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Zoulou

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le Zoulou blanc est mort, hélas et on rend largement hommage à Johnny Clegg, vedette de la musique sud-africaine et héraut, porte-parole de la lutte contre la ségrégation sud-africaine du temps où elle représentait l’idéologie au pouvoir.

Le Zoulou blanc, c’était son surnom depuis longtemps, très représentatif de sa position, lui qui depuis sa jeunesse avait mené une carrière musicale presque impossible au temps de l’apartheid, qui s’était toujours orienté vers les cultures noires en Afrique du Sud à une époque où pas un musicien blanc pratiquement ne s’y risquait, à part Chris Mc Gregor, magnifique pianiste et chef d’orchestre, mais qui avait dû s’exiler en Europe en 1964.

Zoulou blanc était donc un sobriquet amical particulièrement bien trouvé pour évoquer ce mélange de cultures interdit par le système d’idées au pouvoir dans les années 70 et 80. Et l’expression qui semble contradictoire est comme un pied de nez particulièrement bien trouvé, lancé contre l’Apartheid.

Les Zoulous ne constituent pas bien sûr la seule ethnie d’Afrique du Sud, mais c’est l’une des principales, et son nom a été connu depuis longtemps, non seulement en Afrique, mais ailleurs, notamment en Europe, chez les colonisateurs. Ce qui fait que ce nom n’est étranger aux langues d’Europe.

 Il faut dire que l’histoire du peuple zoulou est prestigieuse. En 1816 se crée un puissant royaume zoulou qui domine sa région. C’est ainsi qu’on comprend que les Zoulous furent parmi les plus solides résistants à la colonisation anglaise, même s’ils durent céder à la puissance européenne. Mais c’est à partir de là que le nom a été popularisé. Il signifie dans une langue bantoue « les gens d’en haut », mais dans les langues occidentales, il a bien vite pris une coloration subjective, justement due au courage de ceux qui avaient résisté à l’arrivée des Européens. Zoulou est donc associé, non pas au bon sauvage, mais au contraire à un personnage cruel et inquiétant. Mais voilà que ce sens figuré change, et que dans le courant du 20e siècle, il est associé au courage.

On le voit ces échos sont tout à fait flous : ils dépendent de la personne qui les utilisent, de la situation où on les trouve. Mais ce mot de zoulou représente bien une sorte de comble de l’exotisme : ce qui est situé au plus loin des référents ordinaires des langues d’Europe. Il représente donc, sur un fond de racisme très probablement, mais aussi d’incapacité à comprendre ou accepter ce qui est trop différent, l’antithèse d’une certaine culture, de ce qu’on appelle sans trop y réfléchir, la civilisation : le zoulou, c’est le sauvage. Et c’est bien ça qui donne sa force assez subversive au mot. Mais il n’est pas si pervers que ça, et on l’utilise souvent de manière parfaitement figurée, comme un genre de synonyme d’olibrius, d’original inclassable.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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