabassent avec des barres de fer. Il ne survivra pas à ses blessures. 15 jours plus tard, la tentative d’assassinat d’un chroniqueur critique du pouvoir, Molesté avec sa femme en pleine rue. Il sera forcé de s’exiler aux États-Unis où il vit depuis 10 ans. Le célèbre éditorialiste Keith Noyahr, enlevé, détenu et torturé pendant sept heures en 2008. La liste est longue, et tout converge vers un escadron secret des services de renseignement. Une sorte de milice chargée de faire taire quiconque s’intéressait de trop près à la politique sécuritaire sri-lankaise pendant la guerre avec les Tigres Tamouls. Or, qui dirigeait ce groupe clandestin ? Prabath Bulathwatte. Qu’il reprenne des fonctions au sein de l’appareil sécuritaire, écrit le Comité de protection des journalistes, c’est la garantie de nouvelles menaces contre la liberté de la presse.

ZK : En bref, les suites, en France du procès des époux Balkany.

LB : Poursuivis pour fraude fiscale, la journée a été marquée par les réquisitions du parquet national financier qui dénonce un « acharnement à frauder » de la part du maire de Levallois-Perret et de son épouse pour qui il demande respectivement 4 ans de prison avec mandat de dépôt et 4 ans, dont 2 avec sursis. Une peine de 10 ans d’inéligibilité est également requise. Les débats se poursuivent jusqu’à fin juin, verdict attendu en septembre.

ZK : On referme cette édition avec un record, celui de l’artiste contemporain le plus cher au monde.

LB : Record désormais détenu par l’Américain Jeff Koons avec la vente hier de sa sculpture le « Rabbit », un lapin en acier, adjugé pour un peu plus de 91 millions de dollars. De quoi a l’air cette œuvre Muriel Maalouf ?

C’est un moulage en acier gris métallisé d’un lapin gonflable d’un mètre de haut. Une œuvre emblématique du style de Jeff Koons héritier du pop art d’Andy Warhol. Avec cette œuvre, le sculpteur a battu le tableau « Portrait of an artist » du peintre britannique David Hockney. Le plasticien de 64 ans a ainsi récupéré le record qu’il détenait avant d’être brièvement détrôné par Hockney. Son « Balloon Dog (Orange) », vendu 58,4 millions de dollars en 2013, avait tenu cinq ans la barre de l’œuvre la plus chère. Des œuvres nettes quasi hygiéniques qui n’ont de la simplicité que l’apparence. Le temps de production de chaque sculpture serait en moyenne 3 ans. L’artiste dit vouloir s’adresser au plus grand nombre avec des œuvres populaires. Ce champion du marketing se fait d’abord connaître avec des œuvres pornographiques réalisées avec sa première femme l’actrice italienne La Cicciolina. Il a beaucoup fait parlé de lui dernièrement en voulant offrir une œuvre monumentale : « un bouquet de tulipes » à la ville de Paris en hommage aux victimes des attentats de 2015, proposant de l’installer devant le Palais de Tokyo pas loin de la Tour Eiffel. Ses détracteurs craignent que cela profite surtout à monter sa côte. Finalement le cadeau sera accepté et posé dans les jardins du petit palais après 2 ans de controverse.

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