Nuruddin Farah
Nuruddin Farah.
Schiffer-Fuchs/ullstein bild via Getty
مقالة

Corne de l’Afrique : la culture pour comprendre

Des romans, des essais, des films, des chansons, une exposition et une pièce de théâtre, autant de moyens d’appréhender une région du monde aussi complexe que méconnue. Des voyageurs marchant sur les traces d’Arthur Rimbaud aux voix émergentes ou confirmées de la littérature africaine, les journalistes de RFI vous guident dans vos choix livresques, cinématographiques, artistiques et musicaux.
بحسب Olivier Favier -

À l’époque coloniale, l’aventurier et écrivain Henry de Monfreid sillonne la Corne de l’Afrique, rapportant des romans pour la jeunesse et des livres de souvenirs plus ou moins magnifiés. Si le personnage est ambigu, son témoignage demeure irremplaçable sur la Somalie et l’Éthiopie de l’entre-deux-guerres.

De tout autres desseins animent Léonard Vincent pour évoquer Les Érythréens, un peuple qu’il ne connaît qu’à travers l’exil de journalistes persécutés, mais aussi d’une jeunesse migrante dont quelques-uns échouent sur les trottoirs de l’Europe.

La lecture de ce reportage littéraire peut préparer celle de l’essai de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer et Franck Gouéry, qui analysent en 2015 Un naufrage totalitaire en Érythrée.

Avec L’homme aux bras de mer, Simon Rochepeau et Thomas Azuelos nous emmènent dans le sillage de Mohamed, l’un des pirates somaliens du Tanit, jugé et incarcéré en France, puis changé en sans-papiers à sa sortie de prison.

De la diaspora somalienne, il en est déjà question il y a presque vingt ans sous la plume de leur compatriote et écrivain Nuruddin Farah, plusieurs fois pressenti pour le Prix Nobel.

Suivons encore, avec le metteur en scène Gilbert Ponte, la tragique odyssée de l’athlète somalienne Samia Yusuf, qui après avoir pris part aux Jeux Olympiques de Pékin, suit la route des migrants et se noie comme tant d’autres au large de l’île de Lampedusa.

La piraterie est un phénomène complexe qui peut alimenter bien sûr les romans d’espionnage de Gérard de Villiers, mais amène aussi à analyser les causes, en suivant par exemple l’enquête de Paul Moreira, « Toxic Somalia ».

Mais comprendre l’actualité somalienne suppose de remonter au temps de la chute de Siad Barré et de la guerre civile ouverte en 1991, sur les traces du journaliste Jean Hélène, ou à travers la fiction de Ridley Scott, La Chute du faucon noir.

De l’Ogaden à Addis-Abeba, Nezla Mezlekia a traversé l’époque la « terreur rouge », mené par Mengestu et le « Derg ». Son récit autobiographique, Dans le ventre de hyène, apporte sur ces années de guerre, de répression et de famine, un témoignage sans équivalent.

Loin de ces souvenirs de violence, visitons la capitale abyssine en musique, avec les disques du label Éthiopiques et les commentaires savants de son créateur, Francis Falceto, ou retrouvons les trésors de l’Éthiopie chrétienne exposée à Venise en 2009. Rappelons que les liens de la Sérénissime avec l’Abyssinie remontent au Quattrocento, le quinzième siècle, quand le peintre Niccolò Brancaleone y exporte son art dans la peinture des icônes.

Et pour finir deux voix de la diaspora djiboutienne et éthiopienne, deux écrivains majeurs de la littérature mondiale, Abdourahman Waberi et Dinaw Mengestu, éclairent par leurs fictions nombre de thèmes abordés dans ce dossier.

Les anglophones pourront aussi écouter les propos du rappeur somalo-canadien K’naan (en anglais) et de l’écrivaine somalo-britannique, Nadifa Mohamed (en anglais).

النشر بتاريخ 21/11/2018 - التعديل بتاريخ 21/11/2018

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