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Impatience

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Emmanuel Macron, en visite à Saint Martin, reconnaît les « impatiences », qui se manifestent après le passage de l’ouragan Irma, qui dévasta l’île il y a un an. Et avec ce mot, le président de la République reconnaît et entend les agacements de la population qui trouve que la reconstruction n’est pas si rapide qu’on aurait pu l’attendre. Agacements ? Le mot est faible ! Comme le mot impatience d’ailleurs qui fonctionne évidemment comme un euphémisme. Il s’agit en fait des colères impatientes, d’irritations impatientes. Le terme est là pour amenuiser, arrondir le sens de cette colère. Certes, on ne peut aller plus vite que la musique, mais quand même ! Être impatient, c’est avoir hâte que quelque chose arrive, et le montrer. Être impatient, c’est manifester qu’on manque de patience, qu’on ne peut pas attendre tranquillement, qu’on voudrait que les choses se fassent plus vite, ou se fassent tout court. Ce qu’on appelle impatience, c’est donc la marque de son sentiment, et qui est toujours ou presque négative. Et qui la plupart du temps se marque par des mouvements du corps : on tape du talon, on frémit : la motricité est bien le signe de ce sentiment qui a du mal à attendre.

Mais l’impatience, on le sait bien, est le contraire de la patience. Qui est, elle, sentie la plupart du temps comme une qualité : la patience c’est l’art d’attendre, la possibilité d’attendre, en sachant en général qu’on n’attend pas pour rien. Mais attendre, ce n’est pas facile. Et ce mot de patience, qui remonte au verbe latin qui signifie à la fois endurer et souffrir, indique que cette attente se fait dans la douleur : on souffre ! On souffre parce qu’on sait qu’à la fin de la souffrance, on sera récompensé, par un bien-être qui justifie cette souffrance, qui sera supérieur à la souffrance passée et donc la légitime. Et cette idée de douleur se retrouve dans l’usage médical du mot : un patient est le client d’un médecin, dont celui qui souffre d’un mal que le médecin guérira peut-être, espérons-le ! Et il est si courant que récemment est né le terme patientèle, qui est symétrique de clientèle, dans le monde de la médecine. Un médecin qui prend sa retraite peut transmettre sa patientèle à son successeur.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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