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Zombie

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le Festival de Cannes s’ouvre avec la projection d’un film qui met en scène des zombies : The dead don’t die nous dit Jim Jarmush, les morts ne meurent pas.

Ce film met donc en scène des morts-vivants, personnages fréquents des films d’horreur, qu’on appelle comme ça depuis le succès d’une des plus connues de ces productions, la Nuit des Morts-vivants. On peut d’ailleurs remarquer que ce genre de film, un peu comme ses héros, renaît périodiquement sous une forme différente : le premier film a été tourné en 1968, et plusieurs autres depuis, sur le même type de scénario et parfois avec le même titre, qui continue d’être en français. En 1968 on traduisait bien davantage les titres de film, et celui-ci n’est pas connu sous le nom de Night of the living dead, qui est le titre d’origine. C’est pourquoi l’expression mort-vivant est entrée telle quelle dans le vocabulaire francophone du cinéma, et presque dans la langue courante. Mais il est vrai qu’on parle aussi de zombie, et c’est par exemple le mot le plus employé pour évoquer le film tout nouveau de Jim Jarmush.

Il est employé en français, mais il a été emprunté au 19e siècle, même s’il a attendu un certain temps pour être courant. Et il nous vient du créole haïtien, qui lui-même le tenait d’une langue africaine. C’est que ce mot est important dans les traditions vaudoues, qui d’Afrique et notamment de la région de l’actuel Bénin sont passées en Amérique du Sud, au Brésil particulièrement et dans un certain nombre d’îles antillaises, en suivant les chemins de la traite esclavagiste. Au départ le mot désigne le pouvoir surnaturel qui peut réanimer un mort. Et dans de nombreuses traditions, les morts qui reprennent vie en veulent aux vivants qui ne sont pas encore morts, les terrorisent, et parfois les tuent pour les transformer eux aussi en morts-vivants, en zombies. En fait ce type de légende se retrouve dans des traditions très différentes : les histoires de vampires ne sont pas sans ressemblance avec celles de zombies.

Et comme le mot s’est répandu, il a pris bien souvent un sens figuré très affaibli : un zombie, bien souvent c’est une personne considérée comme sans consistance, sans volonté : celle qui semble absente alors même qu’elle est là. Le mot peut être senti comme insultant, en tout cas négatif, mais il peut arriver qu’on parle ainsi de soi-même. Si l’on manque de sommeil au point d’être à demi endormi, si on a trop bu la veille et qu’on a du mal à être très attentif au monde qui nous entoure, on n’est pas loin d’être un zombie ?

Mais au sens premier, on trouve un certain nombre de synonymes de ce mot, dont certains sont tout à fait parlants : le revenant par exemple, c’est celui qui revient, quand on ne l’attendait pas, d’entre les morts. Le fantôme. Et parfois on parle aussi d’esprit. Car précisément, on trouve une caractéristique commune à tous ces ectoplasmes : ils n’habitent pas vraiment leur corps, et parfois ils n’en ont pas. Leur existence concrète, en chair et en os comme on dit souvent, est mise en doute : pas de poids, pas de masse, juste une apparence. Et d’ailleurs on parle parfois d’apparition. Et le spectre, de la même famille que spectacle, vient du verbe latin specere : ce qu’on regarde. On le voit, parfois, il se donne à voir… mais pas à toucher.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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