Il y a 165 millions d'années les puces grattaient le dos des dinosaures
Linhenykus monodactylus appartient à la même famille des Alvarezsauridae que Vélociraptor.
Tom Fowlks/Getty Images
مقالة

Il y a 165 millions d'années les puces grattaient le dos des dinosaures

Selon un article paru dans la revue britannique Nature le 1er mars 2012, des paléontologues ont retrouvé des fossiles de puces géantes dans les provinces chinoises de Mongolie intérieure et du Liaoning. Trois à quatre fois plus grosses que nos parasites modernes, ces puces étaient incapables de sauter. Elles se nourrissaient probablement du sang de petits dinosaures il y a 165 millions d'années.
بحسب Dominique Raizon -

Neuf fossiles de puces dépourvues d'ailes, datant du Crétacé inférieur (soit environ 125 millions d'années) et du Jurassique moyen (quelque 165 millions d'années) sont les plus anciennes puces identifiées à ce jour.

En mesurant 8 à 15 mm de long pour les mâles et de 14 à 20 mm pour les femelles, ces fossiles montrent que ces parasites étaient « sensiblement plus grands » que les puces modernes : bien qu'étant encore en attente de classement officiel, les paléontologues ont déterminé qu'ils appartiennent à trois espèces distinctes mais possèdent tous les trois des « traits caractéristiques » des puces.

Des puces dotées d'un appareil piqueur-suceur

Selon les scientifiques, « leur caractéristique la plus impressionnante est leur siphon long et cranté », destiné à percer l'épiderme de leurs proies et à sucer leur sang. Des éléments qui les rapprochent des siphonaptères -des parasites identifiés comme  « munis d'un siphon et dépourvus d'ailes », en latin-. Une classe qui regroupe quelque 2 000 espèces de puces modernes.

Si d'autres insectes préhistoriques dotés d'un appareil en forme de siphon se servaient de celui-ci pour se nourrir de nectar, de quoi ces puces du Mésozoïque dotées d'un appareil piqueur-suceur pouvaient se nourrir ? Et bien probablement du sang de petits mammifères, pensent les chercheurs.

Munies de poils microscopiques et de griffes

A cette époque géologique, « les premiers mammifères étaient diversifiés et abondants », estiment-ils et ces espèces sont bien représentées dans les fossiles du Jurassique et du Crétacé trouvés dans les mêmes régions chinoises. Seulement comme la taille des puces géantes et « la robustesse de leur appareil buccal » ne semble pas s'accorder avec la taille des mammifères recensés, les chercheurs en déduisent qu'elles vivaient aux dépends des hôtes couverts de fourrure ou de plumes, plutôt que sur des vertébrés à la peau nue ou écailleuse.

Par ailleurs, l'épaisseur, la taille et l'orientation des poils microscopiques couvrant les pattes des parasites ainsi que leurs griffes « sont des structures spécialisées » qui confirment cette hypothèse selon l'étude, dirigée par l'entomologiste André Nel, du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris.

En conclusion, il semble tout à fait  possible que les puces préhistoriques se soient nourries du sang des petits dinosaures à plumes qui ont fait la réputation des gisements de fossiles où elles ont été découvertes. A moins que ces insectes aient parasité différents types d'animaux -contrairement aux puces modernes qui vivent quasi exclusivement sur leur hôte- et ne se soient « spécialisés » que bien plus tard au cours de leur évolution.

النشر بتاريخ 21/10/2015 - التعديل بتاريخ 29/10/2015

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