Vue de la baie de Gijón en Espagne.
Vue de la baie de Gijón en Espagne.
Mairie de Gijón
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La première autoroute de la mer franco-espagnole sur les flots

Financée en partie par Madrid et Paris, la première autoroute de la mer de la façade atlantique, destinée à soulager le trafic routier entre la France et l'Espagne, a été inaugurée jeudi 16 septembre 2010. Un projet qui a également bénéficié de la contribution financière de la Communauté européenne, par le biais de son programme Marco Polo.  
Por Mounia Daoudi -

Cette ligne maritime régulière va relier Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire en France et Gijón dans le nord de l'Espagne. Ces promoteurs font valoir qu’en plus de soulager le trafic routier qui transite par les Pyrénées, elle permettra un gain de temps et d’argent non négligeable. « Le concept de cette autoroute de la mer est d’offrir une solution pérenne de remplacement à la fois plus économique et plus rapide », défend en effet Philippe Louis-Dreyfus, dont le groupe exploite en collaboration avec l’Italien Grimaldi cette nouvelle ligne maritime. Et de fait, la traversée dure quatorze heures.

Il faut dix heures de plus par la route. Sans compter que le coût du voyage par mer n’excède pas les 450 euros, soit deux fois moins que les frais d’essence et de péages d’autoroutes. Enfin, dernier argument, le chauffeur peut effectuer en mer sa pause obligatoire. Les routiers sont en effet astreints à onze heures de repos par tranche de vingt-quatre heures de travail.

Mais si ce projet a pu voir le jour, c’est grâce au soutien financier des deux gouvernements espagnols et français qui ont chacun débloqué quinze millions d’euros. Une aide nécessaire pour l’armateur Philippe Louis-Dreyfus, qui a dû abandonner l'année dernière l'exploitation trop coûteuse d'une autre autoroute de la mer qui reliait Toulon et Rome. Selon lui, les mentalités ont aujourd’hui changé et « les pouvoirs publics ont bien compris qu’il fallait traiter ce dossier comme un phénomène d’aménagement du territoire ». La Commission européenne, à travers son programme Marco Polo, a également participé au financement de ce projet à hauteur de quatre millions d’euros.

Impact limité sur le trafic routier trans-Pyrénées

Pour accueillir cette nouvelle escale, le Port autonome de Nantes-Saint Nazaire a de son côté procédé à d'importants aménagements. Une passerelle adaptée à l’embarquement des poids-lourds a notamment été construite et des infrastructures d’accueil ont spécialement été mises en place. Des investissements qui se sont montés à quelque vingt millions d'euros, pris en charge en grande partie par la Loire-Atlantique.

Et même si avec trois rotations hebdomadaires, les débuts cette autoroute de la mer sont plutôt modestes, Jean-Pierre Chalut, le président du directoire du grand port maritime Nantes Saint-Nazaire se dit plutôt confiant. Il rappelle en effet que les expériences de ferroutage ont eu du mal à imposer leur modèle. Il cite notamment le cas de la ligne ferroviaire Perpignan-Bettembourg au Luxembourg qui a eu du mal à convaincre.

Cette autoroute de la mer devrait toutefois n'avoir qu'un impact limité sur le trafic routier qui transite par les Pyrénées. L'objectif, en effet, est d'absorber à terme 5% de ce trafic en détournant environ 100 000 camions par an. Or, tout cela manque singulièrement d'ambitions aux yeux de Gilles Denigot. Sceptique, ce conseiller général Europe-Ecologie de Loire-Atlantique réclame en effet plus de rotations.

Selon lui, « l’idée des autoroutes de la mer, c’est d’avoir un service permanent avec deux ou trois escales quotidiennes. Avec seulement trois rotations par semaine, on galvaude le concept », déplore-t-il. Gilles Denigot dit regretter que l'environnement soit une nouvelle fois sacrifié sur l'autel de la rentabilité.

Publicado em 21/12/2015 - Modificado em 21/12/2015

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