Le président chinois Xi Jinping en 2013.
Le président chinois Xi Jinping en 2013.
Ed Jones/Pool/File Photo/Reuters
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Chine: Xi Jinping renforce un peu plus son emprise sur le Parti communiste

À l’issue des quatre jours de plénum annuel du Parti communiste chinois (PCC), qui dirige le pays depuis 1949, Xi Jinping s'est vu accorder un rôle encore un plus « central » dans son pays. Secrétaire général du parti depuis 2012, puis chef de l’État et de l’armée ; le puissant numéro un chinois ne cesse d’accumuler les postes, tout en écartant ses rivaux.
Por RFI -

Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

Depuis la mort de Mao Zedong en 1976, le Parti communiste chinois ne voulait plus d’un homme fort qui concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Sous Deng Xiaoping, Jiang Zemin ou encore Hu Jintao, les décisions se prenaient de façon collégiale, et cela pour une bonne raison : il fallait éviter les dérives autoritaires du Grand Timonier, dont l'hégémonie avait plongé le pays dans le chaos et causé la mort d’au moins 30 millions de personnes.

À Pékin, le comité central semble avoir un peu plus mis fin à cette tradition. Dans le communiqué publié à l’issue du 6e plénum, après quatre jours de débats à huis clos, les centaines de hauts dignitaires réunis ont appelé les 88 millions de membres du plus grand parti du monde à « s’unir étroitement autour du comité central du PCC, avec le camarade Xi Jinping occupant un rôle central ». Un signe que le numéro un chinois a marqué des points dans l'âpre bataille pour le pouvoir qui se joue dans sa formation politique, toute-puissante dans le pays.

Xi Jinping exige « une loyauté absolue »

Le secrétaire général du Parti communiste, également président de la puissante Commission militaire centrale (et bien sûr, de la République aussi), a donc réussi à consolider, encore un peu plus, son emprise sur la Chine populaire. Gare à ceux qui ne suivent pas sa ligne : Xi Jinping exige de ses camarades une « loyauté absolue ». Toute « critique infondée » est interdite. Le nouveau code de conduite les oblige à « respecter de façon exemplaire les règlements édictés par le parti ».

Le communiqué final promet la « tolérance zéro contre la corruption », et interdit aux cadres d'accorder des privilèges à leurs proches. Les dirigeants se retrouvent ainsi encore plus sur le fil du rasoir, car le président pourra utiliser l'arme redoutable de la lutte anti-corruption pour se débarrasser de ses derniers rivaux. Une mise au pas du parti, qui intervient à un an d’un congrès crucial censé reconduire Xi Jinping pour un second mandat à la tête du PCC, et commencer à fixer le cap de sa succession.

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 Heike Schmidt (01'19")

Publicado em 15/03/2019 - Modificado em 15/03/2019

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