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Banane

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La banane à l’honneur ? Oui d’une certaine façon puisque ce fruit est au cœur de l’exposition présentée à Paris. Dimanche dernier, lors de la foire internationale autour de l’Afrique, l’artiste martiniquais Jean-François Boclé a dépecé son installation artistique, centrée autour de la banane, pour la faire dévorer par le public. Étrange fruit et étrange mot. Fruit très courant en Europe, mais qui vient du Sud. Fruit populaire, mais dont la culture et la production sont très liées à l’histoire de la colonisation. Elle est également très présente dans la langue avec des évocations multiples.

L’article que RFI consacrait à cette exposition rappelait que l’image de la banane popularisée par l’artiste américain Andy Warhol avait pu être un symbole d’une sexualité débridée. Ça peut se comprendre, mais en français, ses échos sont assez différents. Et tout est une question d’orientation : la voit-on verticale ou horizontale ? En français familier, et depuis quelques idées maintenant, avoir la banane signifie être réjoui, être de bonne humeur et même jubiler. La banane n’évoque pas la sexualité, mais le sourire. Un sourire large, symbole de contentement épanoui. Et c’est cette expression qui est attestée : avoir la banane ! Qui renvoie même parfois à tout un état d’esprit : il a toujours la banane, c’est-à-dire il a un tempérament heureux, ce n’est pas un inquiet, il prend les choses du bon côté…

Mais ce qui est étrange avec ce mot, c’est qu’il est très souvent lié à des significations beaucoup moins positives. Elles dérivent de la peau de banane : on le sait cette peau, qu’on enlève pour manger le fruit, est rêche d’un côté et très glissante de l’autre. Donc une peau de banane qui traîne par terre peut facilement faire chuter celui qui marche dessus : elle adhère fortement au sol du côté sec, et si l’on a le malheur de poser son pied dessus, on dérapera très facilement. La situation n’est pas si fréquente, mais l’image, popularisée par exemple par la bande dessinée, a eu un grand succès dans l’imaginaire des francophones. Au point qu’on pense facilement qu’on peut semer des peaux de banane sous les pieds de ses ennemis pour les faire chuter. Une peau de banane est donc une embûche, une situation à risque qui a été élaborée délibérément pour nuire à quelqu’un. Éviter les peaux de banane, c’est donc déjouer les pièges qu’on vous tend, savoir ne pas tomber dans les chausse-trappes que vos ennemis élaborent. L’image est profondément entrée dans la langue, au point qu’on a pu former le verbe se bananer. Là encore, on est dans une langue très familière, mais on voit clairement celui qui tombe, car il n’a pas su éviter l’obstacle. Est-ce se prendre les pieds dans le tapis ? La représentation de celui qui tombe est assez semblable ! Et quand on peut même se bananer sans que quelqu’un ait cherché à vous faire du mal : on se banane tout seul quand on échoue lamentablement dans une entreprise, quand on rate son coup.

Et le mot, seul, peut même servir d’insulte. Une insulte relativement douce, pas trop cinglante, et qui résulte probablement de sa ressemblance avec une autre, dont l’origine est alimentaire, elle aussi : Va donc, eh, patate ! Va donc eh banane ! 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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